Retour sur une année de pandémie

Muriel de Crayencour
09 janvier 2021

La pandémie de Covid-19 a entraîné une baisse historique des fréquentations des musées à Bruxelles, en Belgique et dans le monde. Premiers lieux culturels à rouvrir après le confinement, les musées offrent une bouffée d’air nécessaire à nos situations d’isolement physique et mental. En coulisses, cependant, c’est une véritable asphyxie que risque actuellement le secteur.

L’année 2020 n’aura pas épargné les musées avec des fermetures successives du 14 mars au 18 mai et du 23 octobre au 1er décembre, les annulations d’événements, la réduction de l’offre de médiation cruciale pour la démocratisation de la culture, les restrictions nécessaires du nombre de personnes pouvant visiter les lieux et l’absence criante de touristes venant de l’étranger dans une ville où les établissements les plus centraux les accueillent en nombre. Au niveau de la fréquentation, on peut parler d’un véritable cataclysme avec 2 100 000 entrées en 2020, soit 58 % de moins qu’en 2019. Pour le mois de leur réouverture en décembre, les musées ont toutefois comptabilisé 152 000 entrées, un retour encourageant, avec même quelques musées qui ont affiché sold out pendant les vacances d’hiver. Toutefois, malgré les bons chiffres en décembre, nous restons à moins 53 % par rapport au mois de décembre 2019.

Les musées qui accusent la perte de fréquentation la plus importante sont ceux qui accueillent généralement de nombreux touristes. Les expositions phares, de niche ou musées à l’ancrage plus local s’en sortent mieux dans l’ensemble. (via Brussels.Museums)


Faisons le tour de quelques acteurs du monde culturel


Dirk Snauwaerts, directeur du Wiels

« Financièrement, nous avons perdu 50 000 € par mois en billetterie, ventes au shop et locations des salles, mais en fait nous ne sommes pas menacés parce que nous n’avons pas eu beaucoup de frais durant ces lockdowns, puisque nous n’avons pas monté d’exposition. Notre activité est à perte par principe. Ce qui coûte cher, c’est le montage d’expos. Les salaires ont été pris en charge par le chômage économique. Et donc, nous aurons un résultat comptable positif pour l’année 2020.

Mais il n’y a plus de plaisir, nous travaillons sans perspective et sans enthousiasme, et ça, c’est très difficile pour toute l’équipe.

Cette année 2020 nous a obligés à faire autrement. Le marché de l’art nous avait imposé une façon de faire qu’on peut aujourd’hui abandonner. Avant les lockdowns, nous avions déjà l’intention de quitter le format trop conventionnel des expos, pour abandonner la routine. Nous devons développer dans les institutions culturelles un espace critique qui autorise la jouissance des choses et ouvre au débat et au discours.

Nous avons prolongé jusque fin mars l’exposition Risquons tout pour éviter qu’elle tombe dans les plis de l’histoire et nous allons reprogrammer les cinq performances qui n’ont pas pu avoir lieu. Ensuite, il y aura l’exposition de Jacqueline de Jong, une des dernières survivantes de l’internationale situationniste. C’est une artiste post-surréaliste, révolutionnaire, transgressive. Elle donne un signal aux jeunes. En tant que femme, elle n’a pas été reconnue comme artiste mais plutôt comme militante, alors qu’elle travaille depuis 1963. En l’exposant, nous faisons le travail que les musées ne font pas.

Fin avril, nous préparons Regenerative (titre temporaire), une exposition interactive pour retrouver un élan après une année de confinement, autour des artistes émergents qui ont beaucoup souffert de la pandémie. Une plateforme avec des événements, conférences, fêtes, bars, où nous inviterons un grand nombre d’acteurs du monde culturel. L’idée est de prendre soin de cette génération d’artistes. »


Marie-Ange Boucher, directrice de la galerie Marie-Ange Boucher

« Nous avons rouvert après le confinement avec l’exposition Dialogues en liberté, avec ma collection personnelle de gravures de Mazereel et les artistes Poppe et Rolet. Mais sans catalogue ni invitation papier, et nous avons eu beaucoup de monde.

Je tiens financièrement pour le moment, parce qu'il y a moins de dépenses : pas de vernissage, pas de repas, pas de catalogue ni d’invitation papier. J’ai toujours bien vendu hors expo, donc pour le moment je fais le gros dos. Personnellement, je trouve que le masque est une bannière pour travailler. J’aime le contact et expliquer le travail des artistes en profondeur, les défendre. J’ai failli arrêter la galerie à cause du masque, moi qui aime tant aller vers les gens.

Les visiteurs sont contents de venir voir les exposition, mais je les sens raisonnables au moment de l’achat. Ça vient de cette peur distillée depuis des mois. Les grands amateurs, fidèles de la galerie, sont venus me soutenir et acheter quelque chose. Mais peu de gens se laissent aller à leur coup de cœur.

Je crois que nous sommes à la fin d’une époque, et moi à la fin d’une carrière, mais je fais ce travail par passion, et la passion ça ne s’arrête pas.

A propos des artistes, je trouve que ceux qui ont travaillé durant le confinement ont eu le temps d’aller chercher loin à l’intérieur d’eux-mêmes, qu’ils se sont posé des questions. On peut retrouver plus de profondeur dans leur travail. Ils ont été bousculés, comme tout le monde. »


Delphine Dumont, directrice du Hangar

« Le premier lockdown a été un arrêt brutal, une sidération. Notre exposition Ruud Van Empel était accrochée et nous avions un vernissage le jeudi. Le lockdown a démarré le mercredi ! L’expo a finalement rouvert en mai jusque fin juillet.

Mais, à vrai dire, ce temps nous a permis de faire un travail de fond, d’archivage, de gestion des stocks, nous avons aussi refait le site internet, et nous avons eu plus de temps pour préparer le Photobrussels Festival. Le thème était autour de la nature, mais nous nous sommes rapidement mis à réfléchir s’il ne fallait pas proposer le thème du confinement. Comment faire ? Un concours ouvert à tous ? Nous sommes tous en train de faire des photos tout le temps. Finalement, nous avons ouvert ce concours aux seuls artistes. Nous avons dû reculer le PBF à janvier-mars 21, et donc nous nous posons la question de savoir quand organiser le suivant : novembre 21 ou janvier 22 ? Pour cette édition, nous avons aussi choisi de produire localement : les photographies sont imprimées à Bruxelles, les catalogues en Belgique.

Aujourd’hui, on voit un public motivé, qui passe beaucoup de temps dans les expositions. Ce temps est précieux, même s’il y a moins de visiteurs. De septembre jusqu’au 23 octobre, même sentiment : des visiteurs très motivés. Nous avons eu près de 5 000 visiteurs, mais aucun événement. Le public et les œuvres, rien autour.

Quand j’ai repris le Hangar, il n’y avait pas de programmation. J’avais réussi à avoir 1 an de programmation en avance, en courant après le temps. Aujourd’hui, 2021 est bouclé et 2022 à 50 %. Ce qui me donne une souplesse et une liberté que j’apprécie. Je suis moins prisonnière des dates et ça redistribue les cartes.

Financièrement, nous avons perdu beaucoup d’argent : les locations de salles, les cocktails de fin d’année des entreprises, c’est 25 % du budget annuel. Mais aussi les sponsors de la 5e édition du PBF. Et les ventes ont baissé. Nous avons resserré les budgets, mais nous n’avons pas mis les salariées (2 et demi plein-temps) en chômage économique. Le plus dur, c’est pour les indépendants avec lesquels nous travaillons régulièrement : régisseur, graphiste, locations de matériel sono, traiteurs, et bien sûr les artistes.

Je pense que nous devons reprendre conscience du maillon qu’on représente dans cette chaîne entre les artistes et le public, et offrir un soutien à ceux-ci. Il me semble que notre relation aux artistes est aujourd’hui exprimée plus sincèrement, et avec plus de force.

Nous avons aussi envie d’être plus pédagogiques et donc, entre autres, de mettre plus de textes dans les expositions. Après le PBF, en avril, adossé à Art Brussels, nous aurons Lost & Found, avec les œuvres issues des collections de Christophe Veys et Edgard Frima, dont des photographies, bien sûr. »

 

Denis de Rudder, professeur responsable du cursus en dessin à La Cambre

« Les conséquences des deux lockdowns ont été moins importantes chez nous que dans d’autres enseignements, car les cours pratiques étaient permis et nous étions autorisés à voir nos étudiants. On peut rassembler 10 étudiants (sur 50 étudiants en moyenne par niveau), mais en pratique on a fait des groupes de 5 ou 6 avec des tranches horaires auxquelles il fallait s’inscrire.

Les étudiants ont des cours théoriques - qui sont aujourd’hui en ligne - et des cours en atelier. Je constate aujourd’hui qu’ils utilisent plus leur ordinateur pour créer (vidéos, animations). Cela modifie les choses. L’impact principal a été sur les formats. Comme ils ne pouvaient pas venir chaque jour à l’atelier, ils ont choisi de travailler sur de plus petits formats. La plupart s’adaptent, ils acceptent les normes. Je suis beaucoup plus révolté que la moyenne d’entre eux. Je me sens dans un grand état de frustration, eux s’en accommodent, ils sont fatalistes. Mais la qualité de la communication s’est dégradée, il y a un côté inhumain. On a toujours affaire à des personnes particulières et notre enseignement se fait dans l’échange.

Les ateliers sont restés ouverts durant l’été. Mais cette année scolaire-ci (sept 20 - juin 21), on a déjà plus de jours de confinement. Même si les ateliers restent ouverts, la façon de les fréquenter est beaucoup plus restrictive.

Ce qui m’inquiète, ce n’est pas le court terme. On va se sortir de là. Mais il semble que beaucoup de professeurs s’accommodent de ces cours en ligne. Nous avons reçu un questionnaire de la Ministre sur les avantages et inconvénients des cours en ligne. C’est vrai que ça coûte moins cher (pas de locaux mis a disposition…), ça facilite le travail administratif (pour les présences, par exemple, ce sont les professeurs qui les prennent). Mais j’ai peur qu’on bascule complètement dans cette évolution vers le virtuel. Je crains le pire.

Le processus de Bologne, initié dans les années 1990, a pour objectif d’harmoniser l’enseignement au niveau européen avec les ministres de l’Enseignement de 40 pays (dont, par exemple, la Russie). La notion de crédits vient de là (par ex. 6 heures de cours = 150 heures de travail pour l’étudiant).

Sur cette base, l’enseignement à distance s’est développé. Dans un programme, on peut prendre des crédits ici mais aussi à l’étranger. Ça fonctionne déjà. L’Université de Liège, entre autres, a mis 80 % de ses cours en ligne. C’est une possibilité offerte aux étudiants de suivre le cours à distance. Appliqué à l’enseignement artistique, c’est une catastrophe ! Pour nous, le contact est primordial. Déjà, les épreuves d’admission pour le deuxième cycle se font par dossier et par mail !

Lors du premier lockdown, je ne voulais pas travailler en ligne sur Zoom mais seulement par mail. J’ai perdu 1/3 des étudiants de première année (Bac 1). Alors que, les autres années, on en voit un ou deux sur 10 maximum qui décrochent. Ça a été une leçon. Aujourd’hui, je fais en effet des rendez-vous de travail sur Zoom. Il y a plusieurs explications à ceci : tous les étudiants ne sont pas correctement équipés. Certains travaillent seulement de leur téléphone. L’autre raison, c’est qu’ils sont démoralisés. La troisième, c’est qu’ils n’aiment pas l’écrit. J’ai tiré la leçon de cela. »

 

Anne Vierstraete, directrice d’Art Brussels

« Fin février, lorsque nous avons commencé à douter de la possibilité de tenir Art Brussels en avril, nous étions en plein en train de l’organiser. Nous avons dû attendre la décision du gouvernement pour pouvoir invoquer le cas de force majeure. La décision a donc été prise fin mars. La question était : on annule ou on tente notre chance fin juin. Nous avons eu une première discussion avec les galeries participantes en retenant des dates pour fin juin (il y avait une brèche dans le calendrier de Tour & Taxis).

A deux mois de la foire, le programme était bouclé ; il y avait un formidable programme, avec Bill Viola, Thomas Saraceno… de très beaux projets de portée internationale ; et plus de 30 solo shows.On sentait que 2020 c’était notre année, comme si tout le monde comprenait ce qu’on faisait !

Nous avons dû annuler aussi les dates de juin. Nous avons envoyé un mail à toutes les galeries pour leur demander si elles étaient d’accord de faire un report des acomptes et des engagements pour 2021. 85 % se sont réinscrites. Nous avons un cas de figure assez particulier : nous avons aujourd’hui déjà tous les participants pour 2021, sans beaucoup de possibilités d’en accueillir de nouveaux.

Nous n’aurons pas les galeries américaines et asiatiques - en effet, comment assurer le voyage, l'éventuelle quarantaine, le transport des œuvres… -  mais notre chance c’est qu’Art Brussels peut compter sur un public d'amateurs d'art provenant pour 80 % de Belgique . C’est une vraie force, par les temps qui courent !

Je crois qu’aujourd’hui la flexibilité est le maître-mot. Tout le monde doit être flexible. On ne peut pas se dire une fois pour toutes "c’est jouable", on doit tous les jours rebattre les cartes. C’est très difficile. 

Quand nous avons appris qu’Art Basel Miami était annulé en décembre, nous avons créé en deux semaines une nouvelle foire Art Antwerp à Antwerp Expo, avec un parterre de galeries importantes, sur invitation. On comptaitait Kamel Mennour, Perrotin… on pouvait rapidement monter une petite foire de 60 galeries, avec une communication uniquement digitale, des plages horaires, masques et gel. Le groupe Easyfairs dont fait partie Art Brussels travaille internationalement. Nous avions donc un retour d’expérience et un cahier des charges sanitaire très strict, pour garantir la sécurité de tous.

Durant le gouvernement fédéral précédent, les foires ont été assimilées aux commerces, avec les mêmes règles sanitaires que chez Ikea, Carrefour… A partir du nouveau gouvernement, les foires ont été incluses dans le protocole événementiel, avec d’autres critères à suivre. Toutes ces réglementations, nous avons eu le temps de les approfondir pour organiser la foire à Anvers, réfléchir au fonctionnement des plages horaires, etc. Nous sommes donc préparés pour Art Brussels 2021. Quand Art Brussels a été annulée, nous avons collaboré avec la plateforme néerlandaise Galleryviewer.com, afin d'offrir une alternative pour soutenir les galeries. On a vraiment été actif sur tous les fronts et hyperengagés. Nous n’avons pas cessé de prendre des initiatives, même s’il est difficile de se projeter pour le moment. »

 

Paul Dujardin, directeur général du Palais des Beaux-Arts

« Ce samedi, sur le site de Bozar, vous pourrez voir, à 19 h, le dernier film d'Ai Weiwei, Coronation (2020) (inscription sur bozar.be obligatoire). Quatorze vidéastes amateurs confinés sur place envoyaient chaque jour leurs enregistrements faits dans la ville coupée du monde de Wuhan, épicentre de la pandémie de coronavirus, à l’artiste chinois, exilé à Cambridge. Ce film sera le point de départ de la discussion en ligne entre la journaliste Annelies Beck et Ai Weiwei. Ce film raconte le début de ce que nous avons vécu en Europe !

En fait, les multinationales étaient déjà au courant de cette pandémie, et pourtant, en Europe, ça a pris un certain temps pour qu’on se rende compte de la gravité de celle-ci. Il y a 10 ans, la grippe H1N1, Ebola en Afrique, tout cela aurait dû nous alerter ! Nous avons été prévenus de la réalité de ces événements, mais nous ne nous sommes pas préparés.

A Bozar, grâce à mes collègues et particulièrement François Pétiaux, responsable de l’informatique, les 300 collaborateurs ont pu commencer à travailler en ligne 5 jours après le début du lockdown !

Financièrement, nous dépendons de la ministre des Affaires étrangères, madame Sophie Wilmès. Il faut savoir que le Palais des Beaux-Arts n’est financé qu’à concurrence de 48 % de ses recettes par la subvention fédérale, ce qui a représenté environ 15,5 millions d'euros en 2019, pour un budget global de 32,5 millions.

Ces recettes structurelles ne couvrent pas la totalité des frais de fonctionnement récurrents de l’institution, qui représentent 19,9 millions d'euros en 2019. Le business model de Bozar fonctionne donc à condition de pouvoir générer suffisamment d’activités. Les recettes structurelles (dotation fédérale et Loterie nationale) étant inférieures aux coûts de fonctionnement, de l’activité est nécessaire pour combler la différence (billetterie, subsides à la production, location de salles, mais aussi sponsoring et mécénat). A contrario, les MRBAB, par exemple, ont un statut semi-public. Les employés y sont assimilés à des fonctionnaires. Leur salaire est donc pris en charge par l’Etat.

Il y a aussi des partenariats pour l’organisation des expositions, ou les rentrées générées par le Concours Reine Elisabeth, par exemple, qui loue nos espaces chaque année… Il y a aussi des sponsors qui nous ont quittés.

Mais nous avons réussi à faire toutes les expos annoncées en 2020. Nous faisons d’habitude un chiffre d’affaires annuel de 33 millions. Grâce aux coupes budgétaires que nous avons faites et à l’aide de 1,5 million reçue de l’Etat et malgré les 7 millions de revenus perdus, nous n’aurons que 1,5 à 2 millions de perte pour 2020.

La conséquence de ces lockdowns, c’est que nous avons appris à travailler autrement. Le concert Beethoven, par exemple, a comptabilisé 220 000 vues. S’il avait eu lieu en présentiel... il y a 600 places dans la salle de concert !

Je crois que nous sommes des privilégiés. C’est une grande expérience humaine. Le dialogue avec les équipes a été plus intense. Ce qui est étonnant, c’est que nous avions déjà commencé à parler et à programmer des choses en lien avec l’art et la santé mentale (Expo danser Brut) et qu'aujourd’hui, c’est un sujet plus qu’actuel.

Pour 2021, je crois que les 4 premiers mois seront comme 2020. Et les 4 mois suivants serviront à retrouver la confiance. Nos prochaines expositions sont organisées avec nos voisins proches. Ainsi Dürer, avec la Westphalie. C’est vraiment le moment et une opportunité de travailler avec les pays frontaliers, dans des programmes croisés : Nord de la France, Maastricht, le Luxembourg. »

Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef

Voir et regarder l’art. Puis transformer en mots cette expérience première, qui est comme une respiration. « L’écriture permet de transmuter ce que l’œil a vu. Ce processus me fascine. » Philosophe et sculptrice de formation, elle a été journaliste entre autres pour L’Echo, Marianne Belgique et M Belgique. Elle revendique de pouvoir écrire dans un style à la fois accessible et subjectif. La critique est permise ! Elle écrit sur l’art, la politique culturelle, l’évolution des musées et sur la manière de montrer l’art. Elle est aussi artiste. Elle a fondé le magazine Mu in the City en 2014.

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