Paysages méditatifs chez Marie-Ange Boucher

Caroline Roure
24 juin 2021

La galerie Marie-Ange Boucher signe Trajectoires, une exposition consacrée à Jean-Pierre Ransonnet, Robert Brandy, Alain Winance et Pierre Debatty. Marie-Ange Boucher s’est installée à Watermael-Boitsfort après avoir tenu la galerie 2016 dans le centre-ville de Bruxelles pendant près de vingt-trois ans. Aujourd’hui, Marie-Ange Boucher partage son espace d’exposition avec l’artiste sculpteur de pierre, Philippe Desomberg, qui y a également installé son atelier de travail. Un havre de paix niché à deux pas du Parc Seny, à ne pas manquer ! 

Trajectoires s’articule notamment autour de deux œuvres abstraites de Pierre Debatty, un artiste belge formé d’abord à l’Académie des Beaux-arts de Charleroi puis à l’École Supérieure des arts visuels de La Cambre, qui expose depuis 1988 et a reçu de nombreux prix (prix Talens, Unisys, 45, des Arts du trait à l’Académie Royale de Belgique, de la Province de Liège). Son travail figure dans plusieurs collections européennes. Pierre Debatty est désormais professeur de peinture à l’Académie Royale des Beaux-arts de Namur. Sa peinture est très gestuelle à l’instar de celle de l’expressionnisme abstrait. Sa palette de couleurs qui se décline en différentes nuances de blanc évoque l'idée de renaissance. Des touches de gris et de rouge semblent faire écho à la suie et à la rouille des paysages industriels, peut-être une réminiscence de son enfance passée à Charleroi.

Alain Winance présente une série de nouvelles peintures intitulées Devant l’étang, qui invitent à la méditation. Dans son travail, qui oscille entre figuration et abstraction, Alain Winance ne cherche pas à peindre la réalité d’un paysage, mais un sentiment, une sensation. À l’instar de Claude Monet qui peignit avec obstination les étangs de Giverny à la fin de sa vie, Winance donne ici une interprétation abstraite et personnelle de la nature. Alain Winance ne souhaite pas montrer l’existence d’un sujet, mais son essence. « C’est pour cette raison que j’ai choisi la peinture à l’huile, plutôt que d’autres moyens plastiques. La peinture, avec ses longs moments de séchage, me permet cet effacement du sujet pour privilégier l’essentiel, » dit-il. Des tons jaune verdâtre se mêlent à des nuances de blanc et de gris, ce qui confère à ses toiles un côté très évanescent.  

Marie-Ange Boucher propose aussi des œuvres de Robert Brandy, un artiste luxembourgeois, exposé également au Musée d’Histoire et d’Art à Luxembourg-ville, dont la peinture abstraite, très expressive, est faite de textures et d’effets de matière. Dans cette même veine de la peinture matiériste, faite de reliefs et de couches successives, voici aussi Jean-Pierre Ransonnet dont les peintures de forêts avaient retenu notre attention en 2019.  

Une grande cohérence d’ensemble pour cet accrochage d'œuvres de quatre peintres du paysage. Jean-Pierre Ransonnet, Robert Brandy, Alain Winance et Pierre Debatty expriment un langage plastique similaire, à la fois, gestuel, matiériste, expressif, sensationnel, abstrait, évanescent, aérien et méditatif. L’exposition est également ponctuée par des œuvres de Camille De Taeye, Jephan de Villiers, Sandro Godel, Vincent Delrez, Claudine Péters-Ropsy et le duo Poppe-Rolet. À voir jusqu’au 4 juillet !

Trajectoires
Marie-Ange Boucher
5 Avenue du Grand Forestier

1170 Bruxelles
Jusqu’au 4 juillet
Du vendredi au dimanche de 13h à 18h
http://www.galeriemab.com/

Caroline Roure

Journaliste

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