Jean Milo à La Patinoire Royale - Galerie Valérie Bach

Caroline Roure
27 mai 2021

La Patinoire Royale – Galerie Valérie Bach signe l’exposition L’évidence du printemps de l’artiste belge Jean Milo (1906-1993) qui, selon ses propres mots, chercha toute sa vie à « peindre le printemps, et non pas à le représenter. » Jean Milo, à l’instar d’un grand nombre d’artistes belges nés avant 1940, a été victime de la régionalisation du pays, ce qui a eu pour conséquence de le faire en partie tomber dans l’oubli. Valérie Bach et Constantin Chariot tentent d’exhumer le travail d’un artiste protéiforme - à la fois peintre, poète et galeriste. Au fil des années et sans jamais céder complètement aux effets de mode, Jean Milo épousa tous les mouvements picturaux, que ce soit le fauvisme, le cubisme, l’expressionnisme, l’abstraction lyrique et gestuelle et enfin ce que son biographe, André Jocou, qualifia d’« impressionnisme abstrait ».

C’est autour des années 1920 qu’il intègre la galerie Le Centaure à Bruxelles en tant que sous-directeur et y découvre, à cette occasion, des artistes influents tels qu'Edgard Tytgat, Max Ernst, Gustave De Smet, Nicolas De Staël, Marc Chagall, Oscar Jespers, René Magritte et Vassily Kandinsky. Ceux-ci auront une influence notable sur sa production artistique.

Jusqu’aux années 1950, Jean Milo est un peintre résolument figuratif, il s’imprègne du fauvisme et du cubisme, s’inspire de peintres comme Matisse et Picasso. En 1948, il peint la toile Variation sur cruches, dans laquelle les éléments commencent à s’abstraire peu à peu. En 1952, il fonde le groupe Art Abstrait avec Jo Delahaut.

C’est en 1953 que son style aborde un tournant décisif. Après un voyage de trois mois au Congo, Milo invente un nouveau langage pictural, celui qui va pouvoir exprimer le mieux son expérience vécue en Afrique subsaharienne. Dans Une pointe de citron (1956), il s’adonne à des formes plus abstraites et organiques. Il peint des formes rondes et indéfinissables sur des matières sortant de l’ordinaire, comme du bois aggloméré.

En 1960, l'artiste s’oriente vers l’impressionnisme abstrait. Ses toiles font penser à la série Les Nymphéas de Monet, avec cette différence notable que le sujet n’est plus identifiable. Dans Lumière d’Ile de France (1960-1990), on peut admirer une libération gestuelle dans le coup de pinceau du peintre, évoquant l’abstraction lyrique.

Dans les années 1970, Milo fait un retour à la figuration et peint notamment une belle série d’œuvres autour des serres de Laeken. Dans Serre de Laeken (1978) ou encore Autoportrait avec bébé sur les bras (1978), il explore la beauté des saisons, des feuillages et des réunions de famille. Jean Milo se rattache toujours à des éléments visuels pour exprimer ses ressentis intérieurs. Il veut montrer l’essence des choses plutôt que leur existence.

Venez découvrir l’exposition L’évidence du printemps qui redonne à Jean Milo sa gloire d’antan. Invité à la Biennale de Venise en 1962, pour y occuper une salle entière, Milo a aussi fait l’objet d’une rétrospective aux Musées royaux des Beaux-Arts en 1986. Sa peinture témoigne d’une grande vitalité dont le visiteur est invité à se nourrir à travers une sélection impressionnante d’œuvres. Au fil de ses périodes artistiques, son travail évoque la joie, le renouveau, la floraison... en somme, l’évidence du printemps.

L’évidence du printemps
La Patinoire Royale – Galerie Valérie Bach
15 rue Veydt
1060 Bruxelles
Jusqu'au 17 juillet 
Mercredi de 14h à 19h, du jeudi au samedi  de 11h à 19h
https://www.prvbgallery.com

 

Caroline Roure

Journaliste

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