La galerie c-o-m-p-o-s-i-t-e présente l’exposition Bonding in Whispers qui associe les récents travaux de Vanessa Billy (1978, Suisse), Clémentine Coupau (1988, France), et Aniara Omann (1987, Danemark). Dans leurs pratiques respectives, elles questionnent la société actuelle via le déploiement de fictions qui ouvrent vers de nouveaux possibles.

Baignée dans une lumière crépusculaire (Temperatures, Vanessa Billy), l’exposition Bonding in Whispers scrute les futurs potentiels de l’humanité, qui ne sont pour l’instant pas placés sous les meilleurs auspices. Explorer le futur pour en imaginer le contenu traduit bien une angoisse contemporaine d’une humanité en perte de repères. La fiction, sous n’importe quelle forme (et dont l’art est l’un des vecteurs), parait bien nécessaire en regard du présent.

Au centre de la pièce principale, trône un feu de camp de fortune (Hearth, Vanessa Billy) où grille un poisson en plastique sur une branche de bronze dont les extrémités, moulées en forme de doigt, semblent indiquer des directions opposées. Le lit du feu n’est pas composé de charbon mais de goudron et une faible couleur orange émane de ce simulacre de foyer. La structure de bois est maintenue par des sacs poubelles noirs contenant du sable. Le feu de camp évoque évidemment le début de l’humanité, là où tout a commencé. Construit sous cette forme et baigné dans cette lumière de fin du jour, il évoque plutôt « l’après », la survie, la fin de l’abondance et le temps de payer l’addition.

Plus loin un buste à trois seins (3, Aniara Omann), nous questionne sur les transformations qui pourraient toucher l’humain directement dans la chair, dans le corps. Est-ce une mutation ? Ou plutôt une prothèse ? Jouant avec les matériaux utilisés dans la création d’effets spéciaux ou d’accessoires, Aniara Omann puise dans la science-fiction sa capacité à refléter l’état actuel du monde. Ce corps modifié semble entrer en résonance avec l’idée transhumaniste d’améliorer les capacités physiques (ou mentales) des individus avec la science et les technologies. Il ne s’agirait pas ici de l’amélioration d’une performance mais de la poursuite d’une liberté esthétique. La prothèse suggère en tout cas la capacité d’étendre le corps pour transformer l’identité.

Plusieurs faces à l’aspect anthropomorphique sont également dispersées dans les salles (Aniara Omann). Hybrides par leur composition synthético-organique, elles inquiètent par leur proximité et finalement leurs légères dissemblances avec le faciès humain. Cette méfiance à l’égard de potentiels autres qui remettraient en question l’exceptionnalisme humain, est bien ancrée dans les rapports de l’homme à son environnement. Plus loin, l’installation Is love when you don’t give things a name  (Clémentine Coupau) tente de déconstruire cette pensée anthropocentriste. Deux rochers – précédant notre espèce et survivants de l’apocalypse – sont hantés par des voix humaines. Leur pérennité insinue alors que l’homme n’est pas la mesure de toute chose…

Vanessa Billy – Clémentine Coupau – Aniara Omann
Bonding in Whispers
c-o-m-p-o-s-i-t-e
10 rue du marché aux porcs
1000 Bruxelles
Jusqu’au 6 juillet
Du jeudi au samedi de 14h à 18h
www.c-o-m-p-o-s-i-t-e.com

Futurs

Vue de l’exposition « Bonding in Whispers » à la la galerie c-o-m-p-o-s-i-t-e, courtesy galerie c-o-m-p-o-s-i-t-e

futurs

Aniara Omann, Fruiting, 2019, courtesy galerie c-o-m-p-o-s-i-t-e

Futurs

Aniara Omann, never lonely again, 2019, courtesy galerie c-o-m-p-o-s-i-t-e

futurs

Clémentine Coupau, Is love when you don’t give things a name?, 2019, courtesy galerie c-o-m-p-o-s-i-t-e

Futurs

Aniara Omann, Closer than together, 2018, courtesy galerie c-o-m-p-o-s-i-t-e

futurs

Vue de l’exposition « Bonding in Whispers » à la la galerie c-o-m-p-o-s-i-t-e, courtesy galerie c-o-m-p-o-s-i-t-e

futurs

Clémentine Coupau, Shéhérazades, 2019 (vue de l’installation), courtesy galerie c-o-m-p-o-s-i-t-e

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