Pensé et initié par Michel Verhaeghe de Naeyer il y a déjà 7 ans, planté et mis en culture biologique avec précision, le vignoble du Château de Bousval a inauguré fin mai son chai, conçu par le bureau d’architectes AWAA de Charly Wittock, un bâtiment courbe dont la ligne s’intègre parfaitement aux vallons qui l’entourent. Un projet fou expérimentant la biodynamie et la permaculture. A cette occasion, Esther Verhaeghe de Naeyer, épouse de Michel et galeriste, propose un accrochage d’œuvres dans le bâtiment, mixant peinture et béton brut, art et machines. La visite du chai et de l’exposition se fait durant tout le mois de juin sur réservation. Le première récolte mise en vente pour public est attendue pour l’automne 2019.

Esther Verhaeghe de Naeyer est diplômée en histoire de l’art, littérature et philosophie de l’Université d’Oxford. Elle a poursuivi sa formation avec un MBA à Londres. Elle débute sa carrière par des stages chez Christie’s et Phillips. Jeune épouse, elle s’installe à Maastricht avec son mari, et va y travailler pour Axel Vervoordt, sur ses projets de foires, les portes ouvertes, les biennales. “Ma mère a toujours collectionné l’art et ménagé les styles. En travaillant pour Axel Vervoordt, ça a été le déclic, j’ai affirmé mon goût pour l’éclectisme, le mélange des styles et des époques, que je vois comme une ouverture.” De retour à Bruxelles, Esther travaille chez Phillips Auction puis chez Pierre Berger. “C’était trop commercial, on ne parlait que de chiffres d’affaires et de résultats. Je me suis demandé si l’on se rendait encore compte de ce qu’était l’art, si on n’en oubliait pas l’âme.” Lorsque la salle de ventes Pierre Berger ferme son siège bruxellois, elle décide de sortir de ce milieu du marché de l’art pour retrouver une profondeur, l’aspect sacré de l’art.

Une galerie à Bruxelles

Elle ouvre sa galerie début 2013 près de la place Brugmann à Bruxelles et sa première exposition présente Daniel Enkaoua, artiste français installé à Barcelone, qui fait une peinture d’aspect classique avec une puissance de vibration et d’évocation qui met en joie tous les critiques. Une réussite. La galerie poursuit son développement durant trois ans. “Lorsque j’ai découvert Enkaoua en 2008, ce fut un choc. Je ressens dans son œuvre un pouvoir de guérison qui m’a profondément apaisée. Son travail m’a marquée, il est à la fois humain et spirituel. Ce fut un grand coup de foudre, comme si cette peinture touchait mon âme d’enfant. C’est comme un chant qu’on reconnaît, explique Esther. Cette force de consolation, qui balance entre souffrance et joie, c’est ce que je recherche dans l’art. Un coup de foudre qui fait lien, un courant qui passe, la transmission d’une force. Cette idée de transmissions entre l’artiste, l’œuvre et le monde, me passionne.” Fin 2015, la galerie d’Esther Verhaeghe de Naeyer devient itinérante. Aujourd’hui, Esther organise deux à trois expositions par an, au Hangar Art Center, place du Châtelain, à Bruxelles.

L’art au chai

Pendant qu’Esther développe sa galerie, Michel, son époux, se consacre à son projet de vignoble en biodynamie. Pour celui-ci, l’idée a été de déployer un projet respectueux sur les terres dont il a hérité, pour retrouver du sens en allant vers la terre, faire autrement et mettre au jour un beau produit. En mai, le vignoble a ouvert ses portes aux amis et au public. A cette occasion, Esther installe des œuvres d’art dans le chai, bâtiment courbe à ras de l’herbe de la prairie, fraîchement sorti de terre à deux pas du vignoble. Des œuvres de Daniel Enkaoua y sont présentées sur les murs en béton brut du pressoir, du garage, de la cave, ainsi que quelques toiles de la collection personnelle du couple. C’est une réussite et on peut saluer l’équilibre, la justesse et l’élégance de l’ensemble du projet : vignoble, chai, exposition. Une petite excursion wallonne s’impose.

Nous avons chacun notre obsession, lui la nature, moi l’art. Nous avons voulu rassembler nos passions. Michel apprécie l’art, mais sa passion, c’est son vignoble. Pour moi, il était essentiel de pouvoir m’investir dans son projet. Ma quête de plus d’authenticité, de retrouver l’aspect sacré de l’art et de partager sa puissance, rejoint sur bien des aspects les projets de Michel. Il y a chez lui comme chez moi un besoin de transmettre une part de la beauté du monde,” explique Esther Verhaeghe de Naeyer.

Dans le futur, le vignoble accueillera peut-être un événement annuel, sous forme d’une exposition dans le chai. Et pourquoi pas une exposition de sculptures à l’extérieur ou une résidence d’artiste dans la petite chapelle désacralisée qu’on voit derrière un vallon. “Notre monde ne tourne pas rond. Il est temps de faire un retour aux sources. Je sais, cela peut paraître naïf ou new age, mais ce projet me porte, me rend heureuse. Enkaoua est l’artiste qui m’a mise sur la voie. Sa peinture me fait du bien. J’aime l’idée que, comme les vignes, l’art doit avoir des racines très profondes pour avoir du goût,” conclut Esther Verhaeghe de Naeyer.

Chai du Château de Bousval
Exposition Daniel Enkaoua

Visite (avec dégustation) sur réservation (via internet)
13, 14 et 15 juin et 21, 22 et 23 juin
http://chateaudebousval.be/inauguration-de-notre-chai/

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Chai du Château de Bousval, avec une œuvre de Daniel Enkaoua, Liel debout torse nu, photo Jasmine Van Hevel

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Chai du Château de Bousval, avec deux œuvres de Daniel Enkaoua, photo Jasmine Van Hevel

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Chai du Château de Bousval, (c) Château de Bousval

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Vignoble du Château de Bousval

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Le Château de Bousval, (c) Château de Bousval

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