La Fondation Thalie, créée en 2014 par la collectionneuse Nathalie Guiot sous le nom de ThalieLab, a ouvert en janvier 2018 un espace de 500 m² non loin de l’avenue Louise. Belle surprise aujourd’hui que l’exposition qui s’est ouverte pour Art Brussels, En même temps, elle sentit la matière du ciel, de Karine Rougier et Alessandro Roma.

La belle maison fraîchement rénovée rue Buchholtz comprend des espaces d’expositions et quelques appartements pour recevoir des artistes en résidence. L’espace est magnifique, lumineux et très soigné. Nathalie Guiot y a installé des œuvres d’artistes qu’elle aime. Ainsi, au-dessus de la porte d’entrée, un Grotesque par Lionel Estève, une œuvre textile de Valérie Mannaerts sur le mur du bureau d’accueil, une sculpture de Stefan Rinck dans la bibliothèque, mais aussi, Rina Banerjee, Sanam Khatibi, Grace Schwindt

Les premières programmations se consacraient principalement à la performance. Un challenge pas simple tant cette pratique continue aujourd’hui à revêtir des formes très diverses et pas toujours accessibles au grand public. Aujourd’hui, la fondation se recentre sur quatre objectifs précis : l’aide à la production par le biais de bourses, résidences, expositions et publications. La promotion et la diffusion d’une programmation multidisciplinaire croisant les arts visuels, la performance et la pensée contemporaine. Des commissions d’œuvres et des coproductions avec des institutions. La médiation pour des community projects.

Karine Rougier & Alessandro Roma

Si les premiers événements organisés dans la maison nous avaient semblé complexes et ardus, l’exposition à voir aujourd’hui est un vrai bonheur. On y voit deux artistes qui enracinent leur travail dans une belle matérialité.

Ainsi, dans la première salle, Alessandro Roma (Milan, 1977) présente des céramiques aux formes végétales, avec des émaux et glaçures étonnants. Il a réalisé sur un mur une fresque à main levée, qui reprend ces motifs organiques. Penchez-vous sur ses trois livres d’artistes dans lesquels il mélange photographie, dessin et collage de matériaux divers. C’est délicat et fouillé à la fois.

Dans la grande salle du fond, Karine Rougier (Malte, 1982, vit à Marseille) recrée l’atmosphère de son atelier, en apportant ici des objets ramenés de voyages, petites poupées vaudoues, coquillages, bois sculpté, masques, gris-gris, etc, qui garnissent habituellement son lieu de création à Marseille. Un mur entier leur est consacré et l’univers presque chamanique de l’artiste s’y laisse voir. Elle y ajoute dans les vitrines de grands cahiers remplis de reproductions d’art, qui lui viennent de son grand-père, lui aussi artiste. Ces livres d’images sont pour elle une continuelle source d’inspiration. Ses peintures présentent des silhouettes de femmes le plus souvent masquées, sortes de sorcières puissantes et reliées à la nature. Parfois aussi sans tête, cernées de mains. A la fois onirique et enracinée, sa peinture assemble des thèmes aux artistes d’aujourd’hui : un lien avec le vivant, la puissance de rêve, l’envie de se
« dédomestiquer ». L’artiste a résidé quelques mois dans la maison et y a réalisé une petite série de dessins. A voir sans tarder.

Karine Rougier & Alessandro Roma
En même temps, elle sentit la matière du ciel
Fondation Thalie
15 rue Buchholtz
1050 Bruxelles
Jusqu’au 15 juin
Du mercredi au samedi de 14h à 18h
Fondationthalie.org

Karine Rougier

Vue de l’exposition Karine Rougier & Alessandro Roma, photo Muriel de Crayencour

Karine Rougier

Alessandro Roma, courtesy l’artiste et la Fondation Thalie

Karine Rougier

Alessandro Roma, courtesy l’artiste et la Fondation Thalie

Karine Rougier

Karine Rougier, courtesy l’artiste et la Fondation Thalie

Karine Rougier

Vue de l’exposition Karine Rougier & Alessandro Roma, photo Muriel de Crayencour

Karine Rougier

Karine Rougier, courtesy l’artiste et la Fondation Thalie

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.