La galerie Lee-Bauwens propose A vif, une nouvelle exposition de Maurice Frydman qui dévoile ses créations les plus récentes. Stylisées, tridimensionnelles et charnelles, ce sont de puissantes variations en demi-reliefs sur l’épiderme. L’artiste en a fait son sujet d’étude pour nous parler de bonheurs, de fêlures et de blessures en lisière de l’intime.

Depuis presque trente ans, Maurice Frydman crée avec une matière inattendue et banale de prime abord: le film plastique transparent, celui de la ménagère. Malléable et par conséquent vivant et mobile, il est manipulé par tensions, torsions et étirements dans une action-réaction continuelle de la matière qui offre d’infinies épaisseurs et jeux de plis. Maurice Frydman revient avec le même vocabulaire plastique et cette belle continuité qui est la sienne et qui se construit autour d’une métaphore. La main et la pensée agissent de concert. Car derrière le travail de la main, derrière la texture graduant les effets du hasard, par-delà les couches successives de peinture qui viennent se lover ou donner du relief à cette matière, se joue une surface miroir pleine de sens.  Les flux et les reflux du plastique, docile, ne sont pas sans rappeler la peau. Peau-plaisir ou bien peau-douleur sur laquelle se greffent une énergie vitale et des émotions souterraines. Une peau qui montre les traces et les marques de notre vécu. On est loin du seul plaisir rétinien et des profondeurs de la surface picturale. Au-delà de sa beauté formelle, de cette recherche qui se poursuit à l’infini, on entend ce travail comme un cri. Le tragique n’est pas feint dans les grands formats ni dans le grand drap présenté à l’entrée de la galerie. Cette exposition fait suite à celle présentée à la chapelle de Boondael en 2018, où l’artiste dit avoir eu le bonheur de pouvoir disposer de grands espaces et ainsi donner une ampleur nouvelle à son travail. Aussi a-t-il privilégié les belles dimensions, dont certaines sont magistralement montrées ici.

L’exposition présente également d’autres facettes de l’artiste. Certaines œuvres nées de matrices pliées et froissées sont autant de paysages imaginaires qui oscillent entre abstraction et figuration. En un autre point de la galerie, Maurice Frydman met ses pas dans ceux de Michel-Ange avec des variations sur le torse de David. Cette partie du corps est la plus complexe et la plus variée dans ses mouvements. L’univers de Maurice Frydman s’impose par l’évidence. Au final, un grand réservoir d’humanité, d’une beauté totale.

Maurice Frydman
A vif

Art Loft-Galerie Lee-Bauwens
36 rue du Charme
1190 Bruxelles
Jusqu’au 12 avril 
Du mardi au samedi de 14h à 18h
www.artloft.eu

Maurice Frydman, Paysage imaginaire n° 13, courtesy l'artiste et Lee-Bauwens Gallery

Maurice Frydman, Paysage imaginaire n° 13, courtesy l’artiste et Lee-Bauwens Gallery

Maurice Frydman

Maurice Frydman, A vif, vue d’exposition, courtesy l’artiste et Lee-Bauwens Gallery

Maurice Frydman

Maurice Frydman, A vif, 2018, courtesy l’artiste et Lee-Bauwens Gallery

Maurice Frydman

Maurice Frydman, Red Matrix, 2018, courtesy l’artiste and Lee-Bauwens Gallery

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Maurice Frydman, The roots of the tree N°2, 2018, courtesy l’artiste et Lee-Bauwens Gallery

Maurice Frydman

Maurice Frydman, Variations on the original Model from Michelangelo’s David, courtesy l’artiste and Lee-Bauwens Gallery

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