Mettant à l’honneur la production de masques à diverses époques et sur différents continents, l’exposition Masques à la Cité Miroir à Liège offre un large aperçu de ce médium. Elle propose au visiteur de partir à la découverte de ces objets et leurs significations à travers l’Asie, l’Amérique, l’Afrique et l’Océanie. Quant à l’Europe, elle tient une place à part dans l’exposition qui ouvre une série de réflexions sur la fonction sociale du masque dans la société occidentale contemporaine.

Une manière de faire apparaître l’invisible

L’exposition déploie plus de 80 masques dans la Cité Miroir à Liège. Selon la culture et les croyances de ses créateurs, le masque revêt des fonctions très diversifiées, étant tantôt un vecteur de structuration sociale important permettant notamment de rendre justice ou de régler des conflits, tantôt un objet métaphysique mettant en relation des forces surnaturelles. Quel que soit leur usage, ces masques confèrent à leur porteur une nouvelle identité et de nouveaux pouvoirs. C’est une défense de mettre un masque, a dit bien justement Serge Gainsbourg.

L’homme masqué a un rôle important dans sa société et il devenait généralement le garant de différents aspects de la vie quotidienne de ses contemporains. De l’annonce d’une bonne récolte à la protection des être vivants contre les esprits, il endosse un nombre impressionnant de rôles différents en fonction de ses croyances. C’est notamment cette inventivité d’usages que propose de découvrir l’exposition. Le parcours offre de nombreuses explications à propos des origines et des différentes fonctions de ces masques.

D’objets fonctionnels à œuvres d’art

Ce n’est que pendant les siècles précédents et sous le regard de l’Occidental que ces objets sont devenus des œuvres d’art à part entière. Dans la société et la culture dans lesquelles ils ont vu le jour, ils étaient des objets avec un usage propre et souvent très important. Même le masque accroché à un mur disposait d’une fonction précise, généralement de protection contre les esprits.

Ces objets ont néanmoins fait l’objet d’une grande créativité dans leur réalisation. L’exposition nous propose de découvrir cette large diversité de formes, couleurs, dimensions ou encore matériaux. Au regard de cette richesse créative, l’on peut aisément comprendre comment ces masques sont passés des cabinets de curiosités aux murs des musées les plus prestigieux. Ils suscitèrent d’abord questionnement et interrogation pour ensuite devenir petit à petit des œuvres dotées d’une esthétique propre. De nombreux artistes actifs au début du XXe siècle, tels que Picasso, Matisse ou encore les expressionnistes allemands, ne sont sûrement pas étrangers à l’évolution de la perception du masque.

Et quid de l’Europe ?

L’exposition, qui présente des pièces provenant du musée du quai Branly, propose également un regard sur l’Europe à travers des réflexions sur les différents masques dont on peut se parer. Les retouches d’images, les opérations de chirurgie esthétique, nos avatars numériques des réseaux sociaux ou encore les superhéros sont autant de thématiques abordées en marge de l’exposition. À découvrir !

Masques
Cité Miroir
22 place Xavier-Neujean
4000 Liège
Du lundi au vendredi de 9h à 18h, samedi et dimanche de 10h à 18h
Jusqu’au 20 juillet
www.citemiroir.be

Masques

Vue de l’exposition MASQUES, Cité Miroir, (c) photo Jonathan Berger

Masques

Vue de l’exposition MASQUES, Cité Miroir, (c) photo Jonathan Berger

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Pièce de l’exposition MASQUES, (c) Collection du Musée du quai Branly – Jacques Chirac, (c) photo Sandrine Expilly

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Pièce de l’exposition MASQUES, (c) Collection du Musée du quai Branly – Jacques Chirac, (c) photo Sandrine Expilly

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