La photographe Maria Baoli vient de publier son livre Vague de rêve. Un magnifique voyage intime auquel elle nous invite à travers la relation triangulaire entre l’homme, la nature et l’animal. Un travail subtil et envoûtant à découvrir.

Née à Madrid dans les années 1980, Maria Baoli a fait de Bruxelles son nouveau port d’attache. Dessin, théâtre et cinéma l’ont graduellement menée vers la photographie, un art qui lui permet de conjuguer ces disciplines. Elle y voit en effet la possibilité de jouer un rôle, raconter des histoires, peindre avec la lumière. C’est aussi à ses yeux une thérapie: la chambre noire est un espace de méditation qui lui offre la possibilité d’être seule, baignée de musique tout en créant ses images. La photographe travaille en effet surtout en argentique et n’hésite pas à explorer les techniques oubliées, comme le cyanotype, car les accidents et les expérimentations ne l’effraient pas, elle qui aime être surprise par l’image qui surgit du révélateur.

Proximité, intimité

Ses modèles, la photographe les trouve d’abord dans son entourage, car elle s’estime plus à l’aise lorsque se crée une atmosphère intime. Aussi ses premiers sujets ont-ils été ses amis, sa mère, son chien et le quartier madrilène où elle a vu le jour, avant de vaincre sa retenue et d’aborder des passants. Les portraits qu’elle a réalisés précédemment sont souvent des personnes qui appartiennent à des communautés ou des espaces définis, comme les Polonaises de Bruxelles ou les étudiants de la Maison Africaine à Matongé. Maria Baoli recherche des personnalités qui l’intriguent, à l’identité forte et qui lui permettent de faire ressortir la dualité entre l’individu et son espace. Son nouveau livre Vague de rêve, quant à lui, met en résonance l’humain, la nature et l’animal. Un magnifique voyage que l’on entreprend volontiers avec l’artiste.

Les yeux bandés

«Une de mes plus grandes peurs est l’aveuglement». Cette angoisse, on la retrouve dans un portrait où l’artiste prête ses yeux à son amoureux, qu’elle dirige les yeux bandés, dans une relation de confiance. On sent que la photographe apprécie la complicité et la générosité de ceux qui se prêtent au jeu, qui font confiance à son regard et son univers.

Nature envoûtante

Passant à la couleur, Maria Baoli nous dévoile une végétation accueillante mais mystérieuse, sous la brume à l’orée d’un bois. Etrangement, la nature semble à la fois nous inviter et nous observer à son tour, curieuse de savoir qui sont ces individus.

Cyanotype viré au thé

Ce portrait évoque la pensée, mais aussi le vide, la légèreté de l’esprit et l’éveil. C’est la seule photographie où un visage est clairement lisible et vient clôturer le rêve. Il montre aussi la gestuelle des mains à laquelle la photographe est particulièrement attachée, comme un leitmotiv dans sa pratique artistique. Le cyanotype viré au thé, technique oubliée, rend cette image intemporelle, lui retire tout contexte historique. Le livre est disponible sur demande à l’artiste : himariab@gmail.com

Vague de rêve | Maria Baoli | 96 pages | 17 x 20,50 cm | 200 exemplaires signés et numérotés | 32 € | cargocollective.com

 

 

Vague de rêve, Maria Baoli

Vague de rêve, Maria Baoli

Vague de rêve, Maria Baoli

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