C’est la deuxième exposition de l’artiste new-yorkais Chris Doland chez Super Dakota. On peut y voir des œuvres sur panneaux, deux vidéos, une grande peinture. L’ensemble est mis en valeur dans une grande installation structurée par des montants en métal qui semblent installer des débuts de cloisons. A voir jusqu’au 13 avril.

Chris Dorland (1978, Montréal), vit et travaille à New York City. Son travail est présent dans les collections de plusieurs grands musées américains. C’est le lien et les interactions entre le corps et la technologie qui passionnent cet artiste. A partir d’images trouvées ou filmées, l’artiste crée des images patchwork aux couleurs intenses. On y voit des morceaux d’architecture, des visages, des vues du ciel. Sur deux écrans juxtaposés, des paysages, des passants, des images sorties de la télévision… Faisant le lien entre les deux écrans, une forme mouvante, sorte de magma bouillonnant, battant, frémissant, pétillant, installé pour moitié sur chacun des écran. Nous sommes dans un jeu vidéo ou dans un cauchemar. Les images assaillent l’œil, ne lui laisse aucun repos. Ça pulse, ça bat, ça sidère. On s’y perd. Le rêve éveillé semble transmettre l’idée que l’humain a été avalé par la technologie, qu’il ne reste que des gratte-ciel et des systèmes électroniques, du noir, des couleurs saturées. Si certains éléments sont reconnus, d’autres sèment le trouble et une grande sensation de confusion s’installe. Dans cette mécanique parfaitement assumée par l’artiste, une esthétique émerge, puissante et violente. Chris Dorland a sorti de sa tête et des nôtres les images de nos pires cauchemars.

Si l’angoisse d’un monde à la Orwell peut être mise en images comme ceci, vu, regardé, ressenti et donc ensuite mis à distance, alors la mission de l’artiste est réussie. Il nous a fait voir ce qui nous entoure et que nous ne voyons plus. Il nous a donc rendu un peu plus humains et par là même empathiques. Etonnant, non ?

Chris Dorland
Synthetic Skin
Super Dakota
45 rue Washington
1050 Bruxelles
Jusqu’au 13 avril
Du mardi au samedi de 11H à 18h
www.superdakota.com

Chris Dorland

Chris Dorland, Untitled (Violator), 2019, courtesy l’artiste et la galerie Super Dakota

Chris Dorland

Chris Dorland, Untitled (Shallow Optics), 2019, courtesy l’artiste et la galerie Super Dakota

Chris Dorland

Chris Dorland, Untitled (Open Cobalt), 2019, courtesy l’artiste et la galerie Super Dakota

Chris Dorland

Chris Dorland, Untitled (Colony), 2018, courtesy l’artiste et la galerie Super Dakota

A propos de l'auteur

Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef et journaliste
"On écrit bien sur ce qu’on aime. J’aime admirer des œuvres. Chaque artiste ouvre sur notre humanité, notre universalité. Cela me touche à chaque fois. Plus j'en découvre, plus mon appétit pour l’art augmente et mon oeil s'exerce ... Plus je ressens l'art, plus je comprends l’humain."
Muriel de Crayencour est journaliste et plasticienne. Elle a rédigé des chroniques, critiques et reportages sur les arts visuels durant 5 ans dans L'Echo. Elle est journaliste culture pour M... Belgique Elle a créé le magazine Mu in the City en janvier 2014.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.