L’exposition Houses à la galerie Michel Rein à Bruxelles est prolongée jusque fin décembre, pour notre plus grand plaisir. Sept artistes y dévoilent leur perception de la maison.

Le thème de la maison est déployé par de très nombreux artistes. Cette forme que les enfants dessinent depuis leur plus jeune âge : un rectangle surmonté d’un triangle, surmonté d’une cheminée, est chargée de quantité de symboles : le home sweet home, le dedans à opposer au dehors, l’intime à opposer au public, l’espace clos et protégé à opposer à la plaine ouverte et sans fin, la mère ou le ventre de la mère, et même, la civilisation à opposer à la nature sauvage. Tant et si bien que chez Edward Hopper les maisons sont des visages, la porte figurant une bouche et deux fenêtres les yeux. Chez Louise Bourgeois, la maison est la concrétion de la mère ou du lieu familial.

A voir dès l’entrée une maquette de Didier Marcel évoquant une petite cabane typiques des banlieues. Ici deux photos de Frank Christen montrant les façades, l’une bleu outremer, l’autre rouge vif, de maisons alsaciennes. Elles prennent ainsi un aspect si personnel qu’elles rejoignent les visages évoqués dans les portraits de maison de Hopper. Là, quatre petites toiles de Francis Alÿs, datant de 1990, où il représente des buildings de Brooklyn, parfois accompagnés d’une petite phrase : « We know where you live« , « It’s too bad you won’t live but then again what does ? » Le tout bien moins tranquille qu’en Alsace. La petite toile de Christian Hidaka, Sans titre, montre une maison dotée d’une double porte. Devant, un tapis est posé sur le sol : le dedans est montré dehors, comme l’intime présenté au public.

Belle série de dessins d’Anne-Marie Schneider, chez qui la maison est un motif récurrent. Pour Sans titre (Maison-poumons), la maison est au centre, expirant deux grands souffles d’air qui lui font comme des bras musclés sur les côtés. Sur un autre dessin, ce home synthétisé en quelques traits est transporté par deux brancardiers. Mais encore, une maison-enveloppe, une maison-bras, …

A l’étage, voyez les bas-relief de Franck Scurti, formés de placoplatre récupéré. Dans chaque alvéole du carton, il peint un petit aplat de couleur vive, rendant constructiviste un reste de construction. Ou encore, la maquette d’un meuble trouvé sur une peinture ancienne, de Raphaël Zarka. Cet écritoire prend soudain des étonnantes allures de bâtisse moderniste. Notons encore Jordi Colomer, Luca Vitone, Erwin Wurm. L’ensemble se dresse avec beaucoup de grâce devant nos yeux. Il vous reste quelques jours.

Houses
Michel Rein Brussels
51A rue Washington
1050 Bruxelles
Jusqu’au 21 décembre
Du mercredi au samedi de 10h à 18h
http://michelrein.com/

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Francis Alÿs, vue de l’exposition « Houses », galerie Michel Rein Bruxelles

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Anne-Marie Schneider, Sans titre (Maison-poumons), courtesy l’artiste et galerie Michel Rein Bruxelles,

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Anne-Marie Schneider, Sans titre (Maison-poumons), courtesy l’artiste et galerie Michel Rein Bruxelles,

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Franck Scurti, vue de l’exposition « Houses », galerie Michel Rein Bruxelles

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Raphaël Zarka, Studiolo n°2, 2011, courtesy l’artiste et galerie Michel Rein Bruxelles

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