Dédié à la promotion du dessin contemporain et installé au sous-sol du Drawing Hotel, situé rue de Richelieu à Paris, le Drawing Lab est un centre d’art privé et libre d’accès accueillant, trois fois par an, un duo artiste/commissaire d’exposition sélectionné dans le cadre d’un appel à projets. Jusqu’au 9 janvier, il offre de plonger dans l’univers étrange et envoûtant de Christian Lhopital, sur une proposition curatoriale signée Jean-Hubert Martin. Déployée à même les murs comme sur petits formats, ainsi qu’à travers des installations entremêlant sculpture et collage, l’œuvre de l’artiste lyonnais regorge d’indices, clins d’œil et autres bribes d’une narration énigmatique dont le regardeur et son imagination ont toute liberté d’inventer les clés. Rencontre.

Un sourire malicieux, un regard en coin, une chevelure agitée par une brise imaginaire, autant de détails qui interpellent le visiteur dès les premières marches en descente vers la grande salle du Centre d’art Drawing Lab. Au mur de la cage d’escalier, une farandole énigmatique en noir et blanc surgit de ce qui semble les volutes d’une brume, à moins qu’il s’agisse des méandres d’un nuage, voire des pentes d’une drôle de montagne… En contrebas se dresse Glissando, haute sculpture composée de sept cubes évidés et superposés que vient traverser, dans un plongeon pour le moins insolite, un singe en peluche. Son poil, de même que le bois de la structure, est recouvert d’une peinture d’un blanc immaculé, tout comme le chien (Malheureux) écrasé sous le poids d’un autre parallélépipède et étendu un peu plus loin dans l’exposition, au pied d’un dessin couvrant tout un pan de mur à l’exception d’un carré laissé à nu, venant faire écho au volume échoué sur le dos de l’animal. « J’ai commencé à inclure les peluches dans ma pratique artistique dès 1998, précise Christian Lhopital. Ce ne sont jamais des objets qui ont été utilisés par des enfants, il n’y a pas de lien d’affect comme d’autres artistes pourraient le rechercher. Ce qui m’intéresse, c’est qu’il y en a de toutes sortes, partout dans le monde ; certains animaux sont très reconnaissables, d’autres complètement déformés, c’est très étrange. Ce qui me fascine plus particulièrement, ce sont les yeux en plastique et ce regard un peu vide, un peu terrible qu’ils confèrent à l’animal. »

Si l’artiste réalise des sculptures par assemblages depuis une dizaine d’années et pratique également la photographie – « Je navigue avec grand plaisir dans toute forme d’image » –, le dessin reste « le noyau dur » de son travail, le support papier ayant ses faveurs pour sa texture, sa légèreté et sa facilité d’utilisation. Ce depuis sa sortie des beaux-arts, au milieu des années 1970. A l’époque, en proie à divers questionnements, voire au doute, le jeune diplômé laisse de côté la peinture pour s’essayer au dessin au stylo-bille. Un an s’écoule à remplir avec bonheur des blocs de papier à lettre. « Petit à petit, le dessin a pris le dessus sur la peinture. J’aime sa fragilité, qui fait également sa force. Et puis, c’est vraiment pour moi la question de la fulgurance, de la spontanéité. C’est aussi une forme de liberté, celle de pouvoir être un peu nomade, se passer d’atelier. » Christian Lhopital explique avoir autant de plaisir à dessiner en petit format – essentiellement sous forme de séries – qu’en très grand. « Même s’il est à la taille de la main, l’espace du petit format est pour moi gigantesque, au même titre que pour les dessins muraux. Il est un terrain d’expérimentation, de renouvellements constants. » Ses premières installations murales datent de la fin des années 1990. Toutes impliquent une dimension performative, un engagement total du corps. « Il y a quelque chose de très physique, d’en même temps vertigineux et attirant, dans ce rapport avec l’immensité des murs. » (…)

Dans le cadre d’un partenariat avec Arts Hebdo Medias, un site français d’information dédié à l’art contemporain, nous vous proposons de lire la suite de cet article sur http://artshebdomedias.com/

Christian Lhopital

Christian Lhopital, Glissando, 2018, (c) Christian Lhopital, photo Rebecca Fanuele

 

Christian Lhopital

Christian Lhopital, Danse de travers, 2018, (c) Christian Lhopital, photo Rebecca Fanuele

 

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Christian Lhopital, Danse de travers, 2018, (c) Christian Lhopital, photo Rebecca Fanuele

 

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Christian Lhopital, détail de Danse de travers, 2018, (c) Christian Lhopital, photo S. Deman

 

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Christian Lhopital, détail de Danse de travers, 2018, (c) Christian Lhopital, photo S. Deman

 

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Christian Lhopital, En continu (au premier plan) et détail de Danse de travers, 2018, (c) Christian Lhopital, photo S. Deman

 

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Christian Lhopital, En continu, 2018, (c) Christian Lhopital, photo Rebecca Fanuele

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