Cinq ans après son exposition Bruissements au Salon d’Art, Kikie Crêvecœur nous invite de nouveau à pénétrer son univers poétique et aérien. Un autre regard sur le monde, contemplatif, proche de l’enchantement.  

En 2015 déjà, Kikie Crêvecœur explorait les possibilités graphiques de l’arbre : le tronc, les feuilles, la couronne, le doux bruissement de la canopée… Une proposition plastique éveillée par sa collaboration avec Christine Caillon, pour l’ouvrage Autoportraits en arbres. Cette nouvelle exposition, Le jour avant le vent, se profile comme le prolongement de ses précédents travaux. Toujours à l’aide de ses gommes sculptées, Kikie Crêvecœur vient imprimer sa marque, son motif sur le papier blanc. Les empreintes des gommes, juxtaposées, parfois chevauchées, esquissent peu à peu les compositions imaginées par l’artiste.

L’arbre est encore présent dans quelques estampes, mais pas dans sa forme entière. Ici, Kikie Crêvecœur nous convie à admirer les dessous de la canopée. Les différents verts qui composent les feuillages s’enchevêtrent dans le bleu du ciel. Délicate image ! Et puis, progressivement, le point de vue change. Comme happé par l’infini du ciel, le regard dépasse la canopée. Dans Du vent dans les nuages, les rectangles gravés de la gomme évoquent la densité des branchages. À d’autres endroits, les contours des gommes s’effacent, disparaissent, ne laissant plus qu’apparaître les réserves du papier. Notez que les blancs sont à lire suivant les principes picturaux asiatiques, à savoir comme des pleins. Plus loin, plusieurs séries dévoilent de somptueuses interprétations de ciels étoilés. Dans Infinis éphémères, le papier est entièrement en teinte de noir, mais laisse apparaître ici et là de petits ronds blancs, obtenus grâce à l’entaille de la gomme. Poétique et envoûtante, l’œuvre incite au rêve et à la songerie. La série Petit Cosmos, elle, présente une succession de ciels dégagés – réalisés à l’aide de semelles de chaussures en crêpe, et d’éponges alvéolées – rappelant les constellations, ou les poussières d’étoiles.

À mi-chemin entre le tronc d’arbre et le champignon atomique, la série Le jour avant le vent joue de l’accumulation des empreintes et de leurs effacements. Le résultat est subtil, énigmatique, presque vaporeux.

Kiki Crêvecœur 
Le jour avant le vent 
Le Salon d’Art 
81 rue de l’Hôtel des Monnaies 
1060 Saint-Gilles 
Jusqu’au 22 décembre 
Du mardi au vendredi de 14h à 18h30 
et le samedi de 9h30 à 12h et de 14h à 18h 
http://www.lesalondart.be

Kikie Crêvecœur

Kikie Crêvecœur, Passage I, 2016-2018, courtesy l’artiste et le Salon d’Art

Kikie Crêvecœur

Kikie Crêvecœur, Luit bleu, 2018, courtesy l’artiste et le Salon d’Art

Kikie Crêvecœur

Kikie Crêvecœur, Luit bleu (foncé), 2018, courtesy l’artiste et le Salon d’Art

Kikie Crêvecœur

Kikie Crêvecœur, Infinis éphémères, 2014, courtesy l’artiste et le Salon d’Art

 

 

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