La Verrière, à Bruxelles, accueille actuellement Ismaïl Bahri. L’artiste, qui partage son temps entre Paris et Tunis, a composé une partition inédite pour cette architecture traversée par la lumière. Des gestes à peine déposés dans un paysage agité en joue. Canalisée, maîtrisée, elle vient dessiner une proposition tout en légèreté et profondeur, qui s’inscrit dans le cycle d’expositions Poésie balistique, déployé par la Fondation d’entreprise Hermès depuis avril 2016.

Grand bleu sur Bruxelles. Le ciel dégagé laisse passer une lumière crue. A peine réfléchie par la structure métallique de la verrière, elle s’engouffre dans le lieu d’art éponyme mais ne le pénètre pas pour autant. Du moins sans discernement. Avant même de s’intéresser à ce qu’il allait montrer de son travail, Ismaïl Bahri a souhaité la capturer, la diriger, l’obliger à dessiner une part de l’exposition. Réaliser une structure capable de lui imposer une retenue. « L’idée de canaliser cette lumière naturelle, d’en faire une sorte d’instrument laissant apparaître des phénomènes lumineux, de créer des images, de restructurer l’espace, m’est apparue comme un geste fort permettant de faire graviter autour de lui d’autres choses, parfois très fragiles, très légères. C’est peut-être cette rencontre-là qui fait l’exposition. » Un geste qui accompagnait une autre évidence, celle du titre. Un libellé aux accents de manifeste : Des gestes à peine déposés dans un paysage agité. « Ce n’est pas un titre descriptif, mais plutôt un programme, une intuition notée sur un carnet il y a un an. » Ainsi évolue l’artiste entre certitude instinctive et pensée féconde.

« Depuis la fin des années 2000, Ismaïl Bahri développe un travail fondé sur des situations et des gestes ténus, dont la logique inexorable finit par produire une forme de magie ou de grâce saisie au cœur de la matière. […] Pour sa première exposition personnelle en Belgique, il a imaginé un ambitieux projet qui transforme l’architecture du lieu pour en faire une sorte d’instrument optique, jouant sur les jeux d’ombre et de lumière, d’apparition et de disparition des images, révélées à l’intérieur du bâtiment ou amenés de l’extérieur », commente Guillaume Désanges, commissaire de l’exposition, dans le journal de La Verrière. Au mur, les feuilles de papier calque respirent au gré d’un infime mouvement de l’air. Nimbé de lumière, chaque dessin est une apparition. Trouée par elle, la forme lumineuse se saisit du regard et joue avec la matière. « La mise à disposition des pièces s’apparente à une constellation », glisse l’artiste. Un espace à la fois visible et inaccessible qui agit à première vue comme un ciel étoilé mais nous entraîne plus loin. « Ici, par exemple, il y a une saignée de haut en bas, comme un dessin de lumière, sur lequel est déroulé un scotch transparent empreint du sable de la plage où j’allais quand j’étais enfant à Tunis. Au départ, c’était une tentative de mesure de la hauteur, une volonté de la rendre visible. Maintenant, c’est le croisement de deux espaces qui révèle un autre ailleurs. » La lumière libère et encadre l’œuvre comme si cette dernière était le film et l’écran à la fois (…)

Dans le cadre d’un partenariat avec Arts Hebdo Medias, un site français d’information dédié à l’art contemporain, nous vous proposons de lire la suite de cet article sur www.artshebdomedias.com

 

Ismaïl Bahri

Ismaïl Bahri, Des gestes à peine déposés dans un paysage agité (arrêt sur image vidéo), 2018, courtesy l’artiste et Fondation d’entreprise Hermès, photo Isabelle Arthuis

Ismaïl Bahri

Vue de l’exposition d’Ismaïl Bahri, Des gestes à peine déposés dans un paysage agité, La Verrière, Bruxelles, 2018, courtesy l’artiste et Fondation d’entreprise Hermès, photo Isabelle Arthuis

Ismaïl Bahri

Vue de l’exposition d’Ismaïl Bahri, Des gestes à peine déposés dans un paysage agité, La Verrière, Bruxelles, 2018, courtesy l’artiste et Fondation d’entreprise Hermès, photo Isabelle Arthuis

Ismaïl Bahri

Ismaïl Bahri, Geste #3, 2018, courtesy l’artiste et Fondation d’entreprise Hermès, photo Isabelle Arthuis

Ismaïl Bahri

Vue de l’exposition d’Ismaïl Bahri, Des gestes à peine déposés dans un paysage agité, La Verrière, Bruxelles, 2018, courtesy l’artiste et Fondation d’entreprise Hermès, photo Isabelle Arthuis

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