Gilberto Zorio, l’un des fondateurs et principaux représentants de l’Arte Povera, expose chez Albert Baronian depuis près de 45 ans, soit presque jour pour jour dès l’ouverture de la galerie. Le voici pour la huitième fois dans la galerie bruxelloise.

Albert Baronian avait annoncé début 2018 qu’il fermait sa galerie. On apprit plus tard qu’il ouvrait avec la fille de son grand ami Uhoda une galerie à Knokke, où il comptait couler de tranquilles week-ends. Mais on n’arrête pas si facilement l’un des plus vieux galeristes de la capitale. Son espace rue Isidore Verheyden continue de plus belle. Pour son exposition de rentrée, il rend hommage à l’un de ses artistes de prédilection, Gilberto Zorio, ainsi qu’au mouvement Arte Povera, qu’il a fait connaître en Belgique.

Depuis plus de 45 ans,  Zorio (1944, Turin)  manipule avec bonheur des matériaux pauvres – comme le javelot, qu’on retrouve régulièrement dans ses pièces – et des ingrédients chimiques, comme l’acide. Ses ensembles sont des métaphores de l’énergie, de la créativité et des tentatives alchimiques de résumer ses idées sur le sujet. Le motif de l’étoile est pour l’artiste un symbole de cette énergie.

Accrochée au plafond de la galerie, une étoile formée de javelots de métal. C’est une œuvre historique, datant de 1974. Sur le sol, une autre taillée dans un morceau de caoutchouc noir, de 2010. On retrouve sur un mur l’étoile déclinée en cuivre, collée sur une peau de vache noire. Acidi, une installation de 1984 semble à elle seule résumer l’élan qui embrase chacune des sculptures de l’artiste. Une longue tige de cuivre s’arrondit entre d’un côté un entonnoir en pyrex rempli d’acide et, de l’autre, un cône en cuir. Le mélange des matériaux, la simplicité de la composition ajoutent à la force de cette sculpture qui semble un grand geste jeté dans l’espace de la galerie. Per Purificare le Parole, autre trait dans l’espace, comprend deux tubes d’acier inox, deux tubes en cuivre, un alambic, un entonnoir… Déclaration claire et pleine d’humour, proposition frontale et sans aucun effet de manche, elle invite le visiteur à se réjouir de sa forme élégante. Gilberto Zorio inscrit des formes, installe des volumes dans le blanc de la galerie, animé du plaisir de manipuler ces matériaux sans orgueil et sans gloire qu’il a sélectionnés pour leur simplicité. Il leur donne la parole. Et elles crient de joie.

Gilberto Zorio
« Et voilà, encore une fois chez Albert Baronian ! »
Galerie Albert Baronian
2B rue Isidore Verheyden
1050 Bruxelles
Jusqu’au 3 novembre
Du mardi au samedi de 12h à 18h
www.albertbaronian.com

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Gilberto Zorio, Tappeto con stella, 2010, courtesy l’artiste et Galerie Albert Baronian

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Gilberto Zorio, Stella riflessi su pelle cangiante, 2012-2014, l’artiste et Galerie Albert Baronian

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Gilberto Zorio, Acidi (Giappone), 1984, courtesy l’artiste et Galerie Albert Baronian

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Gilberto Zorio, Per purificare le parole, 1986, l’artiste et Galerie Albert Baronian

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