La plus ancienne salle de ventes d’Europe, Dorotheum, représentée à Bruxelles depuis 1996, est en pleine saison de dispersions. Cela fait un mois que cela dure et ce n’est pas fini.

Les tableaux anciens tiendront le haut du pavé chez Dorotheum à Vienne ce 23 octobre. On conviera les amateurs dont peut-être vous, à disputer 293 lots. Ce sont pour l’essentiel des tableaux italiens des XVe et XVIIe siècles, ainsi que des Flamands et quelques Hollandais. Les lots sont de qualités très variables, avec des attributions convaincantes parfois, des découvertes importantes, d’autres limitées à des genre de … atelier de ... voire cercle de … L’un des chefs-d’oeuvre sera sans doute un grand cuivre de Jan Breughel I, figurant l’Enfer. La composition de 26 x 36 cm qui était à la galerie Gombert à Paris voici près de vingt ans, est à prendre entre 250 000 et 300 000 €. La compositions fourmille de détails et elle est d’une finesse d’exécution extrême. Une des belles découvertes de cette vacation se trouvera sous le numéro 35. On y proposera une portrait de dame de qualité, de la main d’Antoine Van Dyck, peint dans sa période anversoise, sur un immense panneau de 121 x 88 cm – à se demander si c’est possible et pourtant c’est comme un morceau de plancher en quatre lés et cela en fait une rareté supplémentaire. On ne sait qui est le modèle mais la peinture appartint aux d’Arenberg et en particulier à la princesse et duchesse Lydia d’Arenberg (1905-1977), épouse depuis 1928 du prince Filibert de Savoie-Gênes (1895-1990), duc de Pistoia. Ils n’eurent point de descendance. Ce sont donc des neveux ou des nièces qui vendent, italiens ou belges, on ne sait. La dame est accompagnée d’un perroquet vert. Et on l’attend entre 300 000 et 500 000 €, ce qui n’est pas rien.

La plus belle toile de la vente est sans doute cette Lucrèce d’Artémisia Gentileschi (1593-1654), jamais passée sur le marché semble-t-il et dont les qualités picturales permettent de tabler sur une enchères comprise entre 500 000 et 700 000 €. Puis il y a comme autre morceau de grand intérêt cette huile sur toile carrée de 57 cm de côté donnée à Bertoja, qui travaillait à Parme dans la seconde moitié du XVIe siècle. On y voit dans un large paysage une jeune femme éperdue, au loin. A l’avant-plan se trouve un héros casqué, sans arme, montrant un objectif invisible sur sa droite. Près de lui s’approche un dragon à deux têtes et coupant la composition, on trouve un cheval sans aile ni cavalier (cela rend le sujet d’Andromède peu compatible), qui semble attaquer le monstre. On évoque alors Roger délivrant Angélique, comme le firent Ingres et Delacroix, Bilivert ou encore Lanfanco, voire Odilon Redon. C’est spectaculaire et cela devrait se vendre sans peine entre 20 000 et 30 000 €. Notons que la notice signale une provenance prestigieuse des duc de Fiano (au nord de Turin), titre portés par les Ottoboni Boncompagni Ludovisi. La famille, vénitienne et romaine, est éteinte depuis 1740, mais les titres des Ottoboni sont passés chez les Ruspoli puis chez les Serlupi Crescenzi qui en sont toujours titulaires.

Les tableaux flamands de qualité sont nombreux, comme un Vranckx qui traite de l’Allégorie de l’hiver (140 000 à 180 000 €) ou encore un anonyme montrant la Tour de Babel (60 000 à 80 000 €).

Vente Old Master Paintings, 23 – 25 octobre, Dorotheum, Vienne, dorotheum.com

Artémisia Gentileschi

Jan Brueghel I, Scène de l’enfer, Dorotheum

Artémisia Gentileschi

Antoine Van Dyck, Portrait d’une femme noble avec perroquet, Dorotheum

Artémisia Gentileschi

Artemisia Gentileschi- Lucretia, Dorotheum

Artémisia Gentileschi

Jacopo Zanguidi, appelé il Bertoja et Girolamo Mirola, Persée et Andromaque ou Roger libérant Angélica, Dorotheum

Artémisia Gentileschi

Sebastien Vranckx, Allégorie de l’hiver, Dorotheum

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