Chez Hopstreet Gallery, l’exposition de rentrée, Uncertainties/Improbabilities, est dédiée aux œuvres sur papier, en écho à la participation début septembre à Art on Paper avec un des artistes phare de la galerie, Jonathan Callan.

« Dans la nature, les images sombres, confuses et incertaines ont plus de pouvoir pour former les plus grandes passions, » écrivait Edmund Burke en 1909 dans son essai On the Sublime and Beautiful, décrivant l’irrésistible attraction et le pouvoir de l’incertain, de l’improbable – capable de libérer nos imaginations et de créer des connections surprenantes entre différents champs du réel qui ne sont pas en lien habituellement. Cette séduction de l’incertain est le départ de l’exposition montée par le commissaire Lorand Hegyi.

On y retrouve six artistes qui ont tous un travail sur papier dense et très personnel. Ugo Giletta (1957, San Firmino di Revella, Italie) présente des visages évanescents, sorte de portraits effacés, troublants. Barthelemy Toguo (1967, Cameroun), qu’on peut encore voir en dialogue avec Duncan Wylie au Hangar Art Center jusque samedi 20, montre ici quelques Devil Heads à l’encre de Chine, belles têtes diablement puissantes. Guglielmo Castelli (1987, Turin) tord et déforme les corps de ses personnages, posés sur une chaise ou un autre élément, le visage caché ou sans yeux ni bouche. La Chilienne Sandra Vasquez de la Horra (1967, Chili) dessine sur de vieux documents, mêlant ses étranges compositions à des écritures d’un autre temps. On retrouve avec bonheur les encres sur papier de Tinus Vermeersch, qui avait fait sensation sur le stand de la galerie lors d’Art on Paper 2017. Et toujours cette forme chevelue, animal, issu – dirait-on – d’une toile de Bosch. Notons encore les délicats dessins de Jull Kraijer (1970, Pays-Bas), au fusain sur papier, traces de rêves ou visions métaphoriques.

Une remarquable petite exposition qui déploie une palette de regards et autant d’artistes, tous riches d’un univers très personnel, déambulant dans les franges du réel, tout au bord du rêve ou du fantasme, là où rien n’est certain ni assuré. C’est ce qui fait toute leur beauté. A voir encore jusqu’au 27 octobre.

Uncertainties/Improbabilities
Hopstreet Gallery
109 rue saint-Georges
1050 Bruxelles
Jusqu’au 27 octobre
Du jeudi au samedi de 13h à 18h
http://www.hopstreet.be

Uncertainties

Sandra Vasquez de la Horra, Bencima y Vitaminas, 2012, courtesy l’artiste et Hopstreet Gallery

Uncertainties

Tinus Vermeersch, Untitled, 2018, courtesy l’artiste et Hopstreet Gallery

Uncertainties

Juul Kraijer, Untitled, 2015-2016, courtesy l’artiste et Hopstreet Gallery

Uncertainties

Ugo Giletta, Volto10, 2018, courtesy l’artiste et Hopstreet Gallery

Uncertainties

Guglielmo Castelli, Epitimia 4, 2017, courtesy l’artiste et Hopstreet Gallery

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