Artiste globe-trotteuse, Olga Kisseleva a été cet été difficile à suivre ! Depuis la France jusqu’au Japon, de la Corée au Kazakhstan, de la Chine à l’Australie, l’artiste prépare ou poursuit des projets souvent caméléons, qui s’adaptent à leurs environnements naturels, sociaux et politiques. En collaboration avec des scientifiques tant français, qu’israéliens, russes ou japonais, elle imagine des dispositifs permettant aux arbres de dialoguer ensemble ou aux cartes de révéler une topographie adaptée à la sensibilité de chacun. Voyage dans une œuvre hors-normes.

A l’entrée de Coder le monde, une des expositions estivales du Centre Pompidou, le regard est attiré par plusieurs coffrets de dimensions différentes servant d’écrins à des cubes transparents ornés sur deux faces de QR codes. Les dés ainsi disposés incitent au jeu. Smartphone en main, les visiteurs scannent pour découvrir les secrets de l’œuvre. Quels sont donc ces turpitudes évoquées dans son titre : Boîte à vices ? A quel jeu de l’art et du hasard doit-on s’adonner ? Olga Kisseleva propose d’utiliser une technologie du quotidien pour permettre à son travail de se déployer au-delà de l’artefact et d’offrir un autre niveau de lecture. L’objet devient lisible autrement grâce aux vidéos que chacun peut découvrir sur l’écran de son téléphone mobile. Réalisées par l’artiste, elles montrent certains de ses proches et révèlent leurs travers. Convoitise, impulsivité ou frivolité sont ainsi épinglées. L’humain, ses rouages et son environnement, qu’il soit naturel, social ou politique, sont depuis toujours au centre des préoccupations de cette plasticienne qui explore l’art comme elle explore le monde. Avec calme, pugnacité et admiration. Il faut s’être penché sur ses déplacements des dernières années et la diversité de ses productions pour appréhender cette personnalité discrète de la scène internationale, qui est également enseignante-chercheure à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Dans son cursus, l’art a toujours côtoyé la science. Enfant en Union soviétique, fille de scientifiques, il ne pouvait en être autrement. Même si les mathématiques prirent beaucoup de place durant ses jeunes années, elles n’occuperont pas l’avenir d’Olga Kisseleva qui sera admise dans la seule école d’art de Saint-Pétersbourg, ville qui s’honorait à l’époque de quelque 50 institutions destinées à la formation d’ingénieurs. Ce petit coup d’œil dans le rétroviseur pour comprendre le lien très naturel que l’artiste a toujours entretenu avec des domaines pointus comme la technologie, la biologie ou la physique quantique et se préparer à la découverte des principales pièces exposées cet été au Japon. Nous laisserons de côté celles présentées à l’occasion d’Ambassadors, au Frac Bretagne à Rennes, Ewna Green festa, au Total Museum of Contemporary Art à Séoul, Independent Practices, au Contemporary Art Centre Zinitang à Canton, et Astana Contemporary Art Biennale, au National Art Museum à Astana, au Kazakhstan, pour se concentrer sur Chronography et EDEN, deux projets qui courent depuis plusieurs années et trouvent sans cesse de nouvelles perspectives. A la fois plastiques et scientifiques. Mais laissons la parole à l’artiste.

Comment est née Chronography ?

De mon intérêt pour le temps. A force de voyager, je me suis dit que ce serait intéressant d’analyser ce qui forge notre perception du rapport entre le temps et la distance. Car cette perception n’est pas exclusivement liée au transport, mais se nourrit de l’environnement traversé et de ce qui nous sommes. (…)

Dans le cadre d’un partenariat avec Arts Hebdo Medias, un site français d’information dédié à l’art contemporain, nous vous proposons de lire la suite de cet article sur www.artshebdomedias.com

Olga Kisseleva

Olga Kisseleva, EDEN, interactive installation for the Echigo Tsumari triennial 2018, photo Olga Kisseleva

Olga Kisseleva

Olga Kisseleva, Boîte à Vices, photo Marie-laure Desjardins

Olga Kisseleva

Olga Kisseleva, Carte Mentale, Chronography, photo Olga Kisseleva

Olga Kisseleva

Olga Kisseleva auprès d’un Afarsemon dans le désert du Negev en 2017, photo Olga Kisseleva

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