A l’occasion des 80 ans de Léon Wuidar, les galeries Rodolphe Janssen et Albert Dumont présentent une rétrospective de l’artiste belge. Chez Dumont des œuvres récentes mises en dialogue avec les sculptures de Hilde De Bodt et Frank Sarfati, chez Janssen des œuvres de 1968 à 2008.

Léon Wuidar a eu une première exposition remarquée chez Rodolphe Janssen fin 2016. On l’a vu depuis à Art Brussels, et cet artiste belge qui n’a jamais quitté l’abstraction construite savoure aujourd’hui un succès infiniment mérité. Wuidar cite souvent comme sources d’inspiration à la fois son enfance à Liége pendant et juste après la guerre, ainsi que l’architecture et son amitié avec Charles Vandenhove. Avec celui-ci, il a collaboré à de nombreux projets in situ, dont l’hôpital du Sart Tilman à Liège au début des années 70  – avec Daniel Buren, Niele Toroni, et Sol LeWitt – imaginez un peu ! Vandenhove l’aidera à concevoir sa maison/atelier sur les hauteurs de Esneux, que nous avions visité pour vous en janvier 2017.

Cette maison est le pendant en volume des toiles de l’artiste. De style brutaliste et fonctionnaliste, elle déploie ses lignes droites et une quantité limitée de matériaux et de couleurs. Ici, depuis tant d’années, Wuidar peint, cherchant encore et encore comment décliner son amour des formes et de la ligne juste. Dans l’atelier, le chevalet est posé près d’une fenêtre, avec, au fond de la pièce, une autre baie vitrée qui sert de ligne d’horizon. A droite, une bibliothèque. Au centre, une table. Quelque chose d’une ascète se dégage de ce lieu. Comme dans ses peintures : simplicité, quête permanente d’équilibre, sens de l’espace. Aux cimaises de la galerie Rodolphe Janssen, ce qui saute d’abord au regard c’est la beauté infinie de la palette du peintre. Il a choisi trois gris, du plus clair au plus foncé, pour les murs sur lesquels sont posés ses toiles. Et voici Excroissance, 4 août 1969, avec ces formes aux bouts arrondis, dans un subtil camaïeu de verts. Voici 20 décembre 1984, irradiant d’un vaste triangle bleu accolé à son voisin d’un jaune doré. La plupart des œuvres portent comme titre la date de leur création. Plus loin, en deux courbes douces, une toile porte à notre regard deux roses délicieux puis un noir et du blanc, le tout délicatement cerné de vert. L’abstraction géométrique est souvent silencieuse, on y entend ni chant ni narration, on n’y voit aucune danse. Ce serait plutôt comme un poème, un groupe de mots un peu austères, qui mis ensemble invitent à l’enchantement. A voir.

Léon Wuidar
Inventaire
Galerie Rodolphe Janssen
35 rue de Livourne
1050 Bruxelles
Jusqu’au 20 octobre
Du mardi au vendredi de 10h à 18h, samedi de 14h à 18h
www.rodolphejanssen.com

Léon Wuidar, Hilde De Bodt, Frank Sarfati
Galerie Albert Dumont
43 rue Léon Lepage
1000 Bruxelles
Jusqu’au 7 octobre
Du jeudi au dimanche de 13h à 19h
https://galeriedumont.be

leon wuidar

Léon Wuidar, courtesy l’artiste et Galerie Rodolphe Janssen

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Léon Wuidar, courtesy l’artiste et Galerie Rodolphe Janssen

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Léon Wuidar, courtesy l’artiste et Galerie Rodolphe Janssen

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Léon Wuidar, courtesy l’artiste et Galerie Rodolphe Janssen

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Léon Wuidar, courtesy l’artiste et Galerie Rodolphe Janssen

 

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