Si d’aventure vous traversez la Suisse pour gagner l’Italie, sur la route du col du Grand-Saint-Bernard, avant de gravir la montagne, arrêtez-vous à Martigny pour visiter la Fondation Gianadda. Le bâtiment, un bunker en béton, n’est pas des plus engageants et il a mal vieilli. Mais l’espace intérieur permet des prouesses pour l’accrochage d’œuvres monumentales. Idéal pour accueillir l’oeuvre de Pierre Soulages, le peintre de l’outrenoir. 

Jusqu’au 25 novembre, la fondation Pierre Gianadda héberge une rétrospective de l’artiste né à Rodez (Aveyron) le 24 décembre 1919. Organisée avec le Centre Pompidou, elle permet de découvrir et d’admirer une trentaine de créations de Soulages, dont plusieurs « outrenoir »,  réalisées entre 1948 et 2017. Les commissaires Bernard Blistène et Camille Morando ont conçu un parcours chronologique, mais la particularité de la Fondation – un puits de lumière central – permet aux visiteurs de vagabonder au gré de leurs envies, de retourner sur leurs pas, de se placer en retrait pour embrasser l’ensemble des œuvres, puis de gagner les recoins dès qu’ils sont libérés.

L’une d’elles, Peinture 202 x 125 cm, a été terminée le 19 juin 2017. Propriété d’un collectionneur privé, elle n’avait encore jamais été montrée au public. Las, elle est cachée dans un coin, car elle termine le parcours chronologique, et n’est pas vraiment mise en valeur. Une magnifique gouache vinylique aux tons bleus accroche l’oeil depuis le recoin où elle côtoie un bronze et une eau-forte. Sur le même mur, une œuvre monumentale de 1956 dévoile des touches de rouge, et laisse imaginer la gueule d’un monstre de la mythologie.

Mais les trésors de la Fondation Pierre Gianadda se cachent dans son jardin, au milieu de l’arboretum. Un petit pont mène à un bronze d’Henry Moore. Plus loin, près d’un plan d’eau où croisent des canards venus du monde entier, a été installée une famille de moutons créée par François Xavier Lalanne, surveillée de l’autre côté par un loup et son louveteau de Roland Cognet. Assise sur un banc, la Femme aux lunettes de soleil de George Segal contemple la scène et, si son regard porte plus loin, elle peut voir les éléments d’architecture contorsionnistes de Jean Dubuffet. Si elle tournait la tête sur sa droite, elle pourrait admirer les baigneurs de Niki de Saint-Phalle jouant sur un parterre sur lequel est posée la Pomme de Guillaume Tell conçue par Claude Lalanne. Le long du chemin, le visiteur pourra admirer Contrepoint pour violoncelles, un ensemble de fonte et de bronze d’Arman, le Grand assistant de Max Ernst. Et la Vierge folle de Germaine Richier. Un mural d’Antoni Tàpies illumine le fond du jardin et un groupe de pique-niqueurs du dimanche s’est caché dans un coin, juste derrière la buvette. La promenade mène au baiser d’Auguste Rodin, passe devant l’oiseau et le poisson, une fresque de Chagall, et termine devant le bassin où trône une tête de Joan Miró. La Grande Laveuse de Pierre Auguste Renoir et le Grand Guerrier d’Antoine Bourdelle ornent la placette au centre de laquelle César, d’un pouce levé, salue le visiteur avant qu’il passe la porte et quitte la Fondation.

Soulages, une rétrospective
Fondation Pierre Gianadda
Martigny
Suisse
Jusqu’au 25 novembre
http://www.gianadda.ch/

Fondation Gianadda

Vue de l’exposition Soulages, Fondation Gianadda, Martigny, photo Christian Spillmann

Fondation Gianadda

Vue de l’exposition Soulages, Fondation Gianadda, Martigny, photo Christian Spillmann

Fondation Gianadda

Fondation Gianadda, Martigny, photo Christian Spillmann

Fondation Gianadda

Fondation Gianadda, Martigny, photo Christian Spillmann

Fondation Gianadda

Fondation Gianadda, Martigny, photo Christian Spillmann

Fondation Gianadda

Fondation Gianadda, Martigny, photo Christian Spillmann

Fondation Gianadda

Fondation Gianadda, Martigny, photo Christian Spillmann

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.