Avec plus de 40 expositions réparties dans une trentaine de lieux, les Rencontres de la Photographie d’Arles ont enregistré un franc succès. Les moments forts de notre visite, alors que la 49e édition de l’événement se clôture le 23 septembre.

Cette année, les organisateurs des Rencontres de la Photographie ont choisi comme sujet majeur les USA, sans négliger les thèmes forts qui obsèdent notre société : humanisme, croyances, technologie, révoltes. Des grands classiques revisités aux créateurs de demain, cette édition rend un bel hommage à la photographie sous ses nombreuses expressions. Parcours choisi.

Robert Frank, l’icône vivante

Prononcez le nom de ce photographe, qui fêtera ses 95 printemps en novembre, devant n’importe quel féru du 8e art et l’admiration se lira sur son visage. Normal, son livre Les Américains, publié chez Delpire en 1958 a claqué comme un coup de tonnerre dans l’Amérique bien-pensante. Il faut dire que son approche des USA était loin de la vision édulcorée qui dominait alors le pays de l’Oncle Sam. Les clichés sélectionnés par le curateur Martin Gasser nous font découvrir l’évolution du style de Robert Frank, ses travaux en Suisse, son pays natal, dans l’Europe des années 60 ou en Amérique du Sud, sans oublier de magnifiques photographies inédites réalisées dans les années 50 aux Etats-Unis. Un must.

Jane Evelyn Atwood et Joan Colom sur le trottoir

Grand nom de la photographie, Jane Evelyn Atwood, qui vit et travaille désormais à Paris, expose une série culte réalisée au cours des années 70 et qui met en scène le Pigalle d’alors. Sa vision crue, profondément triste mais toujours empathique des transgenres qui se prostituent dérange autant qu’elle émeut. Immersion et respect sont les maîtres-mots de son travail. L’exposition s’enrichit du travail de Joan Colom, décédé à Barcelone en 2017, dont le commissaire de l’exposition Sam Stourdzé présente une série de clichés réalisés entre 1990 et 2000 et qui nous donnent à voir le théâtre humain du Barrio Chino, haut lieu de perdition.

Raymond Depardon made in USA

Le photographe français, aujourd’hui âgé de 76 ans, est de cette génération qui a vu les Etats-Unis sauver la Vieille Europe mais aussi lui imposer son modèle culturel. Dès 1968, Raymond Depardon se rend outre-Atlantique, où il couvre la convention démocrate et une manifestation contre la guerre du Vietnam. Suivront de saisissants clichés de l’élection de Nixon, à laquelle il assiste comme seul photographe français, puis la découverte de New York, dont la liberté de ses créateurs le marquera à jamais. Les 76 photographies, dont beaucoup inédites, mises en valeur par de somptueux tirages et une scénographie parfaite, font honneur à l’un des plus grands reporters.

Jonas Bendiksen a rencontré Jésus (7 fois)

Né en Norvège en 1977, Jonas Bendiksen a eu l’immense privilège de vivre une expérience hors du commun (des mortels). Il a rencontré non pas Jésus, ce qui est déjà arrivé dans l’Histoire, mais sept exemplaires du Messie. Bon, en tout cas, sept bonshommes en chair et en os qui prétendent être redescendus sur terre. Son travail, intitulé Le Dernier Testament, certes teinté d’une ironie douce, ne s’égare jamais dans la cruauté ou l’humiliation. Investi humainement dans ces curieux événements en Sibérie ou encore en Afrique du Sud, le photographe montre les limites de la foi dans un monde désemparé, parfois dans l’attente d’un nouveau sauveur.

Paul Fusco a pris le dernier train de Kennedy

Nous sommes le 8 juin 1968. Trois jours après le meurtre de Robert F. Kennedy. L’Amérique, sidérée, déchirée, blessée, assiste au lent cheminement du train funéraire qui conduit la dépouille de New York à Washington. Paul Fusco est à bord. L’expo The Train retrace cet événement historique dans sa dimension la plus humaine. Son originalité : le photographe a saisi, du point de vue du convoi funéraire, les nombreux citoyens, femmes ou hommes, jeunes ou vieux, Noirs ou Blancs, qui assistent tétanisés au passage du triste cortège. Dans chacun des clichés, l’émotion est palpable et elle envahit chaque spectateur.

https://www.rencontres-arles.com/

Arles 2018

Vue de l’exposition Robert Frank, Arles 2018, photo Jean-Luc Masse

Arles 2018

Vue de l’exposition Robert Frank, Arles 2018, photo Jean-Luc Masse

Arles 2018

Vue de l’exposition Jane Evelyn Atwood, Arles 2018, photo Jean-Luc Masse

Arles 2018

Vue de l’exposition Jane Evelyn Atwood, Arles 2018, photo Jean-Luc Masse

Arles 2018

Vue de l’exposition Raymond Depardon, Arles 2018, photo Jean-Luc Masse

Arles 2018

Vue de l’exposition Raymond Depardon, Arles 2018, photo Jean-Luc Masse

Arles 2018

Vue de l’exposition Jonas Bendisken, Arles 2018, photo Jean-Luc Masse

Arles 2018

Vue de l’exposition Jonas Bendisken, Arles 2018, photo Jean-Luc Masse

Arles 2018

Vue de l’exposition Paul Fusco, Arles 2018, photo Jean-Luc Masse

Arles 2018

Vue de l’exposition Paul Fusco, Arles 2018, photo Jean-Luc Masse

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