Après 33 années en charge de la collection et des expositions, Patricia de Peuter, figure incontournable de la culture en Belgique, quitte la banque ING. Retour sur le parcours de cette grande dame de la culture belge. Elle reste néanmoins active dans de nombreux comités et conseils d’administration artistiques, tel que le BelgianArtPrize.

Arrivée en 1986 à la BBL pour s’occuper de la collection Léon Lambert, Patricia de Peuter se retrouve orpheline de collection après 6 mois, puisque Léon Lambert, mourant, décide de vendre celle-ci. “Cet événement fut pour moi initiatique, explique-t-elle, je découvrais que dans une grande entreprise, on pouvait changer d’avis et voir disparaître une très belle collection. Il fut dès lors évident pour moi que la collection devait être intégrée dans le tissu de l’entreprise, dans sa communication, dans son network, dans son identité. Cela a été mon mantra pendant toutes ces années. Aujourd’hui, l’art chez ING se déploie en trois pôles : la collection, les expositions et le sponsoring d’art. L’art est devenu incontournable à ING et c’est de cela que je suis la plus fière.”

Patricia de Peuter a étudié l’histoire de l’art, a été guide pour la collection Lambert puis rédactrice en chef du magazine ArteFactum créé par Flor Bex.

A partir de quand avez-vous pu commencer à collectionner pour la banque ?

“Dès 1991, j’ai obtenu un budget d’acquisition. Nous avons collectionné jusqu’en 2009. Dix-huit ans plus tard, nous arrivions à une collection comportant 2500 œuvres, y compris le noyau de la collection Lambert, que nous avions préservé. Chaque proposition d’acquisition devait passer devant un board. Mais j’ai toujours gardé mon autonomie artistique quant aux propositions d’achat des œuvres. Nous nous sommes concentrés sur l’art contemporain international.”

Quelle est la première œuvre que vous avez achetée pour ING ?

“Hostages de Art & Language.”

Quelle est l’œuvre dont vous êtes la plus fière ?

Le pavillon de Dan Graham dans le parc du bâtiment Marnix.”

Les œuvres qui ont pris le plus de valeur sont celles de Gursky, Baselitz, Muños, Pistoletto, Gormley, Borremans… Mais Patricia de Peuter insiste sur la valeur patrimoniale de la collection, bien plus que sur sa valeur financière. Ainsi que sur la diversité des approches.

L’art permet de dialoguer avec les autres. Il rappelle à chacun son individualité et celle de l’artiste. Sa valeur humaine et émotionnelle est importante dans une entreprise où on ne fait que compter, ajoute-t-elle. L’œuvre est morte sans spectateurs. Dès qu’elle est regardée et perçue, elle est activée. Un dialogue s’installe. C’est le plus fascinant.”

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