S’il y a un lieu à visiter durant l’été, c’est bien le Musée de Mariemont et son parc somptueux aux arbres aux essences rares, certains multiséculaires remontant à l’ancien domaine royal  de Marie de Hongrie, Albert & Isabelle, Charles de Lorraine. S’y nichent un immense bouddha de bronze, les Bourgeois de Calais de Rodin, un Constantin Meunier… A l’intérieur du musée, une exposition sur Galien, médecin grec dont beaucoup d’écrits nous sont parvenus, est à voir jusqu’en décembre.

Galien de Pergame est l’un des plus célèbres médecins grecs de l’Antiquité. Il vécut de 129 à 216, durant l’apogée de l’Empire romain. Arrivé jusqu’à nous par ses écrits dont de nombreux furent retranscrits ou traduits, ce médecin spécialiste des remèdes a étudié la médecine et la pharmacopée sous tous ses aspects. Il a rédigé de nombreux traités et livres, donnant une description de ses activités de médecin mais aussi du monde dans lequel il vit et de ses voyages autour de la Méditerranée.

De nouveaux manuscrits furent découvert il y a quelques années au monastère des Vlatades à Thessalonique. On y a retrouvé notamment une version grecque intégrale du traité des Opinions propres, qui n’était transmis que par quelques fragments et par la tradition indirecte. Mais aussi un texte extraordinaire, Ne pas se chagriner, l’un des témoignages les plus émouvants du médecin. Celui-ci procure aux spécialistes des informations inédites sur Rome à la fin du IIe siècle et en particulier sur les biens matériels précieux que Galien possédait dans un entrepôt et qu’il perdra lors d’un incendie en 192. De ce beau texte émanent la profonde humanité de Galien, ses principes philosophiques, le souvenir de son père et les biens qu’il chérissait le plus : ses livres et ses instruments.

Faire découvrir le médecin Galien aujourd’hui est un challenge. Annie Verbanck Pierard, la commissaire, s’est attachée à montrer les différents aspects de ses activités par les objets et instruments utilisés par les médecins de l’époque. Comme des scalpels ou des boîtes à pilules. On y voit aussi des monnaies d’argent (tétradrachmes), des sculptures en pierre ou en bronze et de nombreux manuscrits. Au fil des vitrines, de belles découvertes sur lesquelles se pencher. Particulièrement les manuscrits, dont les enluminures sont tout simplement formidables.

Galien vous donnait déjà à l’époque trois conseils qui restent d’actualité : un mode de vie adéquat et bien réglé – ce que les Grecs appellent la diaita, mot à l’origine des termes diète et diététique -, de l’exercice physique quotidien mais sans exagération – un tour à petite foulée du parc de Mariemont serait un bon point de départ – et une alimentation saine et en quantité modérée ! Vous savez ce qu’il vous reste à faire. Une expo à voir en famille.

Au temps de Galien
Musée royal de Mariemont
100 chée de Mariemont
7140 Morlanwez
Jusqu’au 2 décembre
Du mardi au dimanche de 10h à 18h.
A partir d’octobre de 10h à 17h
http://www.musee-mariemont.be/

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Tétradrachme de Nerva avec serpent sacre (c) Musée de la Médecine, Bruxelles

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Illustration de rose du manuscrit de Dioscoride (c) Österreichische Nationalbibliothek, Vienna

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Ensemble d’instruments medicaux (c) Musée de la Médecine, Bruxelles

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Ex-voto anatomique en terre cuite, Photo M. Verpoorten (c) Ville de Liège

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Relief représentant Asclépios et Hygie (c) Rijksmuseum van Oudheden, Leiden

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Inscription grecque du médecin Nikétès (c) Rijksmuseum van Oudheden, Leiden

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