Nos journalistes filent se dorer la cervelle au soleil et la rédaction ferme ses portes. Rendez-vous le 1er septembre avec les événements incontournables qui ouvrent la saison, Art on Paper et le Brussels Gallery Weekend. Pour vous faire passer un bel été, revue de plusieurs expositions dont nous n’avons pas parlé dans nos articles, à visiter en juillet et août.

Au Grand-Hornu

Au Mac’s, Jean Glibert, qu’on avait pu voir à Bozar en 2017, converse harmonieusement avec Ann Veronica Janssens, dont l’exposition Serendipity en 2009 au Wiels nous laisse encore un souvenir ému. Architecture et lumière sont au centre de leur dialogue. Glibert rehaussant quelques pans de mur d’une couleur choisie, tandis que Janssens offre aux visiteurs des vélos dont les roues sont garnies d’une matière réfléchissante. En circulant dans l’exposition, ceux-ci activent les couleurs par l’intermédiaire de la lumière, amie. On y voit aussi Glitter, un tas de paillettes de couleur directement dispersées au sol par un coup de pied de l’artiste, en interaction avec le grand aplat de vernis, réfléchissant, que Jean Glibert appose à même le mur. (Jusqu’au 22 octobre – www.mac-s.be)

Au CID, l’expo Halte à la croissance ? Aujourd’hui, la société prend conscience de l’impasse du dogme de la croissance. De nombreuses initiatives citoyennes attestent d’un intérêt pour des modes de vie plus soutenables. Cette exposition s’interroge sur le rôle que le design peut jouer dans ce mouvement de société. Issus d’une génération dont les valeurs sont en mutation, les jeunes designers ne se sentent plus galvanisés par la production massive de biens de consommation. Ils se passionnent pour la recherche de processus, méthodes et outils de travail plus respectueux de l’environnement et des ressources, favorisant une plus juste répartition des bénéfices. L’expo démarre avec quelques travaux critiques d’artistes qui pointent, souvent avec humour, les failles du système dominant dont ils font cependant partie. Ensuite, six pistes de réflexion proposent des alternatives pour un design plus soutenable : la simplicité volontaire, le recyclage, la production locale, le low-tech, la lutte contre l’obsolescence programmée et l’avènement de nouveaux modèles économiques. (Jusqu’au 21 octobrewww.cid-grand-hornu.be)

Au château de Fernelmont

Le douzième Fernelmont Contemporary Art Festival s’est ouvert fin juin sur le thème Signes de la Terre. Gustavo Urruty est toujours à la barre. Il a sélectionné des artistes fidèles au festival, dont Charley Case, Robert Quint et Chloé Coomans, qui ont créé plusieurs installations sur les pelouses ainsi qu’une performance sur radeau dans les douves du château. Comme les années précédentes, les œuvres sont installées dans le château mais aussi les grandes dépendances, le parc, la cour, la grande cour et les étangs du domaine classé Haut Patrimoine de Wallonie, particulièrement son donjon du XIIIe–XIVe siècle. Si vous ne connaissez pas encore ce festival, partez à sa découverte jusqu’au 16 septembre. (Samedi et dimanche de 14h à 19h – contact@chateaudefernelmont.be)

 

A Seneffe

Chaque année, le château de Seneffe offre son parc à un sculpteur. Cette année, c’est le Belge Félix Roulin, qui mêle avec bonheur morceaux d’architecture : colonnes, pans de murs et morceaux de corps humain. Une consécration pour cet artiste discret qui n’a jamais dévié de sa voie choisie. (Jusqu’au 11 novembre – http://chateaudeseneffe.be/)

 

A Bastogne

L’Orangerie espace d’art contemporain, à Bastogne, présente Clay, avec six artistes contemporains travaillant ce médium si couru aujourd’hui, dont les incroyables immenses têtes de Maen Florin, qu’on avait pu découvrir sur le stand de Nadia Vilenne à Art Brussels ainsi qu’à la Triennale de la Céramique et du Verre à Mons, Anne Brugni et ses objets métaphoriques, Coline Rosoux et d’autres.  (Jusqu’au 16 septembrewww.lorangerie-bastogne.be)

 

A Emines, près de Namur

Construit entre les villages d’Émines et de Saint-Marc, le fort d’Emines est l’un des 9 forts construits entre 1888 et 1892 autour de Namur, conjointement à ceux de Liège, afin de défendre la neutralité du pays contre les velléités françaises (ou allemandes, pour Liège) qui étaient susceptibles d’emprunter la vallée de la Meuse pour s’envahir l’un l’autre en bafouant la neutralité belge au passage. Tous ces forts ont été conçus par le général Henri Alexis Brialmont et mettent en œuvre un béton non armé, matériau assez novateur à l’époque. Il est positionné au nord de la ville et est considéré comme l’un des « petits » forts de la ceinture namuroise. Généralement inaccessible au public, il ouvre exceptionnellement sa lourde porte aux travaux des artistes et aux visiteurs. Trois artistes contemporains Georges Rousse, Renato Nicolodi et Juan Paparella y évoquent la question de la mémoire individuelle et son lien avec la mémoire collective du traumatisme de la guerre 14-18 dont Emines est un héritage patrimonial. Spectaculaire ! (Jusqu’au 11 novembre)

A Bruges

Dans le centre de cette ville iconique, la Triennale de Bruges propose des installations en plein air spectaculaires, certaines sur les places, d’autres au bord des canaux ou enjambant ceux-ci. Comme son nom l’indique, l’événement n’a lieu que tous les trois ans et mérite largement une visite. Les architectes et artistes participants ont été invités à réfléchir sur la flexibilité, la fluidité et la résilience d’une ville historique comme Bruges à une époque où rien ne semble certain. L’eau, qui traverse et entoure littéralement la ville et qui a rendu Bruges célèbre dans le monde entier, devient une métaphore de Liquid City. (Jusqu’au 16 septembre https://triennalebrugge.be/fr/)

A Namur

En parallèle aux expositions Fleurs lascives au Musée Rops, Fleurs apprivoisées au TreM.a et Fleurs plaisantes aux Bateliers, Penser Fleurs à la galerie Détour de Jambes invite une cinquantaine d’artistes. Pointons Jacques Lennep, Marie Chantelot, Pascal Courcelles, Bern Lohaus, Tamar Kasparian, Yves Zurstrassen, Jean-François Flamey, entre autres (Jusqu’au 28 aoûtwww.galeriedetour.be)

A Charleroi

Parfois une exposition vous prend par surprise. Vous n’attendiez rien et soudain une émotion intense, quelque chose de l’ordre de l’harmonie (du Qi, vous diraient les amateurs de tai-chi, dont je suis) vous envahit. Une correspondance intime entre les œuvres à voir et l’état de vos pensées, l’état de votre cœur. Les larmes peuvent monter. Ce sont celles d’une joie profonde et secrète. Ne manquez pas Gabriel Belgeonne (1935) et le retour sur 50 ans de carrière au BPS22. Belgeonne touche à la gravure, au dessin, à la peinture, mais aussi à l’édition. Ici, ses toiles oscillent dans une quête entre vide et plein, silence et bruissement, stabilité et instabilité, ordre et désordre. Une abstraction lyrique complètement enchanteresse. (Jusqu’au 2 septembrewww.bps22.be)
Toujours à Charleroi, au Musée de la Photographie, deuxième exposition organisée par l’asbl Le Musée du Chat. Le directeur du Musée de la Photo est un amoureux fou des chats. Tant et si bien qu’il accorde deux jours de congé à l’un de ses employés si celui-ci adopte un petit félin ! A voir ici, les clichés de minous par de grands photographes internationaux. (Jusqu’au 16 septembrewww.museephoto.be)

Montauban-Buzenol

Sur le site de Montauban, ses ruines et son étang, au Centre d’Art contemporain du Luxembourg belge, l’exposition Seconde nature propose à sept artistes d’installer leurs œuvres en plein air, dans ce lieu magique. Notons Benoît Félix, qu’on avait vu en 2016 au Botanique et en 2017 aux Abattoirs de Bomel. Mais aussi Samuel D’Ippolito, Claudie Hunzinger, François Génot, Thomas Loyatho et ses Chapelets de brins de graminées, Jean-Georges Massart et Philippe Luyten. (Jusqu’au 28 août – www.caclb.be)
Ensuite, l’exposition d’automne, Indicible Topographie, invite cinq autres artistes. Nous y verrons avec bonheur les papiers gravés puis froissés de Roby Comblain, les photographies d’Alexandre Christiaens, les sculptures en bois de Célestin Pierret… (Du 8 septembre au 21 octobrewww.caclb.be)

A Anvers

Deux expositions majeures dans trois musées, à Anvers : Sanguine/Bloedrood. Luc Tuymans on Baroque au M HKA et Michaelina au MAS et à la Maison Rubens.
En tant que commissaire de l’exposition au M HKA, Luc Tuymans choisit de surprendre le visiteur en présentant en dialogue des œuvres phares du baroque de Francisco de Zurbarán, Caravaggio et Anthony van Dyck avec des œuvres de maîtres contemporains classiques, comme On Kawara et Edward Kienholz, complétées par des œuvres de Zhang EnliTakashi MurakamiMichaël Borremans, et Tobias Rehberger. Luc Tuymans a obtenu des prêts exceptionnels de chefs-d’œuvre nationaux et internationaux. A ne pas manquer. (Jusqu’au 16 septembre – https://www.muhka.be/)

Toutes les époques ont connu leurs plafonds de verre : se faire un nom d’artiste en tant que femme au XVIIe siècle était pratiquement impossible. Bien que le talent exceptionnel de Michaelina soit à l’égal de celui de ses contemporains masculins, sa création artistique avait sombré dans l’oubli. On connaît actuellement une trentaine de toiles de sa main qui témoignent d’une thématique audacieuse et d’une technique picturale de haut vol. Pour la première rétrospective de l’œuvre de Michaelina Wautier (1604–1689), deux musées de la ville joignent leur force : la Maison Rubens et le MAS. L’exposition apporte la démonstration de l’exceptionnel talent d’une artiste reconnue à une époque où les femmes l’étaient rarement. Son œuvre est tellement variée et unique qu’elle remet en question les catégories de l’histoire de l’art. (Jusqu’au 2 septembre https://www.mas.be/)

 

A Louvain

Le M Leuven propose une première exposition solo à un tout jeune artiste, Jim Campers (1990, Anvers). Pour Forward Escape into the Past, il réunit ses deux séries de photos les plus récentes. Ses thématiques récurrentes sont le retrait de la société, la vie en harmonie avec la nature et les contre-cultures des années 1960 et 1970. (Jusqu’au 9 septembrehttps://www.mleuven.be)

 

A Knokke

La Samuel Vanhoegaerden Gallery présente une exposition remarquable de Panamarenko. Au centre de celle-ci, le Codex Panamarenko,
un ensemble original de 134 pages sous forme de cartes, en six chapitres, reprenant 168 dessins et 65 manuscrits de ses oeuvres, commencé
dans les années 1970. Le Codex contient des théories novatrices de l’artiste et montre les premiers modèles pour ses futurs véhicules comme l’impressionnant bateau volant Scotch Gambit, les avions Umbilly, U-Kontrol et Propslibelle et la voiture caoutchouc Polistes. Ce Codex avait
disparu pendant des années dans une collection privée et est maintenant présenté, pour la première fois depuis longtemps, dans son intégralité.
Le M HKA à Anvers a également montré un intérêt pour ce Codex Panamarenko, mais n’est pas parvenu à l’acheter. (Du 3 août au 16 septembre 

La Biënnal van de Schilderkunst

Sixième édition de cette biennale organisée par trois musées régionaux du pays de la Lys, une région à cheval sur les provinces de Flandre-Orientale et -Occidentale. Au Museum Dhondt-Dhaenens, au Mudel et au Musée Roger Raveel, on voit des tableaux des 150 dernières années. Cette édition est axée sur le paysage, un genre certes empreint d’une longue histoire, mais qui constitue, aujourd’hui encore, un sujet pour de nombreux artistes contemporains. Les paysages de Constant Permeke et Valerius De Saedeleer, deux artistes de la collection privée du MDD, servent de point de départ pour jeter un pont avec le présent. (Jusqu’au 30 septembrehttps://www.museumdd.be/)
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Vue de l’exposition d’Ann Veronica Janssens et Jean Glibert au Mac’s Grand Hornu, photo Philippe de Gobert

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Fernelmont Contemporary Art Festival, vue de la performance réalisée par Charley Case, Robert Quint et Chloé Coomans

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Felix Roulin, Château de Seneffe

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Maen Florin, Orangerie, Bastogne

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Georges Rousse, vue de l’installation au fort d’Emines, (c) Georges Rousse

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Gabriel Belgeonne, Urgence, 1995, collection de l’artiste, BPS22

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Triennale de Bruges 2018, Jaroslaw Kozakiewicz, photo Macias Desmet

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Jim Campers, courtesy l’artiste, M Leuven, Louvain

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