Noël Cabrera Fernandez, Sueno del Druuna, acrylique sur papier, estimé entre 400 et
500 €, vente du 9 juin au Sablon, Huberty & Breyne, www.hubertyetbreyne.com

Les dirigeants de la petite mais très dynamique salle de ventes Huberty & Breyne au Sablon seront à l’œuvre toute la journée du samedi 9 juin pour vendre 363 lots d’intérêts divers et de prix tout aussi élastiques. Ce ne seront que des planches originales.

Il ne faut pas croire que la BD soit un secteur inaccessible, au contraire. Si la presse quotidienne et audiovisuelle fait ses choux gras avec des prix records, ceux-ci ne représentent dans la masse des lots qu’un infime pourcentage. La très grande majorité des lots ne s’adjuge qu’entre 200 et 2000 €, y compris pour des feuilles autographes, crayonnées ou aquarellées, voire des huiles sur toile qui elles affichent des cotes bien plus élevées. C’est le cas dans cette dispersion où la femme joue un rôle essentiel et attractif sous les mains expertes de dessinateurs hors pair. Il y aura beaucoup de planches préparatoires pour des volumes précis mais tout autant de planches plus libres, créées sans but déterminé mais situées dans l’orbite d’un volume ou d’une série.

Noël Cabrera Fernandez devait mal dormir en créant ce monstre qui a toutefois bon goût ! Pour son Sueno del Druuna, à l’acrylique, il faudrait prévoir de 400 à 500 €. Arrêtons-nous sur la toile de Mickhaël Bourgouin mesurant 50 x 100 cm et intitulée La Maléfique. On y voit une sorte de reine Grimhilde couchée aux trois quarts comme la princesse Françoise de Chimay le fut sous les pinceaux de Jean-Luc Moerman en 2016 ! Leurs corps altiers sont couverts de tatouages linéaires et enveloppants du meilleur effet. Le tableau de Bourgouin, où une corneille est posée sur un très long sceptre, est annoncé entre 6 000 et 6 500 €. Nul doute que Catherine Dessain, qui sera au marteau, usera de toutes les ficelles de son métier pour faire grimper la cote, celle-ci comme celle des autres. Car le charme sera aussi présent dans l’oeuvre aquarellée de Claude Cachin intitulée Derniers petits réglages. On y voit l’inventeur de Pinocchio travailler sur le moteur dorsal d’une demoiselle allongée, pulpeuse à souhait et prête à faire grandir le… nez de la petite marionnette dont la fascination n’a d’égale que la nôtre. Il faudrait allonger si on ose le dire entre 1 000 et 1 500 € pour cette feuille de 50 x 90 cm. Un peu plus loin, Sébastien Grenier oppose la sérénité d’une jeune femme avançant vers son destin face au spectateur, au regard immense et terrifiant d’un monstre sorti des ténèbres rougeoyants de ce qui doit être l’enfer. Le bien contre le mal, la beauté contre la laideur, voici en résumé ce que dit cette feuille peinte à l’acrylique, mesurant 40 x 80 cm et pour laquelle il faudrait assumer 1 300 à 1 500 €. Du Baiser d’Alain Poncelet, il n’y a pas grand-chose à dire sinon qu’il est beau et tendre comme celui dont il est issu, sorti des ciseaux de Rodin. Cette aquarelle de 90 x 45 cm est annoncée entre 400 et 600 €. On terminera par un coup de rire pour ce Dimanche à la Grande Jatte, repris par Patrick Regout dans un schéma esthétique moderne et drolatique. C’est une estampe numérique de 50 x 100 cm, en modèle unique, que la salle annonce entre 800 et 900 €. Le dimanche, on vendra les albums et les dessins originaux. Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est que du lèche-vitrine, il faut venir par ici, on y donne des cours.

huberty

Noël Cabrera Fernandez, vente du 9 juin, Huberty & Breyne

 

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