Présence Panchounette est un collectif d’artistes bordelais, créé en 1968 et autodissous en 1990. Exposé pour la première fois en 1977 par Eric Fabre dans sa galerie parisienne, le Garage Cosmos leur rend aujourd’hui un nouvel hommage, jusqu’au 16 juin.

La première manifestation du groupe remonte à 1968, avec l’inscription du slogan « Tout est comme avant » sur les murs de la Sorbonne. Le ton est donné. Dès ses débuts, le groupe d’artistes Présence Panchounette nage à contre-courant des valeurs et des goûts artistiques de l’époque et souhaite rompre avec le bon goût formaliste des années 1970. Goût prononcé pour le kitsch, apologie du banal, références grinçantes à l’histoire de l’art, dédain pour le sérieux de la modernité… Autant de thématiques que les artistes explorent dans des installations, des sculptures ou des tableaux, aux allures toujours poétiques.

Nous entrons dans l’exposition. La première pièce offre à voir un remake de l’exposition Transition/Valse, organisée en 1977 par Eric Fabre dans sa galerie rue de Seine. Une large tapisserie avec un motif de fausses briques recouvre intégralement la devanture vitrée du Garage Cosmos. À gauche de l’entrée, le mur est couvert d’un papier peint aux motifs géométriques, proche du travail de Bridget Riley. En face, le mur est laissé blanc. Cette grande installation hiérarchise le bon goût en art – que moque Présence Panchounette – par strate sociale. La fausse brique employée par le prolétariat est relayée par le motif Op Art, en vogue dans la middle class, mais délaissé par l’upper class, qui privilégie déjà le design minimaliste et épuré.

La deuxième pièce offre une quinzaine d’œuvres, des installations pour la plupart. Dès l’entrée, Pop-Corn nous réjouit : une enceinte vibre au gré de la musique de Gershon Kingsley. Derrière, les deux sculptures Trompettes sous crabe et La Vénus de mille eaux, sont issues de l’exposition L’avant-garde à bientôt cent ans, organisée en 1988 à l’occasion de la Fiac. Elles sont des interprétations plastiques des calembours des Incohérents.

Les références à l’histoire de l’art sont nombreuses. Réinterprétation contemporaine de La Cène dans L’absence, exploit divin, faux tableau de Soulages, chaise LC4 de Le Corbusier, et hommage ouvert à Magritte dans Ceci est une pipe.

Réjouissante et bariolée, l’exposition est aussi amusante que sarcastique. Dépêchez-vous, il ne reste que quelques jours !

Présence Panchounette
This is not a Présence Panchounette rétrospective 
Garage Cosmos 
Avenue des Sept Bonniers 43
1180  Bruxelles
Jusqu’au 16 juin 
Du vendredi au dimanche de 11h à 17h 
http://www.garagecosmos.be

présence panchounette

Présence Panchounette, vue de l’exposition This is not a Présence Panchounette rétrospective, (c) Garage Cosmos

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Présence Panchounette, Dans la jungle des désirs, 1983, (c) Garage Cosmos

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Présence Panchounette, L’absence, exploit divin, 1986, Le poids de la culture 1982 et A la penn et à l’honneur, 1983, (c) Garage Cosmos

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Présence panchounette, vue de l’exposition This is not a Présence Panchounette rétrospective, (c) Garage Cosmos

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Présence Panchounette, Le poids de la culture, 1982, (c) Garage Cosmos

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