La semaine qui vient – et principalement ces lundi 25 et mardi 26 juin qui seront deux grands jours -, rendez-vous pour les amateurs d’art meublant et décoratif du XXe siècle. Chez Cornette de Saint-Cyr et chez Piasa, dont les salles sont séparées par à peine 150 mètres, avec l’axe de la chaussée de Charleroi comme repère, on officiera de concert ou presque.

Pour Piasa, ce sera la grande réunion d’ouverture dans la Patinoire royale-Valérie Bach, cogérée avec Constantin Chariot. Frédéric Chambre marque de la sorte son retour au coeur d’une ville (Bruxelles) qu’il a toujours beaucoup aimée surtout quand il dirigeait la salle de Pierre Bergé au Sablon. Le vice-directeur de Piasa annonce trois sessions de ventes dans notre capitale : en juin, décembre et mars. La venue de Piasa à Bruxelles est une aubaine pour toute la profession et pour la place que la ville occupe sur le marché de l’art du XXe siècle. Elle devient de la sorte un alter ego de Paris.

Chez les Saint-Cyr, puisque ce sont eux qui vont ouvrir le bal, on trouvera des lots qui couvriront l’ensemble du siècle ou presque. Les valeurs annoncées commencent à quelques centaines d’euros pour flirter avec les 200 000 à 300 000 €. La fourchette est donc large. La sobriété décorative et l’élégance des coupes du bois sont des caractéristiques de ces meubles souvent danois et norvégiens, mais parfois venus des USA ou d’Italie. Au lot 4, on appréciera un canapé dans le goût de Nanna Ditzel (1923-2005), annoncé entre 2 500 et 3 500 €. Une enfilade en palissandre attribuée à Arne Vodder (1926-2009) devrait se vendre entre 3 000 et 4 000 €. Quatre petites tables d’appoint en teck et laiton d’Albert Larsson devraient trouver preneur entre 1 800 et 2 500 €. Les chandeliers vendus par trois de Gunnar Ander, en laiton et métal laqué noir ne manquent pas de raffinement. Ils sont aux bougies et devraient, en deux fois, se vendre entre 800 et 1 000 €. Il y a par ailleurs pas mal de lot de verrerie soufflée, dans les tons bleus ou vert ou rouge, qui viennent mettre une touche de couleur dans ces fournitures généralement brunes et beiges. On épinglera ici les créations de Per Lutken (1916-1998), simples, de formes douces et d’une transparence qui joue avec la lumière de manière à transformer ces vases en sculptures.

Le cabinet mural en bronze, cuivre, aluminium et ardoise de Paul Evans (1931-1987) sera l’un des points d’orgue de cette vacation. On attend cet objet sans doute unique entre 18 000 et 22 000 €. Il y a 158 lots à prendre ; on regrettera qu’aucun créateur belge ne soit mis en avant.

Chez Piasa, le 26 juin, la soirée fixée à 18h débutera par de la verrerie de la maison Venini sise à Murano près de Venise. Le musée a été fondé en 2009 et il renferme une foule d’objets créés par les meilleurs artistes et artisans italiens du XXe siècle. Plus de 45 000 dessins y sont catalogués (à voir sur www.venini.com).

La vente Venini ne compte qu’une cinquantaine de pièces lumineuses et pleines de fantaisie. Elles serviront de mise en bouche avant d’attaquer le gros du buffet et au final, quand de fortes et belles sommes auront été emmagasinées, on fera sauter les bouchons de champ’. C’est du moins ce que l’on souhaite à l’équipe de la salle de ventes.

Pour l’heure, fixons-nous sur le mobilier qui vient autant d’Europe que des USA. Près de deux cents lots en forment le catalogue qui se terminera sur un siège récent du Brésilien Alander Especie, qui vit à Rio. Ce meuble de bois et cordage (grande spécialité de l’artiste) est annoncé entre 5 000 et 7 000 €. Les lampadaires d’Einar Johanssen sont entre 3 000 et 5 000 €. Ceci pour dire que la salle ose placer en fin de liste des œuvres de prix, un peu comme des grosses pointures politiques qui se positionnent en fin de liste électorale pour pousser celle-ci. Poul Kjaerholm (1929-1980) est une autre star de l’auction-system et ses deux chaises PK11 sont annoncées entre 10 000 et 15 000 €. C’est aussi cher voire plus cher que la très belle bibliothèque en palissandre de Jorge Zalszupin (né en 1922), que l’on estime entre 8 000 et 12 000 €. La mise en scène dans la Patinoire royale est très réussie. Foncez sur vos ordis. Il ne reste que quelques heures pour approfondir la question et en poser à Alix de Saint-Hilaire qui est en charge de l’événement.

www.cornettedesaintcyr.be
www.piasa.com

 

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Nanna Ditzel, canapé, Cornette de Saint Cyr

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Albert Larsson, suite de 4 tables d’appoint, Cornette de Saint-Cyr

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Jorge Zaszupin, bibliothèque en palissandre, Piasa à la Patinoire royale-Valérie Bach

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Alander Especie, fauteuil, Piasa à la Patinoire royale-Valérie Bach

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