Le grand sculpteur anglais Thomas Houseago revient chez Xavier Hufkens avec Constructions, une exposition où il montre une série inédite de petits formats qui, comme des croquis en trois dimensions, apprivoisent l’espace intime entre les doigts.

Les sculptures de Thomas Houseago ont toujours impressionné par la présence physique et par la taille de ses silhouettes venues du fond de l’inconscient. Viscéralement attaché à la figure humaine, l’artiste anglais la restitue dans des matériaux humbles tels que le plâtre, le chanvre, le contreplaqué, l’aluminium, parfois le bronze, avec lesquels il semblait s’engager dans une âpre lutte pour la verticalité. Désormais établi à Los Angeles, le doux géant roux est resté fidèle au galeriste de ses jours de dèche bruxellois. Pour sa cinquième exposition chez Xavier Hufkens, Houseago dévoile des facettes peu connues de son travail, les petits formats et les peintures. Pendant des années, il a voulu faire des petites pièces, a-t-il expliqué, mais l’énergie qui bouillonnait dans son corps l’amenait toujours vers des pièces de grande taille, comme si c’était la seule échelle capable de recevoir son trop-plein d’émotions. En changeant de rythme de vie dans sa spacieuse maison de Los Angeles baignée de soleil, l’écorché vif a sans doute trouvé une certaine sérénité qui lui a permis d’explorer les petits formats, comme on griffonne sur un papier. L’ensemble de ces pièces est rassemblé à l’étage, sur un simple socle de bois contreplaqué, comme il en a tant découpé, posées comme elles le seraient sur une table. Dans ces compagnons discrets, on retrouve le vocabulaire formel loin des modes auxquels Houseago nous avait habitué, des silhouettes ramassées, désarticulées, des têtes aux yeux vides, des crânes casqués qui prennent forme dans une superposition de plus petits éléments en bois ou en métal, décomposés puis ré-assemblés. On y voit aussi une forme allongée qui rappelle Henry Moore, mais aussi des animaux, renards, hiboux, partenaires domestiqués mais toujours vivants. Sur ces peintures, le trait tourbillonne, obsessionnel et halluciné. En couleurs vives ou dans un noir charbonneux, il fait vibrer le crâne qui est sous la peau et que nous avons tous en commun. Prolongement de ses croquis, ces peintures iront à leur tour nourrir des sculptures dans une relation cyclique de la création. Au rez-de-chaussée, trois magnifiques pièces, trois têtes, l’une en plâtre, l’autre en fer à béton et la troisième en bois découpé, se répondent de manière troublante. Ce sont des formes primales et élaborées, une expression brute et douce, un miroir apaisant tendu aux âmes à vif à l’écoute d’eux-mêmes.

Thomas Houseago
Constructions
Xavier Hufkens
107 rue St-Georges
1050 Bruxelles,
Jusqu’au 7 juillet
Du mardi au samedi de 11h à 18h
www.xavierhufkens.com

houseago

Thomas Houseago, Constructions, courtesy l’artiste et Xavier Hufkens, Brussels, photo HV-studio, Bruxelles

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Thomas Houseago, Constructions, courtesy l’artiste et Xavier Hufkens, Brussels, photo HV-studio, Bruxelles

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Thomas Houseago, Constructions, courtesy l’artiste et Xavier Hufkens, Brussels, photo HV-studio, Bruxelles

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Thomas Houseago, Constructions, courtesy l’artiste et Xavier Hufkens, Brussels, photo HV-studio, Bruxelles

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