Cela fait plus de 30 ans que l’Atelier Razkas vit sa belle vie d’atelier collectif. Situé à Saint-Gilles il y a quinze ans, il est aujourd’hui installé à Schaerbeek. La Maison des Arts lui offre ses cimaises encore quelques jours.

Razkas est un collectif indépendant de gravure et d’impression artistique. Des artistes dessinateurs, graveurs, lithographes s’y retrouvent, y travaillent et mettent en commun leur matériel et leur expérience. La gravure contemporaine est pleine de surprise. Elle mêle sans vergogne amour du papier et de l’encre bien posée. Cette technique multiple se décline d’autant de manière que d’artistes. Et le travail en atelier collectif essaime de belles ententes et de belles résonances. L’exposition est installée au premier étage de la Maison des Arts, dont les salles du rez sont en restauration. On y a trouvé des anciens papiers peints qui sont aujourd’hui étudiés. Nous en reparlerons.

Dans le hall d’entrée, les outils et matériaux divers des différents artistes. Le collectif Razkas propose une sorte de crowfunding annuel : en versant
20 € par mois pendant un an, vous recevez chaque mois une petite gravure-surprise. L’argent ainsi récolté sert à acheter du matériel pour l’atelier.

Kikie Crêvecœur, dont nous vous parlons régulièrement, présente directement collés sur le mur en ensemble de motifs gravés à la gomme sculptée, reprenant des plantes du Maroc. Leur feuillage imprimé en tournant la gomme chaque fois d’un tour crée un rythme en noir sur blanc. Noir sur blanc aussi pour les linos de Marilyne Coppée, qu’on avait pu voir chez Espace B en 2015. Ici une silhouette revient, celle d’un personnage flottant dans l’eau. Nage-t-il ou s’est-il noyé ? Il ajoute certainement une dimension d’inquiétude aux saynètes inventées par l’artiste.

On ne présente plus Jean-Claude Salemi, dont les linos au style bien défini sont reconnaissables entre mille. Humour, sens de la formule, maîtrise graphique sont aujourd’hui au service des images qu’il a créées en se baladant dans sa commune. Echoppes, coins de rues, vitrines dressent un portrait des lieux que peuvent reconnaître les habitants de Schaerbeek.

Corine Dubus présente dans une chambre dédiée des gravures sur bois d’animaux urbains, ceux qui ont réinvesti la ville, comme le renard, ou qu’on peut voir dans nos parcs, comme le canard et le paon. La forme cintrée par le blanc du papier contient toute une gamme extrêmement subtile de tons nés de l’accumulation des couches de couleurs.

Stéphanie De Loeul est une autre remarquable coloriste. Pour sa série Les Autres possibles, elle a gravé sur bois et au lino des esquisses des portraits classiques qui se trouvent aux cimaises de la Maison des Arts. Elle les décline en une superposition de strates de couleurs lumineuses.

Luc D’haegeleer part sur les chemins prendre des centaines de photographies. Il sélectionne ensuite avec précision l’une ou l’autre image qu’il imprime en héliogravure. Cette technique ancienne était utilisée aux débuts de la photographie et permet un rendu d’une grande précision. L’effet sur le papier est poudreux, profond. Voyez ici ce vieil arbre dont le tronc supporte tant de nœuds. Ou cette nature morte aux fruits qui semblent avoir traversé au moins un siècle. Et pourtant, dans le travail précis du détail et de rendu, une grande modernité.

Citons encore Myriam De Spiegelaere, Eliane Foutté, Gaby Gailly, Véronique Goossens, Claire Hilgers, Anne-Catherine Van Santen.

Images Imprimées
12 graveurs de l’Atelier Razkas
Maison des Arts
147 chaussée de Haecht
1030 Bruxelles
Jusqu’au 18 mai
Du mardi au vendredi de 10h à 17h, le samedi de 14h à 18h
www.1030culture.be

razkas

Corine Dubus, gravure sur bois

razkas

Jean-Claude Salemi, linogravure

razkas

Claire Hilgers, Forêt de troncs rouges, sérigraphie

razkas

Kikie Crêvecœur, série Moucharabieh, impression gommes gravées

razkas

Marilyne Coppée, sans titre, linoléum

razkas

Luc d’haegeleer, Châtaignier, 2016, héliogravure

Luc d’haegeleer, Châtaignier, 2016, héliogravure

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.