Le Japon a fasciné les impressionnistes. Leur musée à Giverny lui rend hommage avec une splendide exposition Japonismes / Impressionnismes jusqu’au 15 juillet. Edifié à deux pas de la maison de Claude Monet, l’un des premiers artistes français à s’intéresser à l’estampe japonaise, le musée s’étire à flanc de coteau, noyé dans la verdure de ses jardins et la végétation de la colline qui le domine.

Conçu par Philippe Robert, le bâtiment s’enfonce dans la terre et de multiples puits de lumière éclairent ses salles. L’ensemble est élégant, aéré, chaleureux. La circulation est facile, les salles sont vastes et offrent le recul pour admirer les œuvres. Avec beaucoup de goût, Marina Ferretti et Vanessa Lecomte ont opté pour des rouges, bleu-gris et prune pour valoriser les œuvres. L’exposition a une logique thématique et chronologique, mais le visiteur peut choisir de flâner. Les panneaux explicatifs en deux langues sont là pour le guider.

Trois magnifiques images de femmes ouvrent l’exposition. Elles ont été peintes par le Néerlandais George-Hendrik Breitner et l’Américain William Meritt Chase. La jeune fille au kimono blanc, La jeune femme en peignoir japonais et Le kimono bleu illustrent la fascination des artistes de cette époque pour le monde des geishas. Élégance, sensualité, raffinement, le mariage des cultures occidentale et nippone donne le ton de la visite. Éventails, ombrelles et paravents ont inspiré les artistes occidentaux. Un groupe de danseuses au repos orne un éventail peint par Degas, un autre offre une nuée de chauve-souris capturées au clair de lune par l’Italien Giuseppe De Nittis. Pierre Bonnard a pour sa part illustré un paravent à quatre feuilles d’une frise de fiacres et d’un groupe de nourrices surveillant les jeux des enfants.

Estampes et accessoires envahissent les ateliers et les salons. Le portrait d’Emile Zola peint par Manet en 1868 illustre cette tendance. Le Belge James Ensor en a fait le thème de son tableau Chinoiseries et le salon dans lequel Julie Manet a posé pour Berthe Morisot a pour toile de fond une scène japonaise.

Utamaro est à l’honneur avec une série d’estampes de toute beauté. Mais il n’est pas seul. Hokusai est aussi présent avec plusieurs estampes de la suite des 36 vues du mont Fuji, dont la célèbre vague. Un coin a été installé pour initier les enfants à l’art de l’estampe, et l’initiative a conquis petits et grands, comme en témoignent leurs essais exposés dans la salle.

Manet, Degas, Pissarro, Gauguin, Félix Vallotton se sont essayés à cet art. Leurs gravures, lithographies, eaux-fortes et xylographies tentent de rivaliser avec les œuvres des maîtres japonais de l’ukiyo-e. Le visiteur est le seul juge de la confrontation.

L’exposition se termine plus classiquement avec les œuvres des impressionnistes impressionnés par l’art japonais. Cette quatrième et dernière partie est intitulée Le code a changé. Elle permet d’admirer les capucines de Caillebotte et les nymphéas de Claude Monet. La boucle est bouclée. Mais la visite n’est pas pour autant terminée. Un accrochage temporaire permet d’admirer l’oeuvre du peintre japonais Hiramatsu Reiji. L’artiste a découvert Claude Monet en 1994 et va effectuer plusieurs séjours à Giverny. L’accrochage comprend sept toiles et deux paravents inspirés par la peinture de Claude Monet.

Le voyage à Giverny est devenu moins aventureux. En train, il part de la gare Saint-Lazare à Paris et fait halte à Vernon, d’où des navettes acheminent les visiteurs jusqu’à la petite ville. L’automobile est également un bon moyen pour arriver à la maison de Claude Monet, via l’autoroute A-13 dite autoroute de Normandie, avec sortie à Vernon. Des parkings ont été aménagés pour les voyageurs. Au printemps, les voitures seront protégées par l’ombre des cerisiers.

Japonismes/Impressionnismes
Musée des Impressionnismes
Giverny
France
Jusqu’au 15 juillet
http://www.mdig.fr/

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Katsushika Hokusai, Kanagawa-oki nami-ura – Sous la vague au large de Kanagawa, Fugaku sanjūrokkei. Les Trente-Six Vues du Mont Fuji, entre 1829 et 1833, Ancienne collection Claude Monet, Giverny, Fondation Claude Monet, (c) Giverny, Fondation Claude Mone

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Vue de l’exposition Japonismes / Impressionnismes, Musée des impressionnismes Giverny, 2018, photo : Christian Spillmann

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Vue de l’exposition Japonismes / Impressionnismes, Musée des Impressionnismes, Giverny, 2018, photo Christian Spillmann

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Vue de l’exposition Japonismes / Impressionnismes, Musée des impressionnismes Giverny, 2018, photo : Christian Spillmann

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Vue de l’exposition Japonismes / Impressionnismes, Musée des impressionnismes Giverny, 2018, photo : Christian Spillmann

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William Merritt Chase, Un coin confortable (À son aise. Le kimono bleu) (détail), vers 1888, Water Mill, New York, Parrish Art Museum, Littlejohn Collection, 196, (c) Water Mill, New York, The Parrish Art Museum, photo Gary Mamay

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