Toute première exposition en galerie pour Vincent Glowinski, dont les fresques murales sauvages ont il y a quelques années, fait les beaux jours de Bruxelles. Sous le nom de Bonom, cet artiste dansait pendu à un câble le long des murs de la ville pour y dessiner dinosaures, squelettes, pendus, oiseaux, renards.

Ceux qui l’ont cité ces derniers mois lors de l’apparition de diverses fresques à caractère sexuel : un grand pénis, une pénétration, et autres joyeusetés frontales sans intérêt n’ont rien compris à cet artiste incandescent qu’est Vincent Glowinski. Et il faut bien toute le pureté de regard de Mathilde Hatzenberger pour se lancer dans l’aventure d’exposer les dessins de l’artiste.

Nous avions vu et beaucoup aimé la grande exposition qu’il a faite avec sa mère Agnès Debizet en 2016 au Botanique. Des racines communes entre ces deux artistes, dont l’une a mis l’autre au monde, apparaissaient dans le parcours dense et touffu. Né à Paris en 1976, Vincent Glowinski a étudié à La Cambre. Ses performances avec le musicien Teun Verbruggen sont toujours des moments inoubliables.

Ici, ce sont les dessins, maquettes, croquis, traces de performances qui sont à voir, sélectionnés avec grand soin par la galeriste et encadrés tout autant.

Avant, j’aurais été incapable de me séparer d’un dessin, nous expliquait Glowinski. C’était comme si on m’arrachait la peau, une partie de moi. Aujourd’hui, c’est possible et je suis content que ces dessins poursuivent leur vie sans moi.

Denses, vibrants, comme arrachés – en effet – au cœur et au corps de l’artiste, les encres et autres dessins sur papier présentés aujourd’hui évoquent chacun la puissance et la vitalité créative d’un artiste qui déploie son travail dans des performances dansées, des spectacles de marionnettes, des ateliers participatifs. Ici, on est au début du processus créatif. Glowinski ne s’épargne rien, ni la peur, ni la vérité toute crue. Son loup tracé en quelques traits à l’encre noire, qu’il cherche au fil de son pinceau, ce loup est bien là. Il ne court pas derrière le Petit Chaperon Rouge, il n’attend pas au coin du bois. Il est là. Intensément. Planté sur ses pattes, les oreilles dressées, il hurle sous la lune. Son gorille – nous en parlions déjà ici – hésite entre être humain ou animal.

Glowinski est toujours à la fine frontière entre équilibre et chute, il est encore pendu au bout du câble qui le soutenait quand il peignait de nuit ses graffitis géants. Il est là où rien n’est sûr, où tout peut chuter d’un moment à l’autre – et pas seulement son renard – parce que c’est là qu’il est bien. Quand on a compris cela, son monde se déploie devant nos yeux comme une forêt profonde et sensuelle. Et c’est bouleversant. A ne manquer sous aucun prétexte.

Vincent Glowinski
Sketches
Mathilde Hatzenberger Gallery
145 rue Washington
1050 Bruxelles
Jusqu’au 28 avril
Du jeudi au samedi de 14h à 18h
www.mathildehatzenberger.eu

Performance Duo à l’encre avec Teun le 18 avril à 20h30 à Schaerbeek, dans un lieu privé. Demander les informations à la galerie.

vincent glowinski

Vincent Glowinski, Ours, 2017, courtesy l’artiste et Mathilde Hatzenberger Gallery

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Vincent Glowinski, Oiseaux, 2018, courtesy l’artiste et Mathilde Hatzenberger Gallery

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Vincent Glowinski, Maquette loups, 2009, courtesy l’artiste et Mathilde Hatzenberger Gallery

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Vincent Glowinski, Forêt calcinée, 2016, courtesy l’artiste et Mathilde Hatzenberger Gallery

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Vincent Glowinski, Cerf debout, 2016, courtesy l’artiste et Mathilde Hatzenberger Gallery

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