La Tefaf a ouvert ses portes à Maastricht le 10 mars pour les fermer ce dimanche 18 mars. Les ventes y furent nombreuses. Petits reflets de dépenses parfois somptueuses.

De l’argent, il en coula à flot à la Tefaf de cette année ! Plus semble-t-il que les crus antérieurs et ce serait dû à une conjoncture hautement favorable notamment du côté des bourses. C’est du moins ce qui ressort des communiqués transmis par le service ad hoc de la manifestation. Les impressions des marchands étaient cependant plus nuancées selon les spécialités. Du côté des antiquités gréco-romaines, ce fut une très belle année. Pareillement chez les défenseurs de l’art africain comme nos compatriotes Grunne et Claes, qui mettent en œuvre une stratégie de l’objet exceptionnel et la rareté des objets sur leurs stands plutôt que de bourrer leur espace de choses plus secondaires. Il n’est pas certain que la pleine joie soit au rendez-vous de l’art contemporain le plus récent. Toutefois, chez Patrick Derom, le stand dévolu en totalité au sculpteur Pol Bury (1922-2005) aura été salué de toutes parts. Une mer rouge avait envahi les petits cartels. Les 3/4 du stand furent vendus. Chez les modernes d’après 1945, en tableaux et dessins, ce fut une belle année également mais on a déjà connu de meilleures sessions. Notre compatriote Eric Gillis, qui vend des dessins datés entre 1880 et 1950, a très bien travaillé. Il avait un stand superbe avec des feuilles importantes, de Klimt notamment. Pour les grands marchands de sculptures comme Kats et Tomasso, ce fut une année merveilleuse. Pour les marchands d’objets de vitrine, en ivoire, ambre et émail, précieux comme des trésors, on pense aux Kugel et Laue, ce fut aussi une grande année également. Pour les tableaux anciens, les reflets furent nuancés. Certains stands ont généré de très belles ventes, d’autres moins. Assez curieusement, les exposants qui proposaient des portraits, matières quand même plus ardues qu’un bouquet de fleurs ou un paysage animé, ont très bien travaillé. C’est le cas de Weiss, qui a réattribué à Gaspar de Crayer un très grand portrait équestre d’un gouverneur des Pays-Bas du Sud. Le paysage était de Peter Snayers. Le gouverneur se nommait Gaspar de Guzman. Ce dernier était toutefois encore disponible au moment d’écrire ces lignes. On trouvait plusieurs portraits renaissants autour de Clouet qui furent également vendus, et généralement au-delà des 500 000 €. Chez Didier Aaron, on a bien négocié plusieurs tableaux de ce genre, plus théâtraux, comme l’impressionnant portrait de Desjardin par Rigaux.

www.tefaf.com

Tefaf 2018

Black Uli, Bernard de Grunne Tribal Fine Arts, Tefaf 2018

Tefaf 2018

Pierre Bonnard, La robe bleue, Wildenstein & co, Tefaf 2018

Tefaf 2018

Jeune femme au clavicorde, Kollenburg antiquairs, Tefaf 2018

Tefaf 2018

Tête de Vénus, Axel Vervoordt, Tefaf 2018

 

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