Il vous reste une semaine pour découvrir les lauréats du Prix Médiatine ’18. Ouvert aux jeunes artiste plasticiens belges ou résidant en Belgique, toutes disciplines confondues, ce prix est orchestré par le Centre culturel Wolubilis. Présidé cette année par Enzo Pezzella, coordinateur artistique à l’ARBA, le jury a retenu 17 artistes, parmi lesquels six ont été primés. 

Le Prix Médiatine a été décerné à Joao Freitas (Portugal, 1989). Pour cet artiste formé à La Cambre en dessin, le papier est un matériau à traiter dans ses trois dimensions. Don’t you fade away, c’est au départ une affiche trouvée pliée et imbibée d’eau dans la rue, ramassée et recueillie dans l’atelier durant une année. Chaque morceau sauvé a été gratté religieusement, laissant apparaître le blanc du papier derrière les encres imprimées. Une matière presque duveteuse, ouatée, épluchée apparaît, les couleurs fanées par la pluie, le temps qui passe et le geste de grattage développent une gamme chromatique pâle et pleine de mélancolie.

Le Prix Cocof a été attribué à Julie Deutsch (Strasbourg, 1991), photographe. Elle présente des paysages ou morceaux de paysage, de ciels, qui semblent anodins et qui pourtant sont intimement liés aux lieux de la prise de vue. Julie Deutsch a habité à Jérusalem-Ouest, puis en Palestine. Une photographie montre une plante sauvage, apparemment insignifiante, mais que les populations nomades utilisaient pour délimiter et signaler un territoire occupé. Une autre photographie montre un nuage blanc parmi les arbres et les rochers. C’est la fumée d’une bombe lacrymogène. Ces images qui semblent désarmées sont en fait dégoupillées et prêtes à vous exploser au visage si vous prenez connaissance de leur signification.

Le Prix Fédération Wallonie-Bruxelles a été remis à Côme Lequin (France, 1989), dont les dessin au kilomètre sont la trace de ses déambulations, qu’il considère comme performatives. Il a développé des Machines à Dessin pour tenter le dessin en continu et marquer le temps qui passe.

Anna Raimondo a reçu le Prix Ville de Bruxelles, qui prévoit une exposition solo dans la Box de La Centrale, place Sainte-Catherine. La résidence d’Anna Raimondo à la Maison d’Art Actuel des Chartreux (MAAC), à Bruxelles, a abouti en 2016 à l’exposition Mi porti al mare ? L’eau et la femme sont des thèmes récurrents dans l’œuvre de la jeune artiste. Son projet Nouvelles frontières du bien-être de l’écosystème vaginal, né à Rome et enraciné aujourd’hui à Bruxelles, vise à redessiner une ville à partir des témoignages de femmes qui l’habitent. C’est toute une cartographie de l’espace public qui prend un nouveau sens, qui s’humanise pour se lire autrement.

Léa Mayer reçoit le Prix Sofam. Notons son très élégant Eplucher un ballon. Et Lucie Lanzini (1986), qu’on a vue plusieurs fois à la Jozsa gallery, reçoit le Prix Macors – une résidence, une expo et une aide à la production. Lanzini transpose des fragments d’objets d’un matériau à l’autre. Une corde en lin devient du verre, une colonne de béton est faite de mousse polyuréthane…

Le jury a accordé cette année deux mentions, l’une à Benjamin Ottoz, pour ses photographies de papiers pliés ou chiffonnés dont on a pu voir une très belle édition chez Sketch My Mind, et l’autre à Diego Miguel Mirabella (Italie, 1988).

L’ensemble du Prix Médiatine est toujours de bonne tenue. Ne manquez pas de faire une petite visite à Woluwé.

Prix Médiatine ’18
La Médiatine
1 allée Pierre Levie
1200 Bruxelles
Jusqu’au 25 mars
Du vendredi au dimanche de de 14h à 18h
www.wolubilis.be/prixmediatine2018.php

Prix Médiatine '18

Côme Lequin, Dessin au kilomètre, 2015, Prix Médiatine ’18

Prix Médiatine '18

Diego Miguel Mirabella, La ballata della nostra diversita, 2017, Prix Médiatine ’18

Prix Médiatine '18

Anna Raimondo, Come un mare fuor d’acqua, Prix Médiatine ’18

Prix Médiatine '18

Benjamin Ottoz, Serendipity PF-BR-R 2.1/5, 2017, Prix Médiatine ’18

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