Chez Xavier Hufkens, le peintre new-yorkais Jonathan Horowitz présente de grandes toiles tachistes, qu’il appelle des Leftover Paint Abstractions. Une série qu’il a démarrée il y a cinq ans avec les restes de peinture trouvés dans son atelier ou donnés par ses amis artistes. Rencontre.

« Je suis attentif à la notion de recyclage et, à un moment, je me suis demandé quoi faire avec tous ces pots de peinture entamés qui restaient dans mon atelier. J’ai démarré cette série de toiles abstraites il y a cinq ans et j’ai constamment fait évoluer la technique. J’utilise un pinceau et je projette la peinture sur la toile installée verticalement. Chaque peinture est un autoportrait, la toile est en hauteur d’homme et à ma taille. Ce qu’on y voit, c’est finalement l’amplitude et le geste de mon bras tenant le pinceau, » explique Jonathan Horowitz. La toile de lin laissée brute apparaît encore sur les bords de la peinture, encerclant la couleur d’une aura mate.

Magma de points ou gouttes de couleurs, les toiles d’Horowitz ramènent à ses pairs des années 1960 et 70, qui désiraient supprimer complètement le sujet, pour ne plus travailler que la couleur. Pour Horowitz, la démarche de la récupération et du recyclage des pots de peinture entamés est essentielle. Cet artiste très engagé politiquement – il tient un compte Instagram satyrique depuis le premier jour de l’élection de Trump : @dailytrumpet -, ne renie aucunement l’influence des maîtres de l’art contemporain. Ainsi il propose une nouvelle version de Flag (1955) de Jasper Johns, avec des paillettes de toutes les couleurs. Avec cette œuvre, il narre l’homosexualité de Johns et sa relation secrète avec Rauschenberg.

Un autre grand format reprend cette matière faite de paillettes de différentes couleurs. Il décrit celle-ci comme une « sorte de boue iridescente« . Plus loin, Coke/Pepsi (155.172 cans), une immense toile, reprend les logos Coca-Cola et Pepsi des milliers de fois, formant un motif généré par ordinateur, et semblant soudain un grand tissage ou un ancien tapis. Les logos et l’identité des marques s’effacent, disparaissent, par la grâce du motif répété.

Jonathan Horowitz
Leftover Paint Abstractions
Xavier Hufkens Gallery
6 rue Saint-Georges
1050 Bruxelles
Jusqu’au 14 avril
Du mardi au samedi de 11h à 18h
www.xavierhufkens.com

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Jonathan Horowitz, Leftover Paint Abstraction #7, 2017, photo Thomas Mueller, courtesy l’artiste et Xavier Hufkens Brussels

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Jonathan Horowitz, Leftover Glitter Abstraction (Rainbow American Flag for Jasper in the Style of the Artist’s Boyfriend), 2018, photo Thomas Mueller, courtesy l’artiste et Xavier Hufkens Brussels

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Jonathan Horowitz, Leftover Paint Abstraction #1, 2016, photo Thomas Mueller, courtesy l’artiste et Xavier Hufkens Brussels

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Jonathan Horowitz, Leftover Paint Abstraction #2, 2017, photo Thomas Mueller, courtesy l’artiste et Xavier Hufkens Brussels

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