La BIP ou Biennale de l’Image Possible, c’est un ensemble de huit expositions réparties en autant de lieux à travers la ville de Liège. Anciennement Biennale internationale de la Photographie, cet événement a évolué vers d’autres moyens d’expression faisant notamment la part belle au numérique. Le gros de la manifestation se passe à La Boverie avec Fluo noir et ses 17 artistes.

Une vision noire

Explorant le champ des arts visuels, la BIP 2018 entend s’ouvrir sur l’avenir et le présent. La curatrice de l’événement, Anne-Françoise Lesuisse, dépose un constat alarmant et apocalyptique – ou est-ce réaliste ? – en qualifiant l’époque contemporaine « d’un ratage phénoménal qui nous met sur le seuil de notre propre survie en tant qu’espèce ». La catastrophe devient un terreau artistique, et la destruction un moyen d’expression.

Fluo Noir atteste cet état latent de notre période contemporaine où « la destruction, l’explosion, le chaos, la saturation, la catastrophe peuvent opérer comme un geste créateur ». Les artistes impriment notre réalité à l’aide d’images, d’expérimentations et de tentatives y mêlant ces « gestes créateurs ».

La destruction de voiture, louée comme pratique à part entière sous le nom de Big Bangers, est interrogée par David De Beyter sous la forme de photographie, collage, sculpture et vidéo. Le genre est aboli sous le regard de Smith, photographe et plasticien mettant la question de la transsexualité au centre de ses préoccupations. Satoshi Fujiwara joue avec la saturation de ses images pour développer un résultat à la fois esthétique et engagé sur la société actuelle. Anouk Kruithof multiplie les médias et les sources d’inspiration, surtout celles d’aujourd’hui, pour produire un art polymorphe. Bien d’autres artistes sont à découvrir à la Boverie.

Un panaché numérique

À travers la ville de Liège, il est possible de découvrir bien d’autres expositions liées à la BIP 2018. À la Space Collection, le culte voué aux chats est mis sous le feu des projecteurs. L’exposition Pussy vous donne la chance de vous balader dans une litière géante pour contempler photos et vidéos de cet animal tant adoré sur le Net !

Aux Brasseurs, l’École nationale supérieure de la photographie de France signe une carte blanche en mettant en exergue l’urbanisation et l’économie de marché poussées à l’extrême. La Flamme Double invite le spectateur à réfléchir sur notre consommation, notre environnement urbain et notre identité.

Le rapport entre l’adolescence et l’âge adulte est questionné dans L’image adolescente, exposition visible à La Châtaigneraie. Le flot incessant de portraits et autres selfies stockés par milliers dans des dossiers numériques tendent paradoxalement à diminuer l’importance de l’image, celle dont on se délecte de plus en plus rarement dans les vieux albums de famille.

Une visite métropolitaine

La BIP 2018 offre, en d’autres mots, son lot de points de vue sur notre époque. Chaque exposition vous fera découvrir des univers aussi variés que nombreux. Entre photographies, vidéos, sculptures et installations, votre regard trouvera toujours une œuvre intrigante, curieuse, belle, provocatrice, choquante ou interpellante, voire tout cela en même temps.

Dans le cadre de la Biennale, ne manquez pas le Photo Book Festival les 17 et 18 mars à La Boverie.

BIP 2018
Jusqu’au 1er avril

www.bip-liege.org

BIP 2018

Christopher de Béthune, cats, 2016, (c) La Space Collection

BIP 2018

David De Beyter, Auto sculpture 1, de la série Big Bangers, 2015, courtesy David De Beter, (c) La Boverie

BIP 2018

Guillaume Delleuse, sans titre, courtesy l’artiste et Les Brasseurs

BIP 2018

Léa Belooussovitch, Houla, Syrie, Sous l’image, 2017, courtesy Léa Belooussovitch et Galerie Les Drapiers

BIP 2018

Carole Bellaiche, Pascal R 1978, courtesy l’artiste et La Chataigneraie

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