C’est dans deux lieux différents que le rendez-vous A due organisé par Laura Viale et Maria Elena Minuto se déploie cette fois-ci. A l’Institut culturel italien et dans une salle des Musées royaux, rue de la Régence. Et ce duo est aujourd’hui un trio : deux artistes italiens, Serena Fineschi et Alessandro Scarabello, et un artiste belge, Hans Op de Beeck.

A l’Istituto, dans la salle de cinéma, Hans Op de Beeck (Turnhout, 1969) propose une vidéo construite à partir de ses nombreuses aquarelles, comme celle qu’on avait pu voir en 2014 lors de son exposition au Botanique. Rêve doux et lent, en noir et blanc, voyage à la frange entre rêve et réalité. Dans la grande salle du troisième étage, un puissant dyptique de Serena Fineschi (Sienne, 1973), qu’on a déjà pu voir dans plusieurs lieux à Bruxelles – chez Frédéric de Goldschmidt début 2017, entre autres. Cette artiste de Sienne vit et travaille à Bruxelles. Ce sont deux œuvres-performances : dans un cadre, de la laine de verre presque blanche, dans l’autre du papier vert déchiqueté. Deux propositions inspirées par le ciel belge – toujours nuageux, d’après Serena – et par le vert des pelouses. Le travail de Fineschi implique toujours le corps. Ici, on sent le travail acharné et violent des mains qui ont déchiqueté le papier vert, qui ont séparé le brin de laine pour leur donner une texture floconneuse. Le résultat est d’une grande poésie méditative. Après le geste répété et sans doute violent, le calme, le paysage apaisé.

Alessandro Scarabello (Rome, 1979) est peintre. Formé à Rome puis à Gand, il manie une technique classique pour traiter des sujets actuels. Ici, deux toiles de petit format, à gauche un repas qui pourrait être une dernière cène, à droite, une orgie. Ces sujets bien ancrés dans l’histoire de l’art, ces silhouettes, les drapés, autant d’éléments que notre œil reconnaît. Par son travail, Scarabello fait le lien entre celui d’Op de Beeck et celui de Fineschi. Du réalisme vaporeux du Belge vers la matérialité et l’abstraction de sa compatriote, Scarabello prend le réel, le jette dans les profondeurs de l’histoire et le ressort, par son trait vif et la belle texture de sa peinture.

Aux MRBAB, les trois artistes ont investi une salle d’Art ancien. On peut comprendre l’émoi de ces artistes à être exposés au milieu des chefs-d’œuvre de l’Art ancien. Au centre de la salle, une sculpture de Hans Op de Beeck représentant une petite fille endormie sur un canapé capitonné. Au mur, très belle toile de Serena Fineschi en mode tachiste, réalisée avec des chewing-gums de plusieurs couleurs. Toujours le corps, et ici, la bouche, comme médium pour transformer une surface – la toile – en œuvre qui raconte quelque chose. Nous déplorons quand même le peu de sens de cette installation dans la salle du musée. Un patchwork vite fait là où il y avait un peu de place. C’est l’impression que cet accrochage nous a fait.

A due
Serana Fineschi – Alessandro Scarabello avec Hans Op de Beeck
Institut culturel italien
38 rue de Livourne
1000 Bruxelles
Jusqu’au 9 mars
Du lundi au vendredi de 9h30 à 13h et de 14h à 17h
MRBAB
3 rue de la Régence
1000 Bruxelles
Du mardi au vendredi de 10h à 17h, samedi et dimanche de 11h à 18h
Jusqu’au 4 mars

rendez-vous

Serena Fineschi et Alessandro Scarabello, vue de l’exposition, Institut culturel italien, courtesy les artistes et ICI Bruxelles, photo Elena Foresto

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Serena Fineschi, Thirty Winter Nights (from Bruegel’s sky to Bosch’s garden), 2018, courtesy l’artiste, photo Elena Foresto

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Alessandro Scarabello,
sans titre, 2017, courtesy l’artiste, photo Elena Foresto

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Hans Op de Beeck, vue de l’exposition, MRBAB, courtesy l’artiste et MRBAB, photo Elena Foresto

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Hans Op de Beeck, Sleeping Girl, 2017, collection privée, MRBAB, courtesy l’artiste, photo Elena Foresto

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