La Biennale d’Art contemporain de Mountados, sur l’île grecque de Tinos, a été créée en 2015 par Mireille Liénard. Mountados est un petit village cycladique dont les rues forment un labyrinthe dans lequel il fait bon se perdre. Le labyrinthe est le thème choisi pour cette deuxième biennale qui s’est déroulée durant l’été 2017 et invitait une dizaine d’artistes. La Galerie Martine Ehmer, pour la deuxième fois, propose une exposition bruxelloise en écho à cette biennale estivale.

Dans cette galerie proche de la place du Jeu de Balle, voici donc des propositions sur l’idée du labyrinthe, qu’elle soit formelle ou métaphorique. Le labyrinthe n’est pas un dédale dans lequel on se perd. C’est plutôt la métaphore d’une trajectoire suivie le temps d’une quête, objet de questionnements sur les choix à faire, de tours et détours sur les solutions à trouver. Belle image de la complexité de la pensée et de son cheminement. Le labyrinthe serait alors vu comme un voyage intérieur, au fil d’une vie.

En vitrine, une grande photo vue du ciel, Suburban Jungle, de l’artiste grecque Mariana Bisti (1981), qui donne à voir la ville comme un dédale sans fin. Denis De Rudder (1957) nous offre deux exceptionnels rubans de Möbius en bois courbé, recouverts tous deux d’un paysage semi-urbain peint dans un style hyperréaliste : une ellipse de paysage, une vision poétique qui élargit en effet notre regard.

Plus loin, une belle œuvre de Dany Danino (1971), avec ces dizaines de petits papiers pliés sagement rangés dans les cases de caissons en bois de typographe. Nous avions découvert les silhouettes en vannerie de Stéphanie Jacques dans l’exposition Résilience chez Esther Verhaeghe en 2017. La voici avec un masque en fil de laine et papier, émergeant du mur comme une apparition fantomatique, en un style proche de l’art brut ou premier. Au fond de la galerie, une grande sculpture portable qui lui a servi pour des performances dont on trouve la trace photographiée au mur.

Un dessin répétitif de Lefteris Tapas (Chypre, 1974) : d’un geste précis, il trace de minuscules cercles sur le papier, dans un ordre qui évoque une grande spirale ou un labyrinthe de petits cailloux blancs que le Petit Poucet aurait déposé. Un collage sur photographie de Mehmet Aydogdu évoque les méandres de la pensée et le rythme des idées et émotions. D’autres artistes encore, dans une présentation chorale de bonne tenue, qu’on a découverts avec grand plaisir.

Labyrinthe
Galerie Martine Ehmer
200 rue Haute
1000 Bruxelles
Jusqu’au 18 février
Du jeudi au dimanche de 14h à 18h
http://www.martineehmer.com/

 

labyrinthe

Denis De Rudder, Entre-deux 2, courtesy l’artiste et galerie Martine Ehmer

Labyrinthe

Mariana Bisti, Urban Jungle, courtesy l’artiste et galerie Martine Ehmer

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Dany Danino, Tiroirs à Multiples, courtesy l’artiste et galerie Martine Ehmer

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Lefteris tapas, Labyrinthe, courtesy l’artiste et galerie Martine Ehmer

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Vue de l’exposition Labyrinthe, Galerie Martine Ehmer

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Sonia Aniceto, Nuage, courtesy l’artiste et galerie Martine Ehmer

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Stéphanie Jacques, sans titre, courtesy l’artiste et galerie Martine Ehmer

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