A la galerie Templon, Ulrich Lamsfuss présente ses peintures hyperréalistes, traces de son obsession pour l’image. L’image elle-même et pas ce qu’elle représente, voilà ce qui intéresse cet artiste allemand dont c’est la cinquième exposition chez Templon et la première à Bruxelles.

Ulrich Lamsfuss est autodidacte dans sa maîtrise des techniques de peinture classique, qu’il a obtenue par sa pratique. Et justement, c’est cette pratique, ce fait de peindre qui intéresse l’artiste. « Je ne suis pas un artiste qui découvre une vérité, nous expliquait-il. Je m’occupe de la deuxième commande, du deuxième service ! Je ne copie pas l’intention de l’artiste ou de l’œuvre, je copie l’image trouvée. »

Voici par exemple une toile qui reproduit une photographie d’une sculpture de Jeff Koons représentant un bouquet. Large Vase of Flowers est en bois sculpté et peint. Lamsfuss n’en a cure. Il peint ce qu’il voit sur la photo, c’est-à-dire presque un vrai bouquet. Les pétales semblent juste un peu trop épais. Le naturel s’est éloigné. Où en est-on ? A quelle distance du réel ?

Au fond de la galerie, une série de peintures identiques, Vase with Karl Marx. « Ici, ce qui m’intéresse, c’est ce portrait de Marx sur ce vase. Qui a peint ce portrait ? Que contient le vase ? J’aime l’idée d’être connecté exactement au système que je montre, mais aussi au peintre qui a peint le portrait puis au photographe qui a photographié ce vase. J’aime aussi l’idée qu’il faut 2 secondes pour prendre une photo et que je prends deux mois pour peindre l’image. Et peindre plusieurs fois, c’est faire comme un musicien qui aime un morceau et le joue plusieurs fois. » Ulrich Lamsfuss s’amuse en fait à décortiquer, à démonter le pouvoir des images. Il le fait par jeu. Et par plaisir.

Pour cette publicité pour Swarovski, voici un visage de femme, extatique. « Je suis toujours dans la distance par rapport au sujet, poursuit l’artiste. Mais j’aime cette image qui montre les tentatives de nos contemporains de résoudre leur besoin de beauté. » De nouveau, l’image est peinte plusieurs fois.

Plus loin, remarquable série de dessins. « Ces dessins me prennent une à deux heures à réaliser. Ce sont comme des thérapies. C’est à propos de ce qui obsède les gens : le sexe, l’art, la mode, la religion, la musique… Et c’est toujours à propos du regard ou de son absence. »

Né en 1971, Ulrich Lamsfuss vit et travaille à Berlin. Il a étudié sous la direction de Georg Baselitz à l’Académie des Beaux-Arts de Dusseldörf dans les années 1990. Ces dernières années, il a exposé, entre autres, à la Kunsthalle Hamburg en 2005, au musée MARTa Herford en Allemagne ; en 2008, au KW Institute for Contemporary Art à Berlin en 2013 ;  au Ludwig Forum für internationale Kunst, Aachen, en 2015.

Ulrich Lamsfuss
Cappuccetto Rosso
Galerie Templon
13A rue Veydt
1060 Bruxelles
Jusqu’au 24 février
Du mardi au samedi de 11h à 18h
www.danieltemplon.com

Ulrich Lamsfuss

Ulrich Lamsfuss, Vase with Karl Marx (USSR 1953), red, 2016, courtesy l’artiste et galerie Templon, photo Isabelle Arthuis

Ulrich Lamsfuss

Ulrich Lamsfuss, Marcus Gaab, Nike-Zoom Fly, 2017, courtesy l’artiste et galerie Templon, photo Isabelle Arthuis

Ulrich Lamsfuss

Ulrich Lamsfuss, Marc Gaab, Martin Margiela – Sans titre, 2017, courtesy l’artiste et galerie Templon, photo Isabelle Arthuis

 

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