Jeudi passé, grosse rentrée des galeries à Bruxelles avec de nombreuses très belles propositions sur lesquelles nous reviendront au fil des prochaines semaines. Commençons en nous faisant plaisir avec Stephan Goldrajch, qu’on avait découvert en son temps dans l’exposition Valentin organisée par Isabelle Baines en 2014, puis chez Francis Carrette en 2015. Le voici à l’honneur dans le deuxième espace de la galerie Albert Baronian. Comme quoi on peut faire son farfelu et déployer dans le monde de l’art contempo !

Goldrajch (1985) est avant tout un performeur. La base de son travail se passe dans la création de masques et costumes pour un public précis (en 2015, les pensionnaires du Home des Ursulines) qui sera ensuite invité à un défilé ou autre événement festif dans l’espace public. On l’a vu aussi à l’œuvre dans les espaces du Musée Juif pour son Chantier poétique.  » Je me sens dans la peau d’un brodeur et d’un artisan dont la démarche et l’ambition sont celles de créer du lien, de générer des relations « , nous expliquait-ilLes traces de ses performances sont ses costumes et masques. Ce sont ces derniers qu’on retrouve aux cimaises chez Baronian. Masques laineux, chevelus, brodés, crochetés, reprisés, ils frôlent les arts premiers, l’art outsider, ils frôlent la folie.

Devant, une série de petits masques surmontant une combinaison noire crochetée. Un costume pour enfant ? Ou bien un concentré de costume, l’essence d’un travestissement ? Au fond, un masque hors format, immense, vous fixe de ses grands yeux. Malheureusement tous mis sous verre, ce qui leur fait perdre un peu de leur aspect brut si séduisant.

Se travestir, se transformer, se cacher sous un masque poilu, s’abriter derrière une cagoule étrange. Voilà ce que propose Goldrajch. Une quête de l’identité, au travers de son camouflage. Si tu ne peux voir mon visage, si je suis caché derrière ce masque à la fois sauvage et doux, alors qui suis-je et surtout qui vois-tu en moi ? Je suis un être camouflé, je joue au monstre, regarde-moi bien, c’est ta propre sauvagerie et ta propre part d’enfance que tu observes en posant ton regard sur ce masque. On ne peut s’empêcher de penser à l’iconique livre pour enfants Max et les Maximonstres de Maurice Sendak qui, lui aussi, joue sur les différentes couches d’une personnalité : l’enfant au visage angélique, mais qui n’a pas été sage, le voyage vers un monde plein de monstres. Une fête sauvage. Le retour au bercail. La douceur de nouveau.

Les masques et costumes de Stephan Goldrajch sont formidables. Ils offrent à notre regard toute leur ironie, leur tendresse, leur sauvagerie, leur naïveté et leur brutalité. Ils nous offrent aussi les traces de leurs fêtes passées. Celles qui nous réunissent. Mu aime !

Stephan Goldrajch
Voodoo
Galerie Albert Baronian
33 rue de la Concorde
1050 Bruxelles
Jusqu’au 24 février
Du mardi au samedi de 12h à 18h
www.albertbaronian.com 

Goldrajch

Stephan Goldrajch, Performance, courtesy l’artiste, photo Stephan Goldrajch

Goldrajch

Stephan Goldrajch, Voodoo, courtesy l’artiste et Galerie Albert Baronian, photo Philippe De Gobert

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Stephan Goldrajch, Voodoo, courtesy l’artiste et Galerie Albert Baronian, photo Philippe De Gobert

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Stephan Goldrajch, Voodoo, courtesy l’artiste et Galerie Albert Baronian, photo Philippe De Gobert

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Stephan Goldrajch, Voodoo, courtesy l’artiste et Galerie Albert Baronian, photo Philippe De Gobert

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