La Brafa ouvre ses portes au public ce samedi. Une édition que nous avons déjà pu arpenter. Riche d’un grand nombre de surprises et de beaucoup de merveilles. C’est une foire éclectique qui couvre tous les domaines du monde de l’art. Depuis quelques années, elle accueille des galeries d’art contemporain qui proposent des œuvres du premier marché. De cette façon, elle propose un panorama complet de l’histoire de l’art jusqu’à aujourd’hui, dans un parcours dynamique et non compartimenté.

Harold t’Kint, président de la Brafa, nous en parle.

Comment sélectionnez-vous les galeries participantes ?

Il y a un comité de sélection et nous commençons par regarder la qualité des objets proposés par le candidat. Ensuite entrent en compte trois critères. Premièrement, le domaine d’activité. Nous avons déjà suffisamment de galeries pour les arts premiers ou antiques, par exemple, mais nous manquons de marchands de tableaux anciens ou de spécialistes de la photographie ancienne. Ensuite, d’où vient le candidat. Nous privilégions une zone géographique pas encore représentée. Et troisièmement, nous regardons à quelles autres foires ce candidat participe déjà.

Comment la foire a-t-elle évolué ces dernières années ?

Depuis 2012, nous sommes passés de 42 000 à 62 000 visiteurs. C’est une évolution de 50 % ! Les articles dans la presse sont passés de 200 à 700. Et nous avons de plus en plus de visiteurs étrangers, principalement européens.

Quelques highlights

Tout d’abord, Christo est l’invité d’honneur de cette année, avec une œuvre plus montrée depuis des décennies, Three Store Fronts, datant de 1965-66, qui fait 14 m de long sur 2,5 m de haut. C’est la plus grande œuvre jamais montrée à la Brafa. C’est à partir de 1963 que Christo a commencé à créer des Show Cases (vitrines). Il faisait alors l’acquisition de petites vitrines ou d’armoires à pharmacie aux marchés aux puces et transformait leur fonction en accrochant du tissu ou en collant du papier à l’intérieur des vitres. On trouve d’ailleurs sur le stand de Guy Pieters Gallery quelques petits empaquetages des années 1960.

Le programme des Art Talks est riche, cette année. Notez Matisse et les peintres du Nord le dimanche 28, un regard sur le peintre au travers des artistes qui exercèrent une profonde influence sur lui : Rembrandt, Rubens, Grünewald, par Dominique Szymusiak, Conservatrice Honoraire du Musée Matisse du Cateau-Cambrésis. Lundi 29 à 16 h, table ronde menée par Amid Faljaoui, directeur du magazine économique Trends-Tendances et chroniqueur à la RTBF sur l’art contemporain: ses prix délirants, ses scandales et ses succès, avec entre autres Jean Gabriel Fredet, auteur de Requins, caniches et autres mystificateurs fraîchement publié chez Albin Michel. Ou encore mercredi 31 janvier, une présentation par Anne Adriaens-Pannier, Conservatrice honoraire des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique sur Léon Spilliaert, visionnaire spirituel et envoûtant.

Coups d’œil

Dès l’entrée de la foire, la galerie parisienne Ary Jan nous accueille avec une large sélection de toiles de maîtres des 19e et 20e siècles, toutes pleines de charme. Quelques somptuosités taillées dans la pierre à la Galerie Mermoz spécialisée en art précolombien et art premier des Amériques.

Chez Actis Gallery de Londres, trois sculptures de l’artiste chinois Wang Keping (Pékin, 1949). Artiste qui vient d’être repris chez Nathalie Obadia (une exposition s’ouvre ce soir à la galerie de Bruxelles) et dont les œuvres primitivistes rappellent les formes de Brancusi. Lien formel évident et dont on se régale entre Wang Keping et, par exemple, les sculptures africaines présentées chez Bernard de Grunne.

Plusieurs stands présentent des pièces dans un esprit de cabinet de curiosités, chez Finch & Co, par exemple. On y voit une remarquable petite sculpture (Nuremberg, 17e s.) en ivoire sculpté représentant un modèle anatomique d’une femme enceinte dont le ventre se soulève pour faire apparaître ses entrailles et le foetus. Notons à ce sujet le débat du samedi 3 février : L’art des Wunderkammer : quand Marco Polo rencontre Indiana Jones, animé par notre collègue Thijs Demeulemeester, journaliste pour Sabato, Weekend Knack et auteur de Wunderkammer: An Exotic Journey through Time.

La galerie belge Deletaille mixe toujours avec bonheur des œuvres anciennes ou d’art premier avec des artistes contemporains. Cette année, elle met Christian Astuguevieille à l’honneur avec de formidables poupées vaudoues en textile, des peintures-écritures en noir sur blanc et une longue table recouverte de cordage à sa manière. Mais encore, à la Galerie Schifferli de Genève, dont c’est la première participation, une série de dessins surréalistes de Victor Brauner, Hans Bellmer, Max Ernst… à des prix tout à fait accessibles. C’est d’ailleurs cette large fourchette de prix qui est l’une des caractéristiques et l’une des raisons du succès de la Brafa, nous faisait remarquer un visiteur parisien, qui apprécie aussi l’accueil chaleureux.

Ne manquez pas une autre formidable série de dessins et gouaches, celle de l’illustrateur René Gruau, qui travailla pour les publicités Dior et Yves Saint Laurent et dont le coup de crayon est identifiable entre mille. A la Galerie Alexis Pentcheff qui a repris le Fonds de l’artiste. Arrêt aussi devant une vitrine précieuse, celle d’Elisabetta Parmegiani, accueillie sur le stand de Dario Ghio, avec une sélection d’objets votifs indiens en or et émail.

Plusieurs galeries belges d’art contemporain sont présentes : Rodolphe Janssen (quelques Thomas Lerooy, dont l’expo au musée Dhondt Dhaenens est à voir jusqu’au 4 mars), Messen de Clercq, Bernier/Eliades (avec un majestueux Tony Oursler), Gladstone (voyez les Ugo Rondinone colorés, réjouissants), de la Béraudière, Maruani Mercier, Valérie Bach ou Samuel Vanhoegarden. Huberty & Breyne s’entêtent à vendre des toiles de Philippe Geluck au prix d’un petit maître hollandais du 17e – gare à la chute. A la Galerie Mathivet, on retrouve les peintures irradiantes d’artistes aborigènes qu’on peut découvrir régulièrement chez Aboriginal Signature à Bruxelles.

Bien d’autres choses encore. Ce rendez-vous de janvier est l’un des plus enthousiasmants de l’année culturelle belge. Foncez !

Brafa 2018
Du 27 janvier au 4 février
Brafa.art

Brafa 2018

Pol Bury, Galerie Maeght, Brafa 2018, photo Muriel de Crayencour

Brafa 2018

Masque d’Argentine, , Galerie Mermoz, Brafa 2018

Brafa 2018

Arts premiers, Brafa 2018, photo Muriel de Crayencour

Brafa 2018

Stand de la Galerie Deletaille, Brafa 2018

Brafa 2018

Thomas Lerooy, Rodolphe Janssen gallery, Brafa 2018

Brafa 2018

Victor Brauner, Galerie Schifferli, Brafa 2018

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