Wonderland ou l’art de la rébellion a débuté vendredi passé au Millenium Iconoclast Museum of Art. Première étape d’une année 2018 consacrée à la désobéissance civile, l’exposition concoctée par Akay & Olabo invite le visiteur à s’initier à l’irrévérence, grâce à un parcours sous forme d’initiation ludique.

« One man’s trash is Akay & Olabo’s treasure »

Akay & Olabo – suédois comme leur nom ne l’indique pas – sont tous deux issus de l’univers du graff et, à la différence de leurs prédécesseurs d’Art is Comic, développent leur art à la marge des réseaux sociaux. Singulier, mais pas vraiment étonnant dans un milieu ou anonymat est synonyme de liberté. Plutôt dans le tangible, ils s’expriment principalement au travers de publications (livres, zines, etc.) très appréciées dans l’univers underground.

Urbexeurs chevronnés, ils arpentent Stockholm depuis plus de deux décennies, s’évertuant surtout à rentrer là où l’accès leur est refusé. Pour cet aparté muséal, Akay & Olabo invitent le public à les suivre dans une effronterie contestataire qu’ils justifient eux-mêmes par la toxoplasmose qui les ronge (faute de mieux…).

Adeptes de la simplicité volontaire conceptualisée par le philosophe Henri David Thoreau, les deux comparses mettent un point d’honneur à respecter leur principes, à commencer par le choix des matières premières : ainsi, tous les objets utilisés dans Wonderland sont issus de bâtiments industriels désaffectés, de matériaux mis au rebut ou du recyclage d’ordures ménagères.

Contestez, vous êtes filmés !

Confronté dès son entrée à un mur d’écrans et de caméras de surveillance, le visiteur se voit rappelé à son rôle de bon citoyen. Cette première œuvre n’est pas là par hasard, car elle pose d’emblée un enjeu majeur de notre époque : que peut-on réellement contester dans un monde où l’on est si facilement contrôlé ?

Désobéissance civile oblige, Akay & Olabo nous invitent à réfléchir et surtout à nous affranchir des concepts qui brident notre vision des choses. Si les sujets abordés dans Wonderland soulèvent de vrais enjeux, les artistes réussissent l’exercice délicat d’enrober leur critique sans spécialement passer pour des donneurs de leçons. On s’amuse, on s’énerve, on teste… mais l’on ne s’ennuie pas (ou peu) !

Lentement mais sûrement, le MIMA tisse sa toile…

Encore une fois, le MIMA s’attaque à un sujet dans l’air du temps, là où on ne l’attendait pas forcément. Il s’agit là d’un test du tout jeune musée molenbeekois : après deux ans d’existence et des chiffres de fréquentation dans le vert, il est temps de voir si la « patte » MIMA est assez forte pour ameuter les foules sans recourir aux noms ronflants, avec deux artistes certes moins connus dans nos contrées, mais non moins talentueux… Akay & Olabo font un travail de qualité, avec une attention particulière portée aux détails : c’est beau, poétique par instants, réfléchi et soigné, mais c’est un peu trop propre pour véritablement déranger… Les perplexes devront donc attendre Get Up, Stand Up, l’exposition sur l’affiche contestataire de Mai 68, prévue pour fin avril. D’ici là, ils feront passer leurs (infimes) regrets en parcourant la collection permanente, récemment upgradée d’oeuvres d’Elzo Durt, de Jean Jullien et de Bonom (pour ne citer qu’eux).

Wonderland, Akay & Olabo
MIMA
41 quai du Hainaut 41
1080 Bruxelles

Jusqu’au 15 avril
Du mercredi au dimanche de 10h à 18h
mimamuseum.eu

Mimi Akay Olabo Low Price Louvre

Akay & Olabo, Low Price Louvre, MIMA, Wonderland ou l’art de la rébellion, 2018, photo Fabian Meulenyser

Mima Akay Olabo Wonderland

Akay & Olabo, vue de l’exposition Wonderland ou l’art de la rébellion, photo Fabian Meulenyser

Mima Akay Olabo Wonderland

Akay & Olabo, vue de l’exposition Wonderland ou l’art de la rébellion, photo Fabian Meulenyser

Mima Akay Olabo Wonderland

Akay & Olabo, vue de l’exposition Wonderland ou l’art de la rébellion, photo Fabian Meulenyser

Mima Akay Olabo Wonderland

Wonderland ou l’art de la rébellion, Akay & Olabo, vue de l’exposition, Mima, photo Fabian Meulenyser

olabo

Akay & Olabo, vue de l’exposition Wonderland ou l’art de la rébellion, photo Fabian Meulenyser

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