Figure marquante de la sculpture américaine de la West Coast, Evan Holloway présente chez Xavier Hufkens trois séries récentes où il travaille avec une ironie candide des objets trouvés et les symboles du quotidien.

L’univers du sculpteur californien Evan Holloway est familier et intrigant en même temps. On y voit des segments d’arbre mis bout à bout pour dessiner d’indéchiffrables diagrammes dans l’espace, on y voit des plantes en pots qui tentent de pousser en dessous des lampes ou encore des totems de têtes lumineuses rappelant les artefacts de la culture populaire. L’exposition qu’il présente chez Xavier Hufkens rassemble trois séries différentes qui ont en commun l’expression de la couleur et l’envie de jouer avec les perceptions du spectateur. L’artiste se défend d’être un formaliste, il se laisse plutôt guider par l’instinct et l’envie d’expérimenter des chemins de création.

Le léger trouble que suscitent les sculptures vient du décalage entre le matériau de base, des branches mortes, reconnaissables par les sillons de l’écorce, les cicatrices de cassure et les formes impossibles qu’il nous propose. Un arbre ne pousse pas en angles droits. Les œuvres semblent être le résultat d’une croissance autonome, comme le plan d’un labyrinthe inscrit dans l’espace, le souvenir d’un trajet ou d’une pensée. Les restes d’un arbre autrefois plein de sève, figés à jamais dans le bronze. Après les arbres morts, Holloway s’intéresse aussi aux plantes vivantes. Ici, ce sont des plantes en pots des plus banales comme on peut en voir au bord des parkings et sur les terrasses de Los Angeles. Les couleurs pastel et la matière talochée ont quelque chose de rassurant par leur côté artisanal. Des lampes qui n’éclairent plus, associées à des plantes qui ne poussent plus ; les interprétations sont multiples et ouvertes. Fichées à la place du nez sur ces têtes colorées au sourire énigmatique, les lampes clignotent, comme pour saluer des pensées fugitives.

Un léger filet de fumée s’élève de la grande sculpture gris argent. Le ruban qui s’enroule sur lui-même rappelle les grandes heures de la sculpture formaliste. Plutôt que des objets trouvés, Holloway travaille ici avec une forme trouvée qu’il soumet au même processus intuitif dans le modelé et la matière. Est-ce un porte-encens, un banc ou ce qu’on voudra y voir ? C’est surtout une sculpture.

Evan Holloway
Galerie Xavier Hufkens
6 rue St-Georges
1050 Bruxelles
Jusqu’au 17 février
Du mardi au samedi de 11h à 18h
www.xavierhufkens.com

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Evan Holloway, Downstroke, 2017, courtesy l’artiste Xavier Hufkens Gallery, Bruxelles, photo Robert Wedemeyer

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Evan Holloway, Circuit, 2017, courtesy l’artiste Xavier Hufkens Gallery, Bruxelles, photo Robert Wedemeyer

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Evan Holloway, Coterie, 2017, courtesy l’artiste Xavier Hufkens Gallery, Bruxelles, photo Robert Wedemeyer

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Evan Holloway, Native and Non-Native, 2017, courtesy l’artiste Xavier Hufkens Gallery, Bruxelles, photo Robert Wedemeyer

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