Au CID Grand-Hornu, le design de luminaires ou lighting design contemporain belge est mis à l’honneur. C’est si rare que la Belgique soit fière de ses créateurs. On ne peut donc que féliciter le CID de mettre en… lumière 30 années de production design dans le domaine de l’éclairage. Un développement qui a une histoire.

Dans les années 1980, en Belgique, et plus particulièrement en Flandre, se sont implantés de nombreux fabricants d’éclairage professionnel, qui sont devenus en quelques années des références internationales. Bien que des entreprises belges soient présentes sur le marché depuis le début du XXe s., comme Schréder à Liège (1927), Etap Lighting à Anvers (1949) ou Light à Ninove (1947), un noyau de fabricants apparaît dans les années 1980 autour de Courtrai : Modular Lighting Instruments en 1980, Wever & Ducré en 1985 et Delta Light en 1989.

A cette période, la Flandre vit une belle croissance économique. Dans le Coutraisis, on voit un développement industriel autonome autour de quatre branches économiques : le textile-habillement, le bois, l’alimentation, le travail du métal et les industries qui s’y rattachent. C’est cette dernière activité qui permet au secteur de l’éclairage de produire localement et d’avoir sous la main le matériau, les compétences et le savoir-faire pour la fabrication de leurs luminaires. De plus, les avancées technologiques comme les halogènes, les LEDs et les OLEDs ont boosté le marché de l’éclairage. En quelques années, le secteur de l’éclairage devient une véritable compétence belge. A partir des années 1990, les firmes réputées pour leur technicité introduisent de nouveaux luminaires dans leur collection, toujours dans une ligne très épurée. De nombreux designers collaborent avec elles. Ainsi, Damien Bihr pour Schréder, Maarten Van Severen pour Light ou Luc Vincent pour Modular. D’autres marques voient le jour, telles Tal, Orbit, Dark, Trizo21 ou TossB.

From Belgium with Light démarre avec quelques pièces historiques de van de Velde, Horta, entre autres, mais aussi des lumières des années 1950 et 70. Une introduction historique un peu courte à notre goût et qui aurait pu offrir plus de racines à l’exposition. La suite est bien menée et très élégante. On y met à l’honneur les designers belges qui ont développé des luminaires, comme Nathalie Dewez, Sylvain Willenz, Luc Ramael, Frederik Delbart ou Quentin de Coster.

Depuis 2011, les réglementations environnementales ont interdit l’ampoule à incandescence au profit des LEDs. Cette obligation a boosté l’imagination des designers. Certains vont faire des formes et des matériaux complètement nouveaux, d’autres créent des luminaires qui rappellent la forme de l’ampoule, dans un esprit un peu nostalgique. Aujourd’hui, les créateurs osent des propositions ludiques et poétiques. La fonction de l’objet n’est plus écrasante. Beaucoup de grâce et d’élégance dans leurs propositions. Une agréable balade dans le creuset créatif du design belge.

L’exposition est commissionnée par Benjamin Stoz, designer d’intérieur, spécialisé dans la scénographie et les aménagements commerciaux. Il est passionné d’histoire du design et d’architecture.

Patrick Marchal

Toujours au CID, on ne manquera pas l’exposition des œuvres de l’orfèvre-plasticien belge Patrick Marchal, qui fait exploser les frontières de la création de bijoux. Ses colliers, bracelets broches sont encore portables mais sont devenus des œuvres d’art, sculptures pleines d’humour et de dérision. Ainsi, la couronne The Golden boy’$ King a des airs visionnaires. Cette composition est une satire sur la spéculation et la classe sociale dominante fortunée. Les lingots d’or en haut de l’échelle sociale, l’acier noir à la base pour rappeler les travailleurs. Les bijoux de Patrick Marchal sont des messages à faire passer. Portez ces bracelets menottes ou cette broche à la gloire de la culture US, elles ne sont pas innocentes. Elles hurlent l’analyse pleine de dérision que fait l’artiste du monde d’aujourd’hui. L’ensemble est extrêmement réjouissant.

From Belgium with Light
Jusqu’au 25 février 2018

Patrick Marchal
Do you see the king
Jusqu’au 11 février 2018

CID – Grand-Hornu
82 rue Sainte-Louise
7301 Hornu
www.cid-grand-hornu.be

 

lighting

Charles Dethier, Ove 1 and 2, photo Robert Morial

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Maarten De Ceulaer, Sundial Chandelier, Photo Teri Romkey

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Luc Ramael, Equilibre F33 01, photo Prandina

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Nicolas Destino, Lampe Seppuku (c) Nicolas Destino

Patrick Marchal, AVE MARIA, 2001, (c) Patrick Marchal et le CID

Patrick Marchal, AVE MARIA, 2001, (c) Patrick Marchal et le CID

Patrick Marchal, The Golden boy’$ King, 1999, (c) J.P. Pfister et le CID

Patrick Marchal, The Golden boy’$ King, 1999, (c) J.P. Pfister et le CID

 

 

 

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