A la GNF Gallery, Jérôme Poloczek présente neuf expériences auxquelles il invite le visiteur. Neuf rituels pour partager la joie et le sensible. Nous avons tous des petits rituels du quotidien. Une certaine manière de servir le thé le matin. S’arrêter et regarder un endroit précis d’une route connue. Plonger les pieds joints, toujours, dans la piscine. Saluer le grand chêne qu’on connaît depuis si longtemps. Même si nous n’y avons pas réfléchi, ces rituels sont là, bien présents. Ils sont les marguerites qui fleurissent la journée.

Loin des tambours et trompettes des œuvres d’art qui hurlent et gueulent leur puissance esthétique, les propositions de Jérôme Poloczek (1979, Bruxelles) sont d’une délicatesse qui pourrait vous faire manquer la rencontre. Mais le titre de son exposition, Kit pour lutter pour la joie, vous arrêtera dans la course folle de la vie. Un kit pour lutter pour la joie ? Magnifique ! Ça pourrait servir. C’est si important et parfois si fugace, la joie. Allons-y voir.

Sur les trois étages de la galerie, neuf performances participatives, toutes plus poétiques les unes que les autres. Lors du vernissage, ces expériences étaient activées par neuf personnes. Elles le seront encore le jour du finissage, le samedi 16 décembre. Entre-temps, chaque performance est accessible pour le visiteur intéressé.

Ainsi, Nature morte vivante est décrit comme suit : Ramenez 4 fleurs. Mettez-les dans un verre puis dessinez ce bouquet sur un minuscule morceau de papier. Offrez ensuite ce dessin en joignant le message suivant : J’ai acheté 4 fleurs. J’ai dessiné le bouquet sur un petit morceau de papier. J’ai mis le papier dans cette enveloppe et c’est devenu une nature morte. Tu as ouvert l’enveloppe et tu as trouvé le dessin. Voudrais-tu aller acheter 4 fleurs pour recomposer le bouquet ? Voudrais-tu épingler le dessin à côté ? Nous aurions alors composé une œuvre ensemble. Ce serait une nature morte redevenue vivante.

A l’entresol de la galerie, au-dessus de la cheminée, un tout petit dessin de fleurs épinglé sur le mur. A côté, un bouquet. La performance a eu lieu. Et les fleurs du deuxième bouquet ne sont pas les mêmes que celles du premier bouquet. Formes et couleurs sont identiques mais l’interprétation a varié. Au rez sont alignés des chocolats. Devenir un autre invite à manger une partie du corps de quelqu’un d’autre. Cette personne a consenti à donner un cheveu. Celui-ci a été incorporé dans des pralines.

Téléportation dit : ramassez un objet près de chez vous et envoyez-le par la poste… Pour les neuf performances, une ou plusieurs actions sont requises. Le visiteur devient un des acteurs de celles-ci. L’œuvre est cet ensemble participatif. Des microvariations ont lieu. Elles sont le fruit des fluctuations de compréhension et de mise en œuvre du mode d’emploi. Chacun se laisse guider mais, dans les interstices, du sensible et de l’imprévisible s’installent. La beauté est là. Dans la délicatesse du partage. Dans le mouvement entre les personnes. Dans le résultat qui est une surprise. C’est très beau.

Jérôme Poloczek
Kit pour lutter pour la joie
GNF Gallery
30 rue Saint-Georges
1050 Bruxelles
Jusqu’au 16 décembre
Du jeudi au samedi de 14h à 18h

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Jérôme Poloczek, Nature morte vivante, courtesy l’artiste et GNF gallery

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Jérôme Poloczek, Nature morte vivante, courtesy l’artiste et GNF gallery

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Jérôme Poloczek, Kit pour lutter pour la joie, courtesy l’artiste et GNF gallery

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Jérôme Poloczek, Devenir un médium dispositif, courtesy l’artiste et GNF gallery

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Jérôme Poloczek, Kit dix rituels, courtesy l’artiste et GNF gallery

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Jérôme Poloczek, Inviter des humains, courtesy l’artiste et GNF gallery

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Jérôme Poloczek, Devenir un autre chocolat, courtesy l’artiste et GNF gallery

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Jérôme Poloczek, Mains, courtesy l’artiste et GNF gallery

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