Judith et Holopherne, Ecole allemande des XVIe ou XVIIe siècle, anneau de 77 x 55 cm, joli cadre ancien, estimation de 4 000 à 6 000 €, ventes du 14 novembre, Galerie Moderne, Bruxelles, https://www.galeriemoderne.be/

Judith et Holopherne, Ecole allemande du XVIIe siècle dit le catalogue. Et pourquoi pas du XVIe siècle, comme le montre le style qui est empreint de la manière de faire des Cranach ? Le tableau présenté par la Galerie Moderne ce 14 novembre au numéro 213 est une pièce intéressante. Le panneau de 76 x 53 cm, très joliment encadré  – avec un petit cartel au nom de Lucas Cranach -, est de fort belle facture, presque traité comme une miniature, et l’estimation qui s’y accroche est pour le moins engageante : 4 000 à 6 000 €.

Famille de peintres

On pourrait même dire qu’elle l’est trop, comme si les experts maison n’osaient pas placer la barre à la hauteur du talent du peintre. Celui-ci n’est sans doute pas un des membres de la famille Cranach d’où émergent trois individus, à l’instar de certains clans familiaux flamands du XVIIe siècle. On connaît tous plus ou moins bien les deux Lucas, l’Ancien et le Jeune, mais le Jeune avait un frère aussi, Hans, dit parfois Johan Lucas, mort trop jeune à Bologne, à 24 ans.

Et il y a eu un neveu de ces deux derniers, lui aussi peintre, Augustin. Lucas l’Ancien était le fils de Hans Maler zu Kronach (1448-1528), ce qui donna Cranach par la suite. Kronach est situé en Haute-Franconie, au nord-est de Bamberg, jadis sous la couronne de Bavière. Mais les Cranach se sont installés, du temps de Lucas le Vieux, à Wittemberg, ville très petite mais sublime avec ses demeures à colombages. La maison de Lucas Cranach l’Ancien ou le Vieux, immense d’ailleurs, existe toujours. On imagine les liens tissés par les peintres avec Luther et toute cette cour d’intellectuels protestants et éminents. La cité de Wittemberg se trouve au nord de Leipzig, toute proche de Dessau et donc site du Bauhaus. Il y a là des sujets de longs week-ends à mettre en oeuvre.

Béthulie

Le panneau de la vente prochaine montre donc Judith qui tient l’épée, sa servante aussi bien habillée que sa maîtresse, et Holopherne raccourci. Lucas le Jeune a traité le sujet dans un panneau (77 x 52 cm), conservé au musée de Vienne. A Vienne, la servante est sur le point de jeter la tête dans un sac en toile de jute, afin de l’emporter à Béthulie, sans doute la Massada actuelle, ville d’Israël. Holopherne était un général de Nabuchodonosor qui s’est épris de Judith, laquelle lors d’un banquet le saoûlat. Ayant perdu ses moyens, le général se fit trancher la gorge. Les assaillants de la petite cité s’enfuirent quand le lendemain ils découvrirent leur chef décapité.

Le panneau est donc annoncé entre 4 000 et 6 000 €. Un prix un peu bizarre il faut le dire. La vente comprend un beau nombre de tableaux flamands entre 1500 et 1750.

Judith et Holopherne

Judith et Holopherne, Ecole allemande des XVIe ou XVIIe siècles, Galerie Moderne

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