A Colmar, tous les panneaux mènent au Musée Unterlinden. Le site est le joyau de la cité, au coeur de la vieille ville. La restauration a été menée de main de maître et s’avère un chef-d’œuvre.

Le visiteur entre par le cloître médiéval du couvent des Dominicaines, magnifique, même si son jardin gagnerait à être mieux entretenu et plus diversifié. Le voyage dans le temps commence par la salle Martin Schongauer, le grand maître colmarien. Nous sommes au Moyen Age avec la Crucifixion au dominicain attribuée à Hermann Schadeberg et la Vierge à l’enfant dite de Niedermorschwihr, un village proche de Colmar. La sculpture a été réalisée dans du bois de tilleul (linden).

Les pièces se succèdent, lumineuses et aérées. Le visiteur chemine entre les œuvres et peut prendre du recul pour les contempler. Les sources de lumière les mettent en valeur, mais les vitres de protection gâchent un peu la vision. Quelques enjambées, un corridor, et il pénètre dans la chapelle où se déplie le Retable d’Issenheim, le trésor du musée Unterlinden.

Les vitraux baignent l’espace majestueux. Un parquet blond le réchauffe et met en valeur les trois présentations. Une astucieuse miniature articulée placée dans le cloître a préparé les petits et les grands à la découverte de l’ensemble, réalisé entre 1512 et 1516 par Nicolas de Haguenau, pour la partie sculptée, et Grünewald pour les panneaux peints. A l’étage, où il faut absolument se rendre, est accroché un panneau réalisé pour les non-voyants. La vue du balcon est saisissante.

La visite se poursuit par une plongée dans les sous-sols. C’est là que se cachent la Mélancolie de Lucas Cranach et un envoûtant portrait de femme peint par Hans Holbein l’Ancien. Une galerie passe sous la place et conduit au bâtiment qui abritait les anciens bains municipaux de Colmar, devenu l’annexe du musée.

La remontée se fait par un escalier circulaire et le visiteur émerge dans le XXe siècle. Il va découvrir la version du Guernica de Picasso en tapisserie, réalisée par Jacqueline de La Baume, flanquée du Buste de femme assise, une œuvre peinte par Picasso en 1960, représentant sa femme Jacqueline. La maison des Bains renferme d’autres pièces maîtresses de l’art contemporain, notamment un magnifique Soulages et une collection de sculptures et de peintures de Jean Dubuffet, dont la principale est le Don Coucoubazar, qui fascine les enfants. Le voyage dans le temps au Unterlinden sera incomplet s’il n’a pas commencé à l’église des Dominicains, où est présentée la sublime Vierge au buisson de roses, réalisée par Martin Schongauer, peintre et graveur colmarien fortement inspiré par les maîtres de l’art flamand Jan van Eyck et Rogier van der Weyden.

www.musee-unterlinden.com/

Musée Unterlinden

Musée Unterlinden, Colmar, photo Christian Spillmann

Musée Unterlinden

Musée Unterlinden, Colmar, photo Christian Spillmann

Musée Unterlinden

Musée Unterlinden, Colmar, photo Christian Spillmann

Musée Unterlinden

Musée Unterlinden, Colmar, photo Christian Spillmann

Musée Unterlinden

Musée Unterlinden, Colmar, photo Christian Spillmann

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