Almine Rech Gallery présente pour la première fois une exposition personnelle de Markus Lüpertz. Sculptures en bronze peint et toiles de grand format déploient vigueur, puissance et expressionnisme chez cet artiste allemand qui s’inspire de l’histoire de l’art. A voir jusqu’au 21 décembre.

Lüpertz est un peintre. C’est à dire qu’il est subjugué par la peinture, ce qu’elle ouvre comme perspectives. Sur l’espace défini de la toile, entre ses quatre côtés, il crée, d’abord et avant tout, une nouvelle vision picturale. À cet effet, il utilise l’intégralité des techniques, textures, formats et cadrages possibles, explorant constamment les dimensions universelles de la peinture. Sa quête est basée sur l’histoire même du médium pictural. Ainsi il s’inspire d’artistes classiques tels que Poussin, MilletRubens et de thèmes historiques comme Parsifal ou Les Trois Grâces.

Chez lui, le motif, souvent répété – un homme de dos, un nu féminin qui rappelle une Vénus grecque, un casque allemand – est repris sur de nombreuses toiles, associé à d’autres éléments sans tenter de créer un quelconque message ou une porté symbolique univoque. Chaque motif est comme un mot isolé dans un poème inachevé ou une phrase qui demeure encore à être énoncée. Leur sens éclôt à travers l’interaction avec d’autres images. C’est le patchwork de motifs qui soudain raconte quelque chose. Ou pas. Car en effet, ce qui saute au yeux, c’est la puissance picturale, le jeu des volumes et de la composition. Une épopée vigoureuse et entraînante. Mu aime !

Ses sculptures sont formidables elles aussi. Elles semblent reprendre des éléments qu’on trouve dans ses peintures. Comme si ces bronzes dépeuplaient les toiles. Telle figure d’homme debout est recouverte de peinture. Non pas comme une mise en couleur mais comme une nouvelle couche de sens, de nouveaux motifs qui s’additionnent à la forme première.

Lüpertz joue, dirions-nous. Avec le regard du spectateur. L’artiste ne dit rien mais déploie tout. Les éléments proposés et assemblés sont riches de leur picturalité mais aussi de ce que vous y ajouterez. Le sens vient par la grâce du regard. Que demander de plus ?

Markus Lüpertz est né à Liberec, en Bohème (ex-Tchécoslovaquie), en 1941. Alors qu’il est encore très jeune, sa famille émigre en Allemagne pour des raisons économiques. À l’âge de vingt ans, il s’installe à Berlin et s’établit comme artiste professionnel indépendant. Lüpertz est considéré comme l’une des figures marquantes de la génération d’artistes allemands de l’après-guerre, tels Anselm Kiefer, A.R. Penck, Georg Baselitz, Jörg Immendorff, Gerhard Richter ou Sigmar Polke.

Markus Lüpertz
Almine Rech Gallery
20 rue de l’Abbaye
1050 Bruxelles
Jusqu’au 21 décembre
Du mardi au samedi de 11h à 19h
www.alminerech.com

Markus Lüpertz

Markus Lüpertz, Arcadien Der Krieg des Amors, 2013, courtesy l’artiste et Almine Rech Gallery, photo Hugard & Vanoverschelde

Markus Lüpertz

Markus Lüpertz, Vogelscheuche, 2014, courtesy l’artiste et Almine Rech Gallery, photo Hugard & Vanoverschelde

Markus Lüpertz

Markus Lüpertz, Arcadien Gelbe Birke, 2013, courtesy l’artiste et Almine Rech Gallery, photo Hugard & Vanoverschelde

Markus Lüpertz

Markus Lüpertz, Arcadien Erwartung, 2013, courtesy l’artiste et Almine Rech Gallery, photo Hugard & Vanoverschelde

Markus Lüpertz

Markus Lüpertz, Herkules Entwurfsmodell 21, 2009 courtesy l’artiste et Almine Rech Gallery, photo Hugard & Vanoverschelde

Markus Lüpertz

Markus Lüpertz, Herkules Entwurfsmodell 11, 2009 courtesy l’artiste et Almine Rech Gallery, photo Hugard & Vanoverschelde

Markus Lüpertz

Markus Lüpertz, vue de l’exposition à la Galerie Almine Rech, (c) Markus Lüpertz – Courtesy l’artiste et Almine Rech Gallery , photo Hugard & Vanoverschelde

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.