La Galerie Martine Ehmer invite l’artiste belge Christian Silvain. Un travail fait d’humour, de jeux de mots et d’irrévérence, magnifiquement libre. Parfois coloré de provocation et d’ironie, souvent teinté de gravité malgré une expression rieuse truffée d’énigmes. Auteur et sujet de chaque oeuvre, Silvain parle de lui dans ses tableaux, toujours poignants, faussement naïfs.

Christian Silvain est né en 1950 à Eupen (Belgique), ville qui abrite la Fondation du même nom créée en 1992. Enfant déjà, il n’a que quatre ans, le dessin le fascine. Il y trouve le refuge que son parcours familial ne lui offre pas. C’est la découverte d’un tableau de Paul Delvaux, dont il deviendra l’ami, qui plus tard éveille et décide sa vocation de peintre. Autodidacte, inclassable et habité par la frénésie de la création, il commence à exposer à l’âge de 21 ans. Après un bref passage par la gravure et la sculpture, il se tourne dans les années 1980 vers un art poétique qui se nourrit du travail d’enfants autistes ou handicapés. A la fin de cette décennie, il s’exprime par le graffiti et les tags dans ses séries de façades. Du street art avant l’heure. C’est à partir de 2002 qu’il s’oriente vers des œuvres à l’acrylique noir grouillant d’objets et de personnages qui définissent son style actuel.

Que cherche-t-il donc ?,  se demande-t-on, à considérer les motifs de ses tableaux. Nous parlions déjà de cet électron libre il y a deux ans, à l’occasion de sa précédente exposition chez Martine Ehmer. Forgé au fil d’années de travail, l’artiste affirme sa volonté de se tenir éloigné de toute tendance ou catégorie d’école. Ce qui désoriente sans nul doute l’amateur d’art. Difficile de classer ce talentueux rebelle qui fuit le mercantilisme et nie haut et fort le conceptualisme.

Pour raconter l’exposition, il faut raconter tout un univers. Toute une vie. Une somme d’épisodes livrés çà et là, confiés dans ces mots qui frappent et lacèrent la toile, réfugiés dans cette chorégraphie grouillante de personnages et d’objets issus de sa mémoire intime. Elevé par des tantes qui tenaient un magasin de jouets, son impulsion créatrice réactive et s’inspire sans relâche de ses images d’enfance. Une marque de fabrique qui le suit depuis ses débuts. Chaque détail, le plus petit soit-il, semble travailler à son propre compte. Et conter son histoire. Cette fois-ci le ton est plus léger, rempli d’espoir. Les mots, moins amers, se tournent non plus vers un passé douloureux mais imaginent l’avenir. Et si, pour une fois, on essayait d’être heureux ? Sorti d’une étape sombre de sa vie, Silvain semble entamer une période bleue aux résonances prégnantes. Un catalogue est publié à cette occasion.

SILVAIN
Galerie Martine Ehmer
200 rue Haute
1000 Bruxelles
Jusqu’au 26 novembre
Du jeudi au dimanche de 11h à 18h
www.martineehmer.com

Christian Silvain

Christian Silvain, Bonheur, 2017, courtesy l’artiste et Galerie Martine Ehmer

Christian Silvain

Christian Silvain, Frérot, 2017, courtesy l’artiste et Galerie Martine Ehmer

Christian Silvain

Christian Silvain, J’arrive, 2017, courtesy l’artiste et Galerie Martine Ehmer

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A propos de l'auteur

Elisabeth Martin

Collaborateur
"Tout le monde discute mon art et fait semblant de comprendre, comme s'il était nécessaire de le comprendre, quand il s'agit d'aimer…" - Claude Monet
Traductrice, pédagogue, licenciée en sciences humaines et histoire de l' art à l'Université Ouverte de Barcelone (UOC). Passionnée d'art contemporain avant tout, elle collabore avec certains artistes et rédige reportages et critiques depuis 2010. C'est un regard personnel qu'elle souhaite montrer sur ses découvertes et intérêts.

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