La Fondation Boghossian réunit quelque trente artistes originaires d’Est et d’Ouest, des noms très représentatifs de l’art contemporain, dans Ways of Seeing, une exposition ambitieuse et particulièrement éclairée. Le regard et la perception en fil d’Ariane, ce voyage dans l’histoire de l’art fait tomber les barrières qui contraignent le visible. Une réflexion pertinente sur notre perception et notre univers visuel.

Ways of seeing, l’ouvrage de l’écrivain, peintre et critique d’art britannique John Berger, décédé en janvier dernier, inspire les commissaires Sam Bardaouil et Till Fellrath. L’exposition est donc en quelque sorte un hommage à cet obsédé du regard qui a si souvent questionné le rapport à l’oeuvre d’art. Il avait pour maxime « Le voir précède le mot« .  Tours et détours de l’oeil nous permettent de voir ici derrière les apparences et les idées reçues qui balisent trop souvent notre vision.

La Villa Empain accueille un kaléidoscope de pièces hétérogènes à sens multiples brassant mouvements de l’histoire de l’art, héritage culturel, visions du monde, réalité et simulacres. Certaines rusent et chantent en sourdine absences et présences. Avec pour point commun le dessein de montrer comment l’artiste métamorphose les moyens dont il dispose pour rendre visible une idée ou un concept. Sans oublier d’évoquer cette vieille relation entre l’artiste et le spectateur.

L’originalité des rapprochements plastiques est intéressante. L’exposition se tourne vers la vidéo, le montage, l’installation et la photo. Les rencontres avec Cindy Sherman, David Claerbout, Salvador Dali, Mona Hatoum, James Turrel, Gada Amer, Hassam Shariff ou Gustav Metzger attisent le plaisir.

Rotating Mirror Object II de Jeppe Hein est une case indispensable. D’apparence simple aux surfaces réfléchissantes en mouvement, l’oeuvre manipule avec jubilation le regard du visiteur. Gustav Metzger joue ses partitions grâce à l’absence qui nous renvoie au caractère incompréhensible de certains épisodes terribles de l’histoire. Avec VersoVik Muniz montre l’envers de tableaux mondialement connus, forçant le visiteur à imaginer l’image absente. Les mains de peintre sont aussi présentes : l’Autrichien Markus Schinwald joue savamment du dysfonctionnement, de l’ambiguïté anachronique, du prosaïque et du fétichisme contemporain dans ses portraits du 19e siècle.  Les toiles de Chris Bond disparaissent sous l’apparence de livres. Leurs couvertures font saillie du mur dans lequel elles s’intègrent. Citons également dans ce parcours James Casabere, Thierry Bosquet ou Alicja Kwade. Une leçon pour le regard !

Ways of Seeing
Fondation Boghossian
Av. Fr. Roosevelt, 67
1000 Bruxelles
Jusqu’au 18 février 2018
Du mardi au dimanche de 11h à 18h
www.villaempain.com

Ways of Seeing

Salvador Dali, Les Yeux surréalistes, 1980, photo E. Martin

Ways of Seeing

Jeppe Hein, 2013, Rotating Mirror, 2013, Courtesy König Galerie, photo Anders Sune Berg

Ways of Seeing

Gustav Metzger, dans l’exposition « Ways of Seeing »

Ways of Seeing

Lampes de mosquée, 1911, Ways of Seeing, photo E. Martin

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