Le photographe Stéphane Couturier est à voir encore quelques jours à la Galerie Particulière, place du Châtelain à Bruxelles, et jusqu’en décembre au Musée de la Photographie de Charleroi.

Les photographies d’architecture de Stéphane Couturier donnent le tournis. Qu’elles soient générées en argentique ou numérique, elles sont le fruit d’une recomposition complète, d’un puzzle mis à plat et assemblé à partir de clichés plus petits. Dans ces grandes photographies de façades de bâtiments, il n’y a plus de perspective, elle a été gommée. Tous les éléments sont présentés frontalement, comme un immense décor que l’œil aurait pu appréhender d’un seul coup. Un modus operandi que l’on retrouve dans l’ensemble de ses photographies, qu’elles soient celles des grands ensembles architecturaux ou des vues d’entreprises, qu’elles soient prises chez Alstom ou Toyota, à Brasilia, Marseille, La Havane, ou Alger. Une griffe, une signature.

Ainsi cette façade blanche, rythmée de fenêtres aux volets bleus, Bab-el-Oued, Titanic, Partie 1, prise à Alger, où le motif répété de la fenêtre structure l’image en un damier moderniste. C’est seulement en un deuxième temps qu’on se penche pour regarder les détails, quel linge pend à telle fenêtre… Bab-el-Oued n°7, encore une façade aux volets bleus. Ici, les balcons de fer forgé tracent de délicates lignes horizontales, transformant l’image en un réseau presque abstrait. Directement sur le mur de la galerie, des morceaux de photos ont été découpés en forme de virgule, apostrophe ou autre élément proche de la typographie, créant comme une nouvelle écriture. Ici et là, il s’agit en effet d’une écriture singulière, celle d’un artiste qui capture, compose et décompose le monde, nous le donnant à voir d’une toute nouvelle manière.

Stéphane Couturier est né en 1957 à Neuilly-sur-Seine. Il vit et travaille à Paris. Depuis 1995, il a été exposé à de nombreuses reprises dans toute la France et à travers le monde, notamment à la Bibliothèque nationale de France à Paris (2004), au Seoul Museum of Art (2005), au Musée d’Architecture de Moscou (2006), à l’International Center of Photography à New York (2006).

Au Musée de la Photographie, on ne manque pas non plus l’exposition d’Alexandre Christiaens, Réseau cristallin. En argentique et en noir et blanc, flots marins qui semblent une mer intérieure, concrétions dans une grotte, échafaudages sur un chantier… Ce voyageur a sélectionné des images noir et blanc qui parlent d’épopée intérieure, cristalline. Quand l’image dit quelque chose que ne peut raconter les mots. « Je suis un photographe qui fouille et qui cherche et qui crée des ponts« , dit-il.

Stéphane Couturier
Alger la blanche
Galerie Particulière
14, place du Châtelain
1050 Bruxelles
jusqu’au 28 octobre
http://www.lagalerieparticuliere.com/
et
Musée de la Photographie
11 avenue Paul Pastur
6032 Charleroi
Jusqu’au 2 décembre
http://www.museephoto.be/

Stéphane Couturier

Stéphane Couturier, Bab-El-Oued Melting 8, Alger, 2013-2015, courtesy l’artiste et Galerie Particulière

Stéphane Couturier

Stéphane Couturier, Série « Melting Point », Serpent n°1, Alger, 2013-2015, courtesy l’artiste et Galerie Particulière

Stéphane Couturier

Stéphane Couturier, Bab-El-Oued Melting 9, Alger, 2013-2015, courtesy l’artiste et Galerie Particulière

Stéphane Couturier

Stéphane Couturier, Bab-El-Oued Titanic Partie 1, Alger, 2013-2015, courtesy l’artiste et Galerie Particulière

Stéphane Couturier

Alexandre Christiaens, Océan atlantique, 2013, Musée de la Photographie

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